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AERE AETERNUS - Humanity Needs No Funeral (2008)

Kaosthetik - 7.5/10 - MySpace

Beaucoup de groupes, dans le black metal notamment, se vantent de planter leur membre dans la fente de la luxure mais en définitive, ils sont bien peu à parvenir à auréoler leur art d'une couche collante de stupre. Aere Aeternus fait partie de cette minorité et sa première pénétration longue durée, que précédaient une démo (Lammoth, éjaculée en 1997 !) et un split, résonne du râle d'un million de femmes prises d'orgasme. 

Pour une fois, le visuel exprime justement le contenu dont il se veut l'écrin. Humanity Needs No Funeral a quelque chose d'un dérelict gangrené par le vice dans un hangar rouillé où soufflent tel un écho funèbre des sons inquiétants ("No God Intervention" et ces paroles comme prononcé par un dictateur devant une foule en liesse) et étouffés qui s'accouplent avec des cris de plaisir (masochistes) libérés par des coprs féminins humides ("Conjuration").

Bien que l'on retrouve à sa tête un membre de Frostmoon Eclipse, Aere Aeternus ne braconne pas sur les terres du black metal mais plutôt celles de la dark ambient, genre que le groupe honore avec cette repatation sexuelle et morbide, kaléidoscope d'images sulfureuses qui s'entrechoquent, copulent. Vierges de guitares (sauf sur le terminal "Epilogue"), ces onze pulsations industrielles évoquent un vagin qui vit, se contracte, sécrète un fluide sinistre à base de sons étouffants et froids comme un cadavre. 

Humantiy Needs No Funeral tient de l'expérience, celle qui se résume à faire l'amour avec la mort avec une succession de coups de boutoir, parfois courts, d'autres plus longs, plus hypnotiques ("Brotherhood Of The 7th Day"). C'est affreusement noir et torturé mais il y a surtout ce goût salé d'interdit qui poisse cette musique et ce faisant la rend 100 fois plus transgressive que bien des blasphèmes de l'art noir. 

Les premières écoutes que cette bande-son déliquescente laisse peu de traces, peu de cicatrices dans la peau. Elle n'est d'abord qu'un magma informe dont on peine à distinguer les contours. Puis, peu à peu, symphonie funèbre et crépsculaire, elle écrarte ses cuisses entre lesquelles on finit par se faufiler avec plus d'aisance qu'au début. Ténébreuse, cette ode dévoile alors sa beauté sale et putride. Presque un rituel mystique qui ne peut s'achever que par la mort. L'écouter revient à se perdre soi-même... Perversion, la vraie. (cT)


TRACKLISTING
  1. Ouverture - Conspiracy Of Rats 02:15
  2. Humanity Needs No Funeral 06:07
  3. Rituel Pathologique 03:55
  4. Conjuration 07:03
  5. Life Is Nothing Else But A Parody 04:37
  6. Intermission - Transition To Chaos 02:08
  7. Brotherhood Of The 7th Day 07:25
  8. Final Words Before Cosmic Silence 03:32
  9. No God Intervention 05:20
  10. Hatred To My Last Breath 04:53
  11. Epilogue - Not Exactly Reiventing The Wheel 02:13
TOTAL RUNNING TIME 49:28

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