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167 Chroniques depuis le 20 mars 2009

NOMBRE DE VISITEURS DEPUIS LE 10.03.2009

KOSMOS - Vieraan Taivaan Alla (2009)

Self Released - 8/10



Kosmos, qu'il ne faut surtout pas confondre avec son homonyme canadien dans lequel on croise Michel "Away" Langevin de Voivod quand bien même tous les deux sont arrimés à la scène progressive psychée, est une formation née sur le sol gelé de Finlande. Après deux respirations aussi réussies que précieuses, Tarinoita Voismasta en 2005 et Polku deux an plus tard, Vieraan Taivaan Alla devrait séduire les amoureux des atmosphères posées et feutrées.

Déambulation poétique au souffle spirituel, ce recueil se divise en deux parties, comme ses auteurs le décrivent très bien. La première a quelque chose d'une rêverie irréelle et cosmique entre neofolk, touches médiévales et prog antédiluvien. On y est bercé par le chant diaphane et en finlandais de Päivi Kylmänen, caresse onirique pleine de beauté tandis que mellotron, guitare dépouillée et autres instruments dessinent un décor chargé de mystères. Ecoutez "Unenton Enkeli" et sa justesse de touche, sa sobriété, "Luovun", "Renee" et ses lignes de violon émotionnelles ou bien encore "Don Juan", contemplation acoustique d'une belle pureté et vous serez alors transporté dans un ailleurs lointain et inaccessible.

Puis, à partir du doucereux bien qu'emprunt d'une tristesse éthérée, "Yön Hiljaissus", Vieraan Taivaan Alla commence à prendre une autre voie, plus psychédélique, plus énergique aussi. Mais le changement se fait avec beaucoup de finesse. La transion coule, serpente ; elle est confirmée avec le long "Tuulisina Päivinä" et ses nappes de claviers hantés. Les guitares sont plus sombres, quoique toujours vaporeuses et les ambiances hallucinées contaminent peu à peu l'ensemble du morceau.

On pense alors au King Crimson du début des années 70. A partir de "Vieraat", lui-même fractionné en trois pans distincts, les couleurs psyché s'imposent franchement. Le premier segment n'est qu'un tableau parlé par une voie profonde. Ensuite surgit la seconde partie, probablement le titre le plus rock du lot avec ces lignes de six-cordes électriques et mordantes, véritables pistes décollages pour les étoiles avant de céder la place à un violon déglingué sur fond d'effluves échappées d'un mellotron fantomatique. Puis le titre s'achève sur un jeu de guitare frénétique mais superbe sur lequel plane l'ombre de Steven Wilson.

Kosmos vient donc de délivrer une oeuvre tout à fait charmante propice à l'introspection et aux ballades dans des paysages naturels et sauvages que pas la moindre empreinte humaine ne vient (heureusement) souiller. Beaucoup de fraicheur et de simplicité pour cette jolie réussite et pour moi, un des albums les plus émotionnels de cette fin d'année. Un des plus tristes également. (cT)

TRACKLISTING
  1. Uneton Enkeli - 05:00
  2. Luovun - 02:58
  3. Renée - 04:24
  4. Don Juan - 02:40
  5. Yön Hiljaisuus - 04:46
  6. Tuulisina Päivinä - 08:36
  7. Vieraat Saapuvat (part 1) - 02:23
  8. Vieraat Saapuvat (part 2) - 07:42
  9. Vieraat Saapuvat (part 3) - 02:02
TOTAL RUNNING TIME 40:51
No link to download yet, sorry !
Finlande Origine
Folk Progressif/Neofolk Genre
2003 Formation
MySpace
Disco
Tarinoita Voismasta (2005)
Polku (2007)
Vieraan Taivaan Alla (2009)



NEWS : Cathedral sort de son sommeil !




Après plusieurs années de sommeil, seulement entrecoupées de quelques concerts, Cathedral annonce deux bonnes nouvelles. Premièrement, Nuclear Blast ne va pas tarder à publier un live, Live At Wacken Open Air.
De plus, et surtout, le groupe s'apprête à entrer en studio sous la houlette de Warren Ricker pour graver The Guessing Game. On devrait le découvrir au printemps 2010. Voici quelques uns des titres de travail : "Journeys Into Jade", "The Casket Chasers", "Funeral Of Dreams", "Death Of An Anarchist", "La noche del buque maldito" (aka Ghost Ship Of The Blind Dead) and "Open Mind Surgery".


MySpace


CRUCIFIST - Demon Haunted World (2009)

Profound Lore Records - 6.5/10



De toute façon, une horde qui a choisi de se baptiser Crucifist ne peut pas être entièrement mauvaise ! Qui plus est quand on y croise des activistes, non pas de la chapelle noire comme on aurait pu s'y attendre mais du doom (John Gallo et Mike Waske d'Orodruin) et du thrash tendance crossover, du death ou plus punk en la personne du cultissime Dan Lilker (Nuclear assaut, Anthrax, Brutal Truth, S.O.D....).

Et lorsque ces lascars décident de se réunir pour faire du black metal, cela donne Crucifist, soit un black metal dont la teneur est (forcément) commandée par les goûts de ses géniteurs. De fait, le CV des musiciens en présence en dit plus long sur le contenu de Demon Haunted World, première coulée du projet, que tous les longs discours. Sale comme le sang des menstrues, baveux (ce son de basse qui patauge dans la gadoue) et primitif mais accrocheurs ("Curse Of The Plasma Hound"), tel est black que les Américains régurgitent avec un humour qui rend l'entreprise au final peu sérieuse.

Plus proche encore du punk que du Bathory séminal, Crucifist ressemble davantage au joujou de quelques gars qui ont envie de s'amuser avec le genre ("Anus Mundi") qu'à un émissaire des Forces des Ténèbres. Pas vraiment evil donc. Demon Haunted World se scinde clairement en deux parties distinctes. La première et pas la plus intéressante, se concentre sur les saillies les plus rapides, celles qui font saigner les muqueuses. "Putrid Mother Lod", "Honor" ou "Tumefaction" chevauchent ainsi la verge gonflée d'un liquide noir cradingue et visqueux.

Mais à partir de l'instrumental "Neon Corpse", la durée des titres s'allonge et avec elle, leur intérêt. Moins bordéliques bien que toujours aussi épidermiques, ils montrent un groupe qui sait aussi miser, avec - trop - de parcimonie, sur les atmosphères sinistres. "Anus Mundi", le meilleur du lot du haut de ses plus de sept minutes, le rampant et presque Darkthronien "Demon haunted World" ou le heavy "Angel Of Death" creusent des excavations dans un album qui aurait par conséquent gagné à les multiplier.

On est parfois pas très loin du Destructo Evangelia de Damnation en moins maléfique. En moins réussi également, la faute à un chant pas toujours des plus convaincants qui finit par lasser quelque peu. Anecdotique mais plaisant. (cT)


TRACKLISTING
  1. Pursuit Of The Pious - 02:41
  2. Putrid Mother Lode - 04:56
  3. Skull Smashing Face Ripping Death - 02:54
  4. Honor - 03:44
  5. Curse Of The Plasma Hound - 03:30
  6. Tumefaction - 03:32
  7. Neon Corpse - 01:52
  8. Demon Haunted World - 03:22
  9. Witchgrip -04:45
  10. Angel Of Death (Angel Witch Cover) - 04:59
  11. Anus Mundi - 07:48
TOTAL RUNNING TIME : 44:05


USA Origine
Black Metal Genre
2004 Formation
MySpace
Disco
Rehearsal Demo (2005)
Demon Haunted World (2009)




BIENTOT DANS LES BACS : SUBAUDITION - Light On The Past




Prophecy Productions - 20.11.2009
Progressive/Neofolk
MySpace

  1. Alms Of The Sun
  2. Sínne
  3. Now That We've Spent All The Light
  4. Feathers Fall
  5. The Soul Unto Aether
  6. Human Abstract
  7. Wall Of Water

DARZAMAT - Solfernus'Path (2009)




Le problème avec Darzamat demeure inchangé depuis ses débuts au milieu des années 90. Outre leur éternelle position de bataillon de seconde division, les Polonais, naviguant d'une genre à l'autre, un peu au grès des modes, peinent toujours à a affirmer une réelle identité.

Black Sympho à l'époque de In The Flames Of Black Art, sous-Therion avec In The Opium Of Black Veil, mou du riffs lors du virage atmosphérique d'Oniriad, le groupe semble pourtant avoir trouvé une forme de stabilité qui lui faisait y jusqu'alors défaut, aussi bien en terme de personnel que de voie artistique, depuis l'enrôlement en 2003 de la sombre Nera pour dialoguer avec Flauros au chant. Solfernus' Path constitue même son troisième opus avec Darzamat : un exploit !

Ceci explique peut-être pourquoi celui-ci se pose comme la réussite la plus notable à mettre au compte de ses géniteurs. Théatre d'un gothic metal torturé enténébré par quelques touches death ("Vote For Heresy" où Flauros singe presque martin Van drunen) mais aussi plombé, comme souvent, par des aplats symphoniques dont le groupe serait bien inspiré de se passer. La production a de la puissance et une texture assez dure, les titres, un peu trop nombreux (ce que le format conceptuel explique), sont solides dans l'ensemble quand bien même ils leur manquent encore cette profondeur, ce relief dont Darzamat reste vierge.

De bonnes choses toutefois, telles que "King Of The Burning Anthems", qu'illumine un solo bienvenu, "Lunar Silhouette" où Nera envoûte l'auditeur, le burné "Vote For Heresy" ou encore "Chimera". Mais il est permis de douter que Solfernus' Path draine de nouveaux fans aux Polonais dont on voit mal, malgré un capital sympathie certain, comment ils pourraient un jour s'extraire de l'ornière de la série B.

Un disque honnête mais dépourvu, comme ses aînés, même s'il se situe un cran au-dessus, de ce quelque chose que l'on appelle l'inspiration ou le talent. Agréable à tout le moins et plutôt bien fait. (cT)

TRACKLISTING
  1. False Sleepwalker 04:23
  2. Vote For Heresy 04:25
  3. Final Conjuration 03:12
  4. Pain Collector 03:58
  5. Gloria Inferni 04:15
  6. Solfernus' Path 03:24
  7. Lunar Silhouette 02:57
  8. King Of Burning Anthems 03:42
  9. Chimera 04:05
  10. A Mesmeric Séance 04:14
TOTAL RUNNING TIME 38:35

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Pologne Origine
Gothic Dark Metal Genre
1995 Formation
MySpace
Disco
In The Flames Of Black Art (1996)
In The Opium Of Black Veil (1999/EP)
Oniriad (2003)
SemiDevilish (2004)
Transkarpatia (2005)
Live Profany (2007/DVD)
Solfernus' Path (2009)





BIENTOT DANS LES BACS : FOLKSTORM - De Stemmen Van Het Woud




Thorn Laceration Records - 01.11.2009
Atmospheric/Ambient Black
MySpace

  1. November 11:33
  2. Als Een Koude Adem Door De Bomen 07:45
  3. De Stemmen Van Het Woud 04:52
  4. Zonsondergang 11:41
  5. Elfenliederen 05:59



THE GATES OF SLUMBER - Hymns Of Blood And Thunder (2009)

Rise Above - 7.5/10



Décidément toujours victime de priapisme créatif, The Gates Of Slumber vidange déjà une nouvelle enclume alors que l'année précédente l'a vu tout de même délivrer un split, un album et un EP ! Si la qualité est au rendez-vous, on se plaindra pas de cet heureux stakhanovisme. Et ca l'est !

Véritable héritier d'une certaine tradition initiée par les vétérans Manilla Road et Cirith Ungol, The Gates Of Slumber, c'est des visuels empruntés à l'heroic Fantasy ; ce sont également des riffs épais coulés dans une substance terreuse ; c'est une voix, celle de Karl Simon, un peu juste parfois mais qui se fond parfaitement dans l'ensemble ; c'est enfin ce doom épique et biberonné au grand heavy metal, celui de la NWOBHM notamment.

Et d'ailleurs, plus les années passent et plus le trio tète cette mamelle grasse et généreuse. Cette évolution s'avère des plus évidentes sur ce Hymns Of Blood And Thunder au titre en forme de déclaration, de profession de foi. Les Américains y éjaculent une musique lourde, massive, de celle qui sent sous les bras, de celle pour un public de barbus tatoués accrocher à leur binouze dans un rade de l'Amérique profonde (ce n'est pas une critique). Les trois premières salves sont des brûlots graisseux plus heavy que doom, accrocheurs et imparables : "Chaos Calling", strié d'un solo éblouissant, "Death Dealer" et "Beneath The Eyes Of mars" et son entame du feu de dieu.

Avec l'imposant "The Doom Of Aceldama", The Gates Of Slumber renoue avec le pur doom de mamouth malgré les lignes de guitares presque Maiden qui le traversent de la plus belle des manières (mâtin quel final !). Intermède instrumantal décharné, "Age Of Sorrow" marque une pause avant le guerrier "The Bringer Of War" qui décape tout sur son passage. Puis l'apogée de l'album, l'abyssal "Descent Into Madness", survient, épopée pachydermique riche d'une seconde partie lente et belle à en pleurer. Hymns Of Blood And Thunder enfin meurt sur trois titres plus ramassés, dont l'étonnant mais très réussi, "The Mist In The Mourning", où une voix féminine vient copuler avec celle de Simon.

Désormais signé chez Lee Dorrian (Rise Above) et mis en bouteille par le très demandé Sandford Parker (Nachtmystium), The Gates Of Slumber livre en définitive son oeuvre la plus accessible à ce jour. Ce n'est pas grave. Ce qui l'est davantage en revanche, c'est le fait que le groupe a perdu en chemin son côté sombre, voire occulte qu'il pouvait afficher autrefois au profit d'un heavy doom certes colossal et couillu mais un peu trop classique cependant. Reste un très bon disque mais ses auteurs ont déjà fait bien mieux. (cT)

TRACKLISTING
  1. Chaos Calling 05:31
  2. Death Dealer 04:23
  3. Beneath the Eyes of Mars 05:59
  4. The Doom of Aceldama 08:36
  5. Age of Sorrow 02:50
  6. The Bringer of War 04:44
  7. Descent Into Madness 10:45
  8. Iron Hammer 03:48
  9. The Mist in the Mourning 02:22
  10. Blood and Thunder 04:34
TOTAL RUNNING TIME 53:32


USA Origine
Epic/Heavy Doom Metal Genre
1998 Formation
MySpace
Disco
Blood Encrusted Deth Axe (2000/Demo)
Sabbath Witch (2002/Demo)
The Cloaked Figure (2004/Demo)

... The Awakening (2004)
Like A Plague Upon The Land (2005/EP)
God Wills It (2006/EP)

Suffer No Guilt (2006)
Villain, Villain (2007/Compilation)
The Gates Of Slumber/The Dream Is Dead (2007/Split)

Spiritus Mortis/The Gates Of Slumber : From The Ultima Thule (2007/Split)
The Gates Of Slumber/Crowning Glory (2008/Split)
Conqueror (2008)
The Ice Worm's Lair (2008/EP)
Chronicles Of True Doom (2009/Compilation)

Hymns Of Blood And Thunder (2009)



A DECOUVRIR : Lavender




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A DECOUVRIR : Terre De Cimetière




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PARADISE LOST - Faith Divides Us - Death Unites Us (2009)

Century Media - 8.5/10



Qui aurait pu prédire en 1990 que Lost Paradise et son hallucinante pochette serait le premier jalon d'une carrière qui se poursuivrait encore vingt ans après ? Assez peu assurément et certainement pas le groupe lui-même. Toujours est-il que Paradise Lost est toujours en activité, malgré des hauts (Gothic, Shades Of God, Draconian Times bien évidemment) et des bas (les néanmoins excellents Host et Believe In Nothing), autant de repères aussi bien commerciaux qu'artistiques correspondant aux diverses peaux, doom, gothique ou plus pop, que les britanniques ont enfilées.

Depuis ses débuts, le groupe a donc beaucoup évolué mais on sent qu'avec Faith Divides Us - Death Unites Us, cette évolution est désormais achevée. Ainsi, quand bien même il nous a constamment habitué à n'en faire qu'à sa tête, on imagine mal dorénavant la formation entamer un brusque virage stylistique. Son art a atteint une forme de maturité.

Certains diront que Paradise Lost a opéré un retour en arrière depuis Symbol Of Life (2002), regard vers le rétroviseur poursuivi et réaffirmé par "In Requiem" et par ce nouvel opuscule. Ce n'est pas Faux. Toutefois, cette analyse demande à être affinée. Bien entendu, la musique actuellement forgée par les Anglais révèle davantage de proximité avec l'ère Icon/Draconian Times que celle initiée par One Second. Pourtant il reste quelque chose de cette dernière époque, notamment dans la construction des titres ("Faith Divides Us - Death Unites Us"), dans les arrangements et dans certaines lignes vocales de Nick Holmes ("First Light").

Malgré tout, Faith Divides Us - Death Unites Us reste une oeuvre très moderne et certainement pas nostalgique ou passéiste. Elle se drape dans une production, signée Jens Bogren (Opeth, Katatonia...), sévère, presque austère même, qui sied à merveille à cette plastique grise et désenchantée (le bien nommé "Last Regret"). Une mélancolie automnale ruisselle tout du long de ces dix plaintes, dont l'artisan est plus que jamais la guitare de Greg Mackintosh, musicien par trop sous-estimé. Avec son jeu suintant de tristesse ("Frailty", "The Rise Of Denial") et cette faculté demeurée intact de tisser des mélodies entêtantes, seules balises dans le brouillard ("I Remain"), il se pose incontestablement comme l'Homme de cet album.

Cela dit, Holmes, à l'instar de tous les autres membres du groupe n'est jamais en reste avec sa voix reconnaissable entre mille. Avec l'assurance de ceux qui savent ne plus rien avoir à prouver, les Britanniques honorent un ensemble cohérent et homogène qu'aucun temps mort ne vient polluer. Concis et denses, tous les titres délivrent une trame dont la noirceur n'a d'égale que la puissance de leur accroche. Tous sont des hymnes potentiels en tout point dignes de leurs aînés des années 90 et de fait, devraient s'imposer comme de futures classiques dans un répertoire pourtant déjà plein à craquer de pépites.

Avec cet album dont on imagine mal qu'il ne puisse pas séduire ses admirateurs, Paradise Lost confirme son statut de la plus belle des manières et signe peut-être même son oeuvre sinon la plus aboutie au moins la plus accrocheuse depuis One Second. (cT)

TRACKLISTING
  1. As Horizons End 05:26
  2. I Remain 04:09
  3. First Light 05:01
  4. Fraitly 04:25
  5. Faith Devides Us - Death Unites Us 04:22
  6. The Rise Of Denial 04:48
  7. Living With Scars 04:23
  8. Last Regret 04:24
  9. Universal Dream 04:18
  10. In Truth 04:51
  11. Cardinal Zero (bonus track) 04:28
TOTAL RUNNING TIME 50:35

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Royaume-Uni Origine
Gothic/Doom Death Genre
1988 Formation
MySpace
Disco
Morbid Existence (1988/Demo)
Paradise Lost (1988/Demo)
Plains Of Desolation (1988/Demo)
Frozen Illusion (1989/Demo)

Paradise Lost (1990)
Gothic (1991)
Shades Of God (1992)
Icon (1993)
Seals The Sense (1994/EP)
Draconian Times (1995)
One Second (1997)
Host (1999)
Believe In Nothing (2000)
Symbol Of Life (2002)
At The BBC (2003/Live)
In Requiem (2005)
The Anatomy Of Melancholy (2008/Live-DVD)
Drown In Darkness - The Early Demos(2009/Compilation)
Faith Divides Us - Death Unites Us (2009)


ARCHIVES : DANISHMENDT - L'homme est un animal qui a trahi ... (2006)

Self Released - 7/10



Succédant à une première autoproduction, Live, enregistrée en 2004, L’homme est un animal qui a trahi… est seulement un EP quatre titres (pour plus de vingt cinq minutes de musique tout de même) qui n’en demeure pas moins des plus intéressants… Et prometteur.

Bénéficiant d’une production très pro et carrée, les Parisiens y libèrent un doomcore apocalyptique et suffocant, certes encore corseté par les influences de la figure tutélaire du genre, l’immense Neurosis (“ Shelter ”), mais néanmoins déjà recouvert d’un vernis plus personnel, qui tient en premier lieu dans le choix de recourir à la langue de Molière laquelle, loin d’en amoindrir la portée douloureuse, confère à l’ensemble une rage salvatrice.

Prélude à l’excellent Eaux-fortes, gravé en 2007, premier essai longue durée de Danishmendt, cet apéro est une œuvre à la violence épidermique, un concentré de matière brute sur lequel souffle le vent d’un nihilisme poisseux. Les invariants sont alignés comme des pinces à linges sur un fil, notamment ces cordes vocales qui ont croisé du papier de verre, mais le groupe les maîtrise à défaut de les transcender, de les dépasser (ce qui viendra l’expérience aidant) ; il sculpte avec un burin des atmosphères oppressantes qui vous terrassent, vous submergent. Etonnamment, la reprise atomique des Thugs, “ Biking ”, se glisse avec une facilité déconcertante au milieu de cette décharge d’ondes sismiques.

Danishmendt est une formation à suivre de près, L’homme est un animal qui a trahi… le démontre et que confirmera le disque suivant, travail plus mature encore. (cT)

TRACKLISTING
  1. Unbearable Contradiction 06:16
  2. Shelter 06:10
  3. Le néant comme matériau 08:10
  4. Biking (Les Thugs cover) 04:36
TOTAL RUNNING TIME 25:12

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France Origine
Doomcore Genre
MySpace
Disco
Live (2004/EP)
L'homme est un animal qui a trahi... (2006/EP)

Eaux fortes (2007)



NEWS - Floor Jensen : Vamp ? Vous avez dit Vamp ?




Il aurait été dommage qu'une telle voix s'arrête en si bon chemin, celui d'After Forever, dont le split en a déçu plus d'un. Son ancienne chanteuse, l'impressionnante Floor Jensen vient donc d'annoncer après des mois d'attente, la naissance de son propre projet.
Baptisé ReVamp, celui-ci réunit, outre celui de la jeune femme, les talents de Joost van den Broek (claviers et ex After Forever) et de Waldemar Sorychta (Grip Inc., Eyes Of Eden et surtout producteur culte des années 90). Excitant, n'est-ce pas ?
Pas de titre encore en écoute mais un album annoncé pour courant 2010 et un site web embryonnaire : revampmusic.com.


A DECOUVRIR : A SUTURE




  • C'est qui ? A Suture
  • C'est où ? USA
  • C'est quoi ? Du sludge doom pollué
  • Quoi d'autre ? A Suture prépare actuellement un split avec Caldera
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ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - Ghost Of A Rose (2003)

SPV - 9/10



Un an à peine après avoir livré le double live Past Times With Good Company, Ritchie Blackmore est de nouveau de retour avec le groupe qui porte son nom ainsi que celui de sa compagne. Cette cadence retrouvée – on ne l’avait pas connu aussi prolifique depuis les dernières heures de Rainbow lors de la première moitié des années 80 – est un signe qui ne trompe pas : cela faisait très longtemps que l’Homme en noir n’avait pas été aussi heureux, épanoui et inspiré également, corollaire de cette positivité ressuscitée.

Quatrième album du duo, Ghost Of A Rose est une confirmation, celle que Fires At Midnight, son prédécesseur, qui témoignait d’un certain retour de Ritchie vers une musique plus électrique, plus dynamique, n’était pas le fruit d’une évolution sans lendemain. Tout en demeurant fidèle à une identité dont les bases ont été établies dès le séminal Shadow Of The Moon (1997), Blackmore’s Night tend de plus en plus à marier son folk médiéval et renaissance à des influences tout simplement plus rock. Et ce qui sur les deux premiers opus tenait de l’exception (“ No Second Chance ”, “ Gone With The Wind ”…) se mut désormais en une norme bienvenue. Les teintes folkloriques colorent comme de bien entendu toujours la plupart des compostions mais le couple semble avoir trouver un équilibre parfait entre rock électrique et déambulations acoustiques.

Pas si éloigné que cela du Rainbow période Joe Lynn Turner, le magnifique “ Way To Mandalay ”, qui ouvre l’album, confirme ainsi clairement une évolution dont on ne se plaindra pas. Agrémenté de deux reprises bien senties, le “ Diamond And Rust ” de Joan Baez et le moins connu “ Rainbow Blues ” de Jethro Tull (on se souvient encore de la flûte enchanteresse de Ian Anderson sur le “ Play Minstrel Play ” du premier opus), le menu oscille entre échappées folkloriques virevoltantes (l’excellent “ Cartouche ”, le diptyque “ Queen For A Day ”, le rafraîchissant “ Loreley ”), pauses instrumentales si chères au maître (“ Nur Ein Minute ”, “ Mr. Peagram’s Morris And Sword ”), et ballades émotionnelles, théâtres où brille la voix cristalline de Candice (le néanmoins sombre “Ivory Tower ”, l’hivernal “ Where Are We Going From Here ”, “ Dandelion Wine ”), tandis que les deux morceaux de bravoure du disque sont les flamboyants “ Ghost Of A Rose ” et ses chœurs féminins ” et surtout “ All For One ”, assurément un des chefs-d’œuvre jamais écrit par Blackmore qui pause en son final un solo brillant comme il en a le secret et sur lequel plane le fantôme de “ Eyes Of Fire ”. Gigantesque… Et quel pied lorsque le taciturne guitariste ressort sa Stratocaster blanche le temps de quelques minutes jouissives qui démontrent qu’il demeure toujours un musicien d’exception et renvoie à leurs chères études 99.9% des astiqueurs de manche de la planète !

Soutenus par le groupe le plus solide qui ne les a jamais accompagné (mention particulière aux deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline, quand bien même sir Robert Of Normandie, Malcolm Of Lumley et bard David Of Larchmont abattent chacun un travail discret mais essentiel), Ritchie et Candice montrent tout du long de ce nouveau joyau quelle alchimie il existe entre eux deux. A l’écoute de Ghost Of A Rose, on mesure combien le ménestrel a eu cent fois raison de quitter un Deep Purple à bout de souffle. (cT)

TRACKLISTING
  1. Way To Mandalay 06:24
  2. 3 Black Crows 03:37
  3. Diamonds And Rust (Joan Baez cover) 04:50
  4. Cartouche 03:42
  5. Queen For A Day (part I) 03:05
  6. Queen For A Day (part II) 01:30
  7. Ivory Tower 04:21
  8. Nur Eine Minute 01:03
  9. Ghost Of A Rose 05:41
  10. Mr. Peagram's Morris And Sword 01:56
  11. Loreley 03:30
  12. Where Are We Going From Here 03:59
  13. Rainbow Blues (Jethro Tull cover) 04:25
  14. All For One 05:30
  15. Dandelion Wine 05:39
TOTAL RUNNING TIME 60:24

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Royaume-Uni/USA Origine
Folk médiéval Genre
1997 Formation
MySpace
Disco
Shadow Of The Moon (1997)
Under A Violet Moon (1999)
Fires At Midnight (2001)
Past Times With Good Company (2002/Live)
Ghost Of A Rose (2003)
Beyond The Sunset (2004/Compilation)
The Village Lanterne (2006)
Winter Carolls (2006)
Paris Moon (2007/Live-DVD)
Secret Voyage (2008)



ORTHODOX - Sentencia (2009)




2006. Gran Poder ou la porte ouverte sur un doom incantatoire aux confins du drone. En l'espace de quatre plaintes, Orthodox s'imposait comme une des prêtres les plus envoûtants de cette religion. Nous n'étions pourtant pas au bout de nos surprises. 2007. Amanecer En Puerta Oscura ou l'illustration d'une sorte de doom transgénique, auberge espagnole où vinrent se mêler de nombreux corps chauds pas forcément faits pour s'emboiter. Le groupe commence alors à lâcher les amarres pour naviguer sur des eaux vierges conduisant vers le progressif le plus nébuleux.

2009. Sentencia. Les Espagnols poursuivent leur mue. Parler désormais de doom à l'encontre de leur travail parait pour le moins absurde tant celui-ci échappe aux invariants du genre. Trois plages le structurent dont l'épicentre reste la longue pièce "Ascension", qui remplit à elle toute seule, du haut de ses 26 minutes la quasi totalité de la cérémonie.

Encadré par un prologue instrumental aux accents hispaniques, "Marcha De La Santa Sangre" et par une dérive schizophrénique aux atours liturgiques, "... Y La Muerte No Tendra Dominio", le coeur de Sentencia donne tout son sens à ce titre. Sentencieux, aride, organique, étrange aussi, il débute par un va-et vient d'instruments tels que le piano et des cordes qui égrènent une complainte déglinguée sur fond de roulements de batterie. Parfois à la limite de la cacophonie et en cela, plus proche du prog à la King Crimson (on y pense beaucoup) et surtout de la musique classique contemporaine que du pur doom, "Ascension" semble vouloir aller nulle-part ; il donne l'impression de n'être guidé par aucune logique, aucun but. Aucun sens. Puis, le chant qui scande une interminable supplique , surgit. Peut-être servira-t-il de balise à laquelle se raccrocher. En vain. Il ne fait que plonger encore davantage cette masse aux formes floues dans les arcanes d'une invocation qui confine à la tragédie et se mérite pour être domptée, apprivoisée. Et comprise. Mais peut-être aussi n'y a-t-il rien à comprendre... A l'image de ce saxophone au gout de rouille qui vomi des râles stridents. A l'image de cette architecture dont le concepteur a mélanger les plans.

Incompréhensible sans doute mais d'une beauté fiévreuse certaine, notamment lors de la dernière ligne droite, quand bien même celle-ci n'a rien de rectiligne. Graves et solennelles, les notes de piano suintent une tristesse moite avant le rythme donne l'impression de vouloir s'emballer, ce qu'il ne fait pourtant pas. Plus on se rapproche de l'issue, plus "Ascension" devient grande, se pare d'une puissance belle à en pleurer et prend alors toute sa dimension mystique et religieuse. Et c'est bien en l'observant dans son ensemble que cette respiration tourmentée dévoile tout son sens.

Plus expérimental que jamais, Orthodox témoigne avec sentencia d'une cohérence plus grande encore que sur Amanecer En Puerta Oscura, qui en devient désormais une espèce d'ébauche. Peu accessible mais d'un charme irréel. Superbe et précieux. (cT)

TRACKLISTING
  1. Marcha de la santa sangre 02:40
  2. Ascensión 26:28
  3. ..y la muerte no tendrá dominio 04:26
TOTAL RUNNING TIME 33:00

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Espagne Origine
Psychedelic/Progressive Doom Genre
2004 Formation
MySpace
Disco
Gran Poder (2006)
Amanecer en Puerta Oscura (2007)
Four Burials (2008/Split)
Sentencia (2009)


BIENTOT DANS LES BACS : DARK TRANQUILLITY - Where Death Is Most Alive




Century Media - 26.10.2009
Melodic Death Metal
MySpace

Disc 1
  1. Intro
  2. The Treason Wall
  3. The New Build
  4. Focus Shift
  5. The Lesser Faith
  6. The Wonders At Your Feet
  7. Lost To Apathy
  8. FreeCard
  9. Inside The Particle Storm
  10. Nothing To No One
  11. Edenspring
Disc 2
  1. Insanity's Crescendo
  2. Lethe
  3. Dreamlore Degenerate
  4. Misery's Crown
  5. Thereln
  6. My Negation
  7. Yesterworld/Punish My Heaven
  8. The Munden And The Magic
  9. Final Resistance
  10. Terminal (Where Death Is Most Alive)


DELAIN - April Rain (2009)

Roadrunner - 7.5/10



Certains groupes luttent des années pour enfin s'imposer, d'autres ne dépassent jamais le stade de la seconde zone. Enfin, il y a des formations, une minorité, dont on a l'impression qu'une bonne fée s'est penchée au-dessus de leur berceau. Delain fait incontestablement partie de ces dernières.

Même s'ils sont dans le circuit depuis six ans, les Hollandais ont connu une progression commerciale sinon fulgurante au moins enviable, qu'ils doivent déjà à deux facteurs : le soutien de Roadrunner qui les a signé et l'aura conférée par Within Temptation dans l'ombre duquel Delain a débuté du fait de la présence à son gouvernail de Martjin Westerholt, ancien claviériste de WT et de la participation de sa chanteuse, Sharon Den Adel au premier opus Lucidity.

Mais il y en a d'autres. Le charme de la jeune Charlotte Wessels et les nombreux concerts enquillés depuis ne sont ainsi pas à négliger. Tout comme une qualité d'écriture qui fait toute la différence par rapport à la quirielle de groupes polluant le gothic (pop) metal.

Si Lucidy était un bon disque, quoique encore un peu trop inféodé à l'influence de son aîné, April Rain démontre déjà une vraie maturité et une identité plus affirmée. D'ailleurs c'est bien simple, tous les titres qu'il délivre ont le potentiel pour casser la baraque, équilibre parfait entre puissance de guitares lourdes sans avoir ce son néo stéréotypé, mélodies accrocheuses mais racées, arrangements soignés symphoniques sans être (trop) pompeux, le tout au service du metal (un peu) gothique qui sait toujours éviter le piège de la mièvrerie. On a même droit à quelques grognements de bête en rut ("Virtue And Vice") et à la classe de Marco Hietala sur "Control The Storm" et "Nothing Left", déjà invité sur le précédent album. Le temps du très beau "Start Swimming", Charlotte livre une performance d'une touchante sobriété.

Difficile donc de résister à des morceaux de l'acabit des "April Rain", "Stay Forever", "Invidia", "Lost" ou bien encore "Nothing Left" à la dimension quasi cinématique. Avec April Rain, il est évident que Delain vient de franchir encore une étape vers une reconnaissance plus grande encore. Simplicité, sympathie, charme. Tout y est.

S'il continue sur sa lancée, gageons que le groupe pourrait tutoyer sur le trône de metal sympho à chanteuse un Within Temptaion dont certains n'ont pas tout à fait pardonner le virage plus pop entamé ces dernières années. Delain, lui parvient à réaliser le grand écart entre accessibilité et un côté mordant typiquement metal. Bref, le meilleur des deux mondes... (cT)

TRACKLISTING
  1. April Rain 04:36
  2. Stay Forever 04:26
  3. Invidia 03:49
  4. Control The Storm 04:14
  5. On The Other Side 04:11
  6. Virtue And Vice 03:55
  7. Go Away 03:37
  8. Start Swimming 05:21
  9. Lost 03:24
  10. I'll Reach You 03:30
  11. Nothing Left 04:39
TOTAL RUNNING TIME 45:42

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Pays-Bas Origine
Sympho Gothic Metal Genre
2002 Formation
MySpace
Disco
Amenity (2002/Demo)
Lucidity (2006)
April Rain (2009)


BIENTOT DANS LES BACS : TEMPLE OF BAAL - Lightslaying Rituals




Agonia Records - 27.11.2009
Black Metal
MySpace

  1. Piercing The Veils Of Slumber
  2. Triumph Of Heretic Fire
  3. Black Sun Of The Damned
  4. Death Cult
  5. Hate Is My Name
  6. Poisoned Worldss
  7. Vectors Of The Void
  8. Blessings Of Blackfire

OBIAT - Eyes Tree π (2009)




Hiver 2007, je me rends dans un obscur rade de quartier dans le Nord de Paris pour y voir jouer Obiat. Je ne connais alors pas trop ce groupe. Après plus d'une heure de set, le verdict tombe : un coup de foudre. Et une interrogation : pourquoi un tel potentiel doit se contenter de modestes bars PMU, dont le côté prolétaire convient d'ailleurs parfaitement à la formation et davantage qu'un hard rock café pour bobos en mal de sensations fortes ?

Rapidement, je me procure les deux opus de cette équipe anglo-polonaise, Accidentally Making Enemies et surtout l'énorme Emotionnally Driven Disturbulence (ah ce monstrueux "Stare The Distance" !). Travailler plus pour gagner plus, paraît-il. En effet à force de multiplier les concerts atomiques, Obiat commence à se faire un nom. Il y a donc quand même (parfois) une justice, comme le prouve la récente signature avec le label Small Stone Recordings. Et enfin après quatre ans de silence discographique et de longs mois à patienter, Eyes Tree Pi peut maintenant tourner sur les platines. Mais vu son insolente qualité, on n'en voudra pas trop au groupe d'avoir mis autant de temps pour en accoucher.

Si ces deux aînés étaient déjà de robustes saillies sentant le camboui, ce nouvel album propulse tout simplement ses auteurs vers une autre dimension, aidé en cela par un Billy Anderson plus inspiré que jamais derrière les manettes. Tout en conservant son identité, à savoir ce stoner grandiose et épais, porté par le chant habité du barbu Laz et par les riffs telluriques de Rafa, Obiat la transcende en conférant à ses compositions un relief hallucinant, une profondeur de champs inédite et avec toujours cette démesure qui n'appartient qu'à lui.

Plus longues, plus travaillées, celles-ci ont quelque chose de rampe de lancement vers des paysages à la géographie variée. Peu à peu, on sent que le collectif prend ses distances par rapport à une scène stoner dont il a de toute façon depuis longtemps dépasser les fondements pour aller braconner sur les terres du doom massif et goudroneux aux relents psychédéliques. Se prendre d'entrée de jeu dans la gueule trois enclumes à la puissance d'un réacteur nucléaire de l'acabit de "Poison Thy Honey" et son intro aux couleurs orientales, "Delights" et plus encore "Serpent's Rites" soit trente minutes démentielles, relève de l'orgasme assuré.

Plus expérimentales (à l'image du quasi ambient "Passive Attack (!)), les pistes suivantes déçoivent forcément. C'est pourtant mal les considérer car elles ruissèlent elles aussi une inspiration qui bande avec fermeté. Moins immédiates (hormis le heavy "NoMand NoMind"), elles achèvent l'écoute sur une note sombre : l'atmosphérique et lancinant "AA54089" et son break furieux qui le coupe et le feutré "House Of The Forgotten sins", titre le plus étrange du lot.

Un grand disque et un groupe génial très certainement capable de toucher un plus large public. Un de mes coups de coeur de cette fin d'année ! (cT)

TRACKLISTING
  1. Poison Thy Honey 08:28
  2. Delights 09:43
  3. Serpent's Rites 12:11
  4. NoMad NoMind 05:15
  5. Passive Attack 06:10
  6. AA54089 06:55
  7. House Of The Forgotten Sins 08:57
TOTAL RUNNING TIME 57:50

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Royaume-Uni Origine
Stoner Doom Metal Genre
1999 Formation
MySpace
Disco
Accidentally Making Enemies (2002)
Emotionally Driven Disturbulence (2005)
Eyes Tree π (2009)



BIENTOT DANS LES BACS : SHADOW GALLERY - Digital Ghost




Inside Out - 26.10.09
Metal Progressif
MySpace

  1. With Honor 09:59
  2. Venom 06:22
  3. Pain 06:22
  4. Gold Dust 06:45
  5. Strong 06:50
  6. Digital Ghost 09:37
  7. Haunted 09:37

STEVEN WILSON - NSRGNTS RMXS (2009)

Kscope - 7/10



Malgré tout le respect que l'on peut avoir pour Steven Wilson et son travail, il est tout de même permis de s'interroger sur l'utilité de multiplier comme il le fait actuellement les publications. Si certaines d'entre-elles semblent totalement justifiées (Nil Recurring avec PT ou bien Wherever There Is Light pour No-Man), d'autres en revanche paraissent bien anecdotiques.

Cette collection de remixes de la première sortie en solitaire du musicien entre incontestablement dans la seconde catégorie. Oh, non pas que NSRGNTS RMXS soit mauvais, bien au contraire, seulement il ne s'adresse clairement qu'aux geeks purs et durs, ceux qui achètent tout ce qui porte l'empreinte du Wilson.

A la fois complément et conclusion de Insurgentes, ce EP propose quatre titres, dont deux doublons, issus de ce dernier remixés par des artistes proches du Britannique. Ceux de Dälek ("Get All You Deserve"), Pat Mastelotto (batteur chez King Crimson et cela s'entend) qui bidouille le reptilien "Salvaging" et de Fear Fall Burning (à nouveau " Get All You Deserve") méritent le détour car ils délivrent une relecture intéressante des compositions d'origine, lesquelles, comptent déjà à la base parmi les plus réussies de Insurgentes.

En revanche les remixes de "Harmony Korine" et de "Abandoner" (surtout le premier des deux) ne paraissent pas aussi indispendables. Vous l'aurez donc compris, cet épilogue se révèle inégal et ne constitue pas ce que Wilson a offert de plus passionnant. A conseiller à ceux qui seraient passés à côté de sa matrice quand bien même ils seraient en réalité mieux inspirés de se procurer cette dernière ... (cT)

TRACKLISTING
  1. Harmony Korine 05:14
  2. Get All You Deserve 07:44
  3. Abandoner 04:46
  4. Salvaging 08:36
  5. Abandoner 05:34
  6. Get All You Deserve 06:22
TOTAL RUNNING TIME 36:08

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Royaume-Uni Origine
Progressif/Drone Genre
2009 Formation
MySpace
Disco
Insurgentes (2009)
NSRGNTS RMX (2009)



BIENTOT DANS LES BACS : MEGASUS - S/T (2009)




20 Buck Spin - 24.11.2009
Stoner/Sludge Doom
MySpace

  1. Ten Kingdoms 02:58
  2. Megasus 03:44
  3. Swords 07:27
  4. Hexes/Szaadek 06:01
  5. Paladin vs Berserker 03:46
  6. Red Lottery 05:35
  7. Iron Mountain 07:26


CANIS DIRUS - A Somber Wind from a Distant Shore (2009)




Un visuel, très beau, où figure une forêt léchée par la brume, un logo d'influence médiévale. En un coup d'oeil, on croit déjà mettre une étiquette sur Canis Dirus, horde encore fraîche en provenance du Pays à la bannière étoilée : du black païen dans la mouvance directe du matriciel Drudkh. En fait, c'est davantage vers l'art noir dépressif d'un Austere, auquel on est obligé de penser, qu'il faut se tourner pour définir la musique proposée sur un premier essai.

Pochette comme il y en a des centaines d'autres bien serrées au chaud dans les bacs des disquaires, contenu avec un air prononcé de déjà-entendu : bref, dans ces influences par trop évidentes résident la principale faiblesse de Canis Dirus. Le chant hurlé notamment pourrait se confondre sans problème avec celui régurgité par les Australiens sur leur excellent Withering Illusions And desolation.

Toutefois, ce manque évident de personnalité, qui viendra avec le temps, du moins on l'espère, ne doit pas vous aveugler, vous faire passer à côté de cet album sinon en tout point digne d'éloge. Les deux Américains y témoignent d'une maîtrise du genre qui ne saurait succité la moindre réserve. Le son est conforme aux Tables de la Loi qui régissent le black atmosphérique et suicidaire, c'est-à-dire cru sans pour autant s'embourber dans le syndrome "j'ai vomi mon black metal dans une cave éclairée avec mon zippo".

Sur un substrat de guitares grésillantes et polluées juste ce qu'il faut pour sonner sale et terreux, les (longues) complaintes autour desquels s'articule A Somber Wind From A Distant Shore, érigent un tempo lancinant et volontairement répétitif ("Joyless And The Self Fulfilling Prophecy"). Elles étirent leurs ramifications à travers des paysages sinistres et désolés. Du haut de ses douze minutes au jus, la piste éponyme est à ce titre tout à fait remarquable, balayant des ambiances crépusculaires et pastorales à la fois.

C'est bien fait, très bien fait même et les amateurs des deux entités citées en introduction et d'une manière générale tous ceux pour qui art noir doit rimer avec développements d'une lenteur funéraire, s'y sentiront à l'aise comme dans une cabane perdue au fond des bois et chaufée à la cheminée.

Pourtant parfois, Canis Dirus dévoile, encore timidement certes, les signes d'une identité bien réelle. Celle-ci est à rechercher du côté de ces arpèges sentencieux et sécrétatoires d'une tristesse infinie qu'égrène la porte d'entrée "Choking And Drowning", ou bien encore dans cette fissure quasi religieuse et d'une grande froideur déchirant "Garden Of Death". De même, il y a cette faculté à suspendre le temps ("Joyless And The Self Fulfilling Prophecy") ou à draper des riffs qui se morfondent dans une armure déglinguée, autant de détails plantés dans cette terre noire ravagée qui participent aussi de ces velléités d'émancipation par rapport aux modèles.

Un jet séminal déjà impressionnant et très professionnel et, on espère, première étape d'une carrière durable pour Canis Dirus qui fait preuve d'un savoir-faire certain pour libérer des atmosphères majestueuses bien que mélancoliques. (cT)

TRACKLISTING
  1. Choking and Drowning... 01:00
  2. A Somber Wind from a Distant Shore 11:45
  3. Garden of Death 08:56
  4. Joyless and the Self Fulfilling Prophecy 09:00
  5. In the Season of the Shadows 10:14
  6. ...in Deep Waters 01:20
TOTAL RUNNUNG TIME 42:32

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USA Origine
Suicidal Black Metal Genre
MySpace
Disco
A Somber Wind From A Distant Shore (2009)




BIENTOT DANS LES BACS : PLUTONIUM ORANGE - Volume




Firebox Records - 11.11.2009
(Heavy) Stoner Metal
MySpace

  1. One of Us 03:50
  2. Killer by the Road 05:05
  3. Bend 04:31
  4. Glow 03:52
  5. Waiting for the Gun 04:04
  6. Wet Trails 04:35
  7. Bring Out Your Dead 04:22
  8. 13 Minutes of Agony 04:19
  9. Unstable / Unreal 03:56


Plutonium Orange est l'autre projet de Juha Raivio, guitariste de Swallow The Sun.


AGENDA LIVE : ABSU + PANTHEON I ...




BIENTOT DANS LES BACS : THE LAST EMBRACE - Aerial




Longfellow Deeds - Automne 2009
Metal atmosphérique
MySpace

  1. Complete City
  2. Impanding Dawn
  3. Among Them
  4. Into The Vortex
  5. Gravity
  6. Aerial
  7. Whirltime
  8. Alone
  9. Saffron's Theatre
  10. Nomad Wave
  11. Playground
  12. Serotonine
  13. Precious Pond


ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - Past Times With Good Company (2002)

SPV - 9/10



Ritchie Blackmore et les lives, c’est une longue histoire d’amour débutée en 1972. A cela rien de surprenant quand on sait que c’est bien sur scène, quand bien même il excelle aussi sur disque, que le talent du guitariste prend toute son envergure, toute sa dimension. Made In Japan (1972), Made In Europe (1976) et le Live In London (1982) pour Deep Purple, On Stage (1977) pour Rainbow sans oublier tous les trésors exhumés ses dernières années tels que le Mark III – The Final Concerts (1996) pour le premier, Live In Munich 1977 (2006) pour le second, sa carrière est balisée par des enregistrements de ce type tout bonnement mythiques.

A cette litanie immortelle, on peut désormais rajouter ce premier double live de Blackmore’s Night, projet que l’on ne présente plus maintenant. Capturé en Allemagne, sans doute avec le Japon où l’Homme en noir est un dieu vivant, le premier pays à avoir succombé à la musique écrite par le précieux duo, durant le Fires At Midnight Tour, Past Times With Good Company pioche comme il se doit dans les trois albums que le groupe a alors dans sa besace : Shadow Of The Moon (« Shadow Of The Moon », absolument gigantesque, « Play Minstrel Play » et son bouquet final, l’instrumental « Minstrel Hall », « Renaissance Faire » et le très rock « Writing On The Wall »), Under A Violet Moon (« Past Time With Good Company », « Under A Violet Moon », le très beau « Beyond The Sunset », « Morning Star », introduit par un violon aux accents presque tziganes et le médiéval « Durch Den Wald Zum Bachhaus ») et bien sûr le petit dernier (« Fires At Midnight », long de plus de douze minutes, « Home Again » et « I Still Remember »).

Le couple n’oublie pas cependant de revisiter deux classiques de l’ancien répertoire du ténébreux musicien avec le squelettique « Soldier Of Fortune » pour le Pourpre Profond et ""Sixteenth Century Greensleeves" pour l’Arc-en-ciel. Mais avec intelligence et intégrité, Ritchie ne se repose jamais sur sa gloire d’antan et ces emprunts à son passé demeurent toujours parcimonieux là où de nombreux artistes auraient fait le choix prudent de ne proposer que des reliques propices à séduire les vieux fans. Pas de ça chez le Britannique qui préfère faire honneur à ses nouvelles compositions, qui d’ailleurs, le méritent amplement, celles-ci n’ayant rien à envier à leurs devancières accouchées par ses deux anciens ports d’attache.

D’autant plus que, fidèle à son habitude, Blackmore, sur scène, ne se contente jamais de proposer des calques des versions studio. Ainsi, ces chansons ont bien souvent des allures de piste de décollage, portes ouvertes à toutes les transformations possibles, même si les années 70 et leurs dérives démentielles, qui voyaient les titres s’étirer d’une manière hallucinante, sont loin désormais.

Ces morceaux n’en sont donc pas moins transcendés par une bande de ménestrels au talent énorme. Il suffit d’écouter le jeu du guitariste durant le monumental « Fires At Midnight » ou bien la seconde partie de « Past Time With Good Company » qui a quelque chose d’une fête médiévale colorée, pour s’en rendre compte.

Et si Candice Night livre tout du long une performance dont il faut louer l’excellence, que dire d’un Ritchie qui brille lui aussi de mille feux, aussi à l’aise en électrique qu’en acoustique, format qui lui ne pardonne aucune approximation. Contrairement à ce beaucoup pense, il n’a donc rien perdu de sa maîtrise. Mieux, rarement, son jeu aura été aussi précis, fin et surtout chargé d’émotion.

Elégant et racé, Past Times With Good Company se révèle être donc un live incontournable, à conseiller aussi bien aux amateurs de Blackmore’s Night (cela va de soi) mais aussi à tous ceux (les plus nombreux, malheureusement) qui ont zappé ce pan dans la carrière du guitariste depuis la sabordage de Rainbow. Ces derniers se rendront compte alors qu’ils ont eu tort même si Ritchie n’officie clairement plus (quoique) dans le registre que les fans de Deep Purple auraient voulu le voir embrasser à tout jamais. L’homme n’en a toujours fait qu’à sa tête… et c’est tant mieux ! (cT)

TRACKLISTING
Disc 1
  1. Shadow Of The Moon 10:56
  2. Play Minstrel Play 04:34
  3. Minstrel Hall 05:43
  4. Past Time With Good Company 07:05
  5. Fires At Midnight 12:28
  6. Under A Violet Moon 05:02
  7. Soldier Of Fortune (Deep Purple cover) 04:21
TOTAL RUNNING TIME 50:09

Disc 2
  1. 16th Century Greensleeves (Rainbow cover) 04:44
  2. Beyond The Sunset 05:28
  3. Morning Star 06:10
  4. Home Again 06:32
  5. Renaissance Faire 05:08
  6. I Still Remember 07:03
  7. Durch Den Wald Zum Bachhaus 03:12
  8. Writing On The Wall 05:59
TOTAL RUNNING TIME 44:16

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Royaume-Uni/USA Origine
Folk médiéval Genre
1997 Formation
MySpace
Disco
Shadow Of The Moon (1997)
Under A Violet Moon (1999)
Fires At Midnight (2001)
Past Times With Good Company (2002/Live)
Ghost Of A Rose (2003)
Beyond The Sunset (2004/Compilation)
The Village Lanterne (2006)
Winter Carolls (2006)
Paris Moon (2007/Live-DVD)
Secret Voyage (2008)




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