D’une certaine manière, le fait de vous dire que The Cancelled Earth a vu la nuit dans le giron du label Cyclic Law, écurie de Frederic Hardour (Longing For Dawn), qui s’est d’ailleurs occupé du mastering, devrait être suffisant pour vous le procurer sinon vous y intéresser. Que Cities Last Broadcast soit le nouveau projet du vénéré Pär Boström (Kammarheit), également.
Proposé dans un packaging soigné selon l’habitude de la structure canadienne, cet album est une symphonie crépusculaire et urbaine ; il est autant de paysages désolés. Dark ambient viscérale, ce programme envoûte autant qu’il effraye. En sept plages qu’il convient de ne pas séparer les unes des autres, on assiste, témoin anonyme à la dégénerescence d’un monde, celui des villes tentaculaires et déshumanisées.
Que The Cancelled Earth ait été inspiré par des lieux tels que aéroports, tunnels, gares etc.. explique, en partie, le caractère naufragé, perdu de cette partition uniquement formée par une masse grouillante de sons froids érodés par un souffle terrifiant. En s’abîmant en elle, on a l’impression de voir se dessiner la peinture terminale d’un univers qui prolifère telle une gangrène.
Toutefois comme toujours lorsque l’on goûte et comprend le genre, la beauté grondante et souterraine qui s’en dégage fait le reste. Les trois dernières pistes notamment, irradient une forme d’émotion sourde, tapie sous les couches synthétiques et ambient et néanmoins bien réelle.
Superbement noir, The cancelled Earth semble suivre une trajectoire précise. Panorama gris et industriel, il épouse une ligne qui le mène vers sa propre fin, qu’incarne le démentiel « Architecton » (ce son de mellotron hanté final qui fait mourir le tout sur une note perturbante), dont les arcanes ténébreuses paraissent s’enfoncer dans les profondeurs de la terre elle-même. Cela pourrait être la bande-son de l’Apocalypse.
Ce qu’il y a de saisissant dans cette œuvre est sa puissance invisible qui se propage avec des ondes tellurique, des vagues qui vous emportent. Un monde qui s’écroule...
Ce qu’il y a de saisissant dans cette œuvre est sa puissance invisible qui se propage avec des ondes tellurique, des vagues qui vous emportent. Un monde qui s’écroule...
TRACKLISTING
- Cornerstone 05:54
- Antenna 06:40
- Bascule Bridge 05:54
- Railroom 05:43
- Deadpost 03:48
- Cella 09:55
- Architecton 09:47




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