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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DRUDKH - Estrangement (2007)

Supernal Music - 8.5/10

Le rapport que l’on entretient avec un disque dépend souvent beaucoup du contexte qui a accompagné sa découverte. Ainsi, le jour où j’ai acquis Estrangement, est aussi (et surtout) celui qui m’a vu déclarer ma flamme à ma belle. De fait, cet album draine en moi des souvenirs pour lesquels le mot bonheur semble encore bien trop faible, sans saveur. 
 
Témoin sonore de cet heureux moment, son écoute sera à tout jamais associée à cette journée pivot de ma vie. Pourtant, on ne peut pas dire que la musique des Ukrainiens corresponde à l’idée que l’on se fait du romantisme ou de la guimauve. On en est même très loin. Etrange situation donc qui a voulu que cette offrande, qui permet au groupe, après une pause acoustique déchirante de beauté (Songs Of Grief And Solitude), de renouer avec le black haineux et tout aussi désespéré de ses débuts, s’impose malgré elle comme la bande-son d’un des instants de mon existence parmi les plus enjouées. 
 
Pour Roman SaeNko, Drudkh a toujours été le réceptacle de sa profonde mélancolie, de son mal être, expression atmosphérique et païenne d’un Art noir lent et habité qui ne se contente pas, en dépit d’un humus identique, de braconner dans les méandres du légendaire Burzum contrairement à trop d’imposteurs grimés à la truelle, alors que (feu) Hate Forest reste le vecteur de sa haine et d’une idéologie aryenne qu’il a depuis essayé d’atténuer quelque peu. 
 
Sixième cuvée (déjà)  du projet, Estrangement affiche quatre titres seulement, dont les trois premiers dépassent tout de même les 10 minutes. “ Solitary Endless Path ” est une entame magnifique. Après une intro emportée par une explosion rythmique, les riffs ruisselant de tristesse guident cette complainte douloureuse à travers un lacis de sentiments noirs et tragiques,  parfois colériques (le chant écorché y est pour beaucoup). Comme souvent avec Drudkh, le titre s’achève sur un final instrumental d’une beauté à vous tirer des larmes. 
 
Plus lancinant, “ Skies At Our Feet ” sonne comme un cri de désespoir, une résignation absolue. On ne peut sortir indemne de l’écoute d’une telle pulsation dépressive. Bien que plus rapide, “ Where Horizons End ” se nourrit du même terreau, paysage d’une désolation terminale, d’une décrépitude poisseuse, avant de céder la place à “ Only The Wind Remembers My Name ”, instrumental assez court où les lignes de guitares tissent des mélodies obsédantes puis s’envolent dans un ciel obscur chargé de nuages. Immense, superbe et toujours aussi poignant. 
 
Encore un très grand disque de la part de Roman SaeNko qui a su peu à peu imposé son style d’écriture, son identité, dressant haut le drapeau du black metal d’Europe de l’Est. (cT08)

TRACKLISTING
  1. Solitary Endless Path 10:54
  2. Skies at Our Feet 10:42
  3. Where Horizons End 10:52
  4. Only the Wind Remembers My Name 03:58
TOTAL RUNNING TIME 36:26



LA CAVE DE CHILDERIC THOR : ANNIHILATOR - Metal (2007)

Spv Records - 8/10


S’il y a bien un mec qui peut se targuer de baptiser d’un tel nom un de ses albums sans pour autant sombrer dans le ridicule à la Manowar, c’est bien le vénéré Jeff Waters, héraut modeste et talentueux, musicien intègre et chevronné qui depuis les années 80 défend les valeurs du genre, qu’il s’est toujours donné pour mission d’honorer et ce, en dépit d’une tentative maladroite et donc à moitié réussie de suivre les modes avec le mou du zizi Set The World On Fire (1993), opus convaincant néanmoins, qui coïncidera aussi avec le début de la traversée du désert pour le Canadien.

Mais depuis 2001 et le furieux Carnival Diablos, l’homme semble avoir avalé du viagra par boîte de 12. L’inspiration à nouveau en érection, il éjacule des coulées métalliques chaque année (ou presque) avec la régularité des flots menstruels et surtout avec réussite. Secondé par le même chanteur depuis deux cuvées déjà (un exploit !), Waters livre avec Metal son meilleur album depuis… depuis toujours ! En souhaitant rendre hommage à la musique de son cœur (les paroles de « Army Of One » sont, à ce titre, des plus éloquentes), le guitariste s’est déchiré en terme de composition. Usine à riffs vivante, il est qui plus est parvenu à pondre quelques unes de ses plus belles et plus efficaces lignes de gratte.

Mais au-delà de ses qualités intrasèques, si Metal a davantage attiré l’attention de que ses (pourtant très réussis) prédécesseurs, c’est que chacun des titres qui le compose accueille un invité prestigieux (ou pas). Chanteurs parfois, comme sur « Couple Suicide », qui voit copuler Danko Jones et Angela Gossow (Arch Enemy), ces guests sont presque donc essentiellement des guitaristes venus interpréter les riffs du maître avec respect et puissance. Citons notamment Jeff Loumis (Nevermore) sur l’énergique « Clown Parade », Alexi Laiho (Children Of Bodom) sur « Downright Dominate », Anders Björler (The Haunted) sur le saignant « Smothered) ou bien encore Jesper Strömblad (In Flames) sur l’épique « Haunted », la palme revenant à Mike Amott (Arch Enemy, Spiritual Beggars), dont le jeu racé confère une teinte seventies au superbe « Operation Annihilation », hurlé par Waters lui-même qui plus est. Leur joute, qui n’est pas sans évoquer les grandes heures de Scorpions, y est si julbilatoire qu’elle donne une trique d’enfer.

A peine entaché par deux titres, les deux derniers, un (très léger) cran en-dessous du reste, Metal porte haut les couleurs d’un genre de toute façon éternel car forgé par des musiciens passionnés et honoré quasi religieusement par des fans qui le sont tout autant, si ce n’est plus. Un disque fun qui pourrait leur être dédié et une véritable déclaration d’amour à une musique que seule une minorité peut comprendre. Et c’est tant mieux… (CT15)

TRACKLISTING
  1. Clown Parade / 5.14
  2. Couple Suicide / 3.54
  3. Army Of One / 6.01
  4. Downright Dominate / 5.13
  5. Smothered / 5.09
  6. Operation Annihilation / 5.14
  7. Haunted / 8.05
  8. Kicked / 5.56
  9. Detonation / 3.54
  10. Chasing The High / 6.16
TOTAL RUNNING TIME : 54.58


LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DFDR - S/T (2007)

Self-released - 7.5/10 - MySpace

Si la lumière du jour lui sied finalement assez mal – il n’y a qu’à voir les ravages que peut causer le succès (relatif) sur les ténors norvégiens du genre pour s’en convaincre -, en revanche, c’est dans les caveaux humides, dans les crytpes brumeuses de l’underground que le black metal peut réellement proliférer telle une lèpre sinistre ; c’est dans ces méandres obscurs et infâmes que le feu brûle encore. DFDR en constitue encore une preuve supplémentaire. 

Derrière ce mystérieux patronyme se cache le nouveau projet de celui qui se fait appeler ici Sect Santhem, soit le troisième côté d’un triangle maléfique et impi, dont les deux autres répondent au nom de Grey et Sourhat. Par rapport à ceux-ci, DFDR creuse un sillon plus classique, loin des rivages aux confins du doom, comme peuvent aussi le pratiquer des hordes telles que Dolorian, Shining ou Forgotten Tomb, quand bien même on croise à nouveau cette même vermine mélancolique et maladive, ces mêmes riffs dissonants et parfois quasi hypnotiques. 

Norvégien dans l’âme ce premier essai ne comprend que quatre titres pour un peu plus de 25 minutes. C’est à la fois peu et suffisant pour se rendre compte du potentiel de la bête. Un potentiel à la fois musical et thématique qui plus est. Loin des crachats sataniques bas du plafond trop souvent de mise dans le genre, DFDR trace une idéologie qui s’inscrit dans un humus singulier dont l’origine géographique – la Lorraine – n’est pas le moindre des stigmates. 

Musicalement, on pense aux premiers Immortal (le chant notamment) et Satyricon. Si “ Useless Lives ” reste le titre le plus rapide du lot, les trois autres prennent davantage le temps de ralentir le tempo pour libérer leur venin. Quoiqu’il appuie par moment sur l’accélérateur, “ No Water Should Be So Red ” déverse avec largesse des atmosphères lancinantes et décadentes ; il navigue dans des eaux marécageuses et pourrissantes, surtout durant sa seconde partie, tandis que “ Cold Winds ”, que guident des riffs obsédants, dresse un pont avec le black doom de Grey. Plus malfaisant encore, “ Torment And Death ” a quelque chose d’une gangrène sonore, dont la seconde moitié résonne comme un appel, celui de la mort, celui d’un voyage sans retour dans les abymes de la décrépitude.

Un premier jet pour le moins convaincant et un groupe ( ?) à suivre de très près. (cT2008)


TRACKLISTING
  1. Useless Lives 05:11
  2. No Water Should Be So Red 06:08
  3. Cold Winds 07:36
  4. Torment and Death 06:47
TOTAL RUNNING TIME 25:42

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : AGUA DE ANNIQUE - Air (2007)

Agua Recordings - 9/10 - MySpace

Cette première carte postale en solo de Anneke van Giersbergen est une démonstration. Elle démontre que la jeune femme est une artiste. Une vraie, une qui a des choses à dire. Elle démontre enfin que son départ de The Gathering, groupe dans lequel elle évoluait comme un poisson dans l’eau, n’était visiblement pas dû aux sempiternelles divergences musicales ! Mais un rappel des faits s’impose pour commencer.

Quand il y a quelques mois de cela, nous apprenions, stupéfaits, la décision de la belle de quitter le navire hollandais, c’est comme si l’univers, d’un coup, s’effondrait. C’était la fin d’une superbe histoire entamée douze ans plus tôt, avec la sortie du matriciel Mandylion, chef-d’œuvre qui a lui tout seul a sonné le branle de tout le metal à chanteuse. On se demandait alors quelle mouche avait bien pu piquer la chanteuse. Etait-ce lié à son récent statut de maman ? Quelle ne fût pas notre surprise en apprenant qu’elle avait déjà sur le feu un nouveau projet ! Et si au début nous nourrissions des inquiétudes à son égard, c’est plutôt vers ses anciens employeurs que l’on doit finalement les diriger car, après tout, ce sont eux qui finalement ont le plus à perdre. Agua De Annique le prouve de la plus belle des manières !

Alors que The Gathering aura sans doute toutes les peines du monde à se reconstruire (ne doutons pas, cependant, que le groupe y parviendra…), Anneke accouche d’un album qui semble avoir été touché par la grâce divine ; un album subtilement différent de The Gathering même s’il en reste très proche, surtout de ses trois dernières offrandes, If_Then_Else, Souvenirs et Home, comme en témoignent le début de « Ice Water » ou « Trail Of Grief ». D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement, à fortiori quand la chanteuse décide d’arpenter des terres proches, celles du metal atmosphérique émotionnel et mélancolique, après tout, n’a-t-elle pas été la clé de voûte de la musique des Hollandais ?

Le groupe s’identifiait tellement à elle, à son charme, à sa voix cristalline que cette filiation est bien compréhensible. Parfois énervées (« Witness », « You Are Nice ! »), le plus souvent diaphanes, à la tristesse douloureuse (« Come Wander With Me »), ces chansons ne peuvent que charmer dès les premiers instants. Simples, épurées, elles se voient parfois réhaussées d’une flûte, d’une trompette, d’un chant masculin, quand ce n’est pas Kristin Fjelltseth de Pale Forest, qui vient accompagner Anneke (« Lost And Found », qui suinte une mélancolie désespéré à la Tenhi).

Et surtout, il y a cette voix. Cette voix. Cette voix qui vous donne des frissons. Cette voix à donner honte à toutes les chanteuses de la galaxie. La Batave possède tout simplement une classe, un charme unique qui lui permettent de planer tout là haut. Dès qu’elle apparaît sur « Beautiful One », son chant décolle et nous entraîne, guide enivrant, dans un voyage dont la beauté triste séduit autant qu’elle bouleverse.

Est-ce à dire pour autant que Air aurait pu être un album de The Gathering ? Oui et non donc car le son n’est pas tout à fait le même. Les frères Rutten ont une manière de composer, de jouer, bien à eux, qui fait défaut ici. Mais, on en est jamais très éloigné. Ce qui ne peut que jeter le trouble dans le cœur des fans. Pourquoi Anneke est-elle parti ? Sans doute que les autres membres du groupe ne lui laissait pas suffisamment d’amplitude. Sans doute voulait-elle aussi être, enfin, son propre maître et démontrer qu’elle détenait les capacités d’exister sans The Gathering. En tous cas, le pari est gagné. Un horizon pur, dégagé, s’ouvre désormais à elle. On attend maintenant avec curiosité des nouvelles de son ancien port d’attache… (cT2007)

TRACKLISTING
  1. Beautiful One 04.43
  2. Witnesses 04.16
  3. Yalin 03.24
  4. Day After Yesterday 03.42
  5. My Girl 04.14
  6. Take Care Of Me 02.43
  7. Ice Water 04.10
  8. You Are Nice ! 03.16
  9. Trail Of Grief 04.34
  10. Come Wander With Me 03.32
  11. Sunken Soldiers Ball 05.07
  12. Lost And Found 05.16
  13. Asleep 02.29
TOTAL RUNNING TIME : 51.26

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DEEP PURPLE - Live In London (1982)

EMI - 10/10 - MySpace

Publié à l’origine en 1982 durant sa phase de sommeil qui n’empêcha pas la sortie d’une kyrielle de lives (In Concert en 1980) et de compilations diverses, mais amputé d’une partie du show que le groupe exécuta en 1974 au Gaumont State Theatre Kilburn de Londres, ce live ressort aujourd’hui, dans son intégralité cette fois-ci, c’est-à-dire avec les trente minutes ( !) qu’a duré ce soir-là "Space Truckin" ! Ca sent déjà l’orgasme chez les fans.

Ceux qui estiment (à tort) que la meilleure incarnation purplienne est à chercher du côté du line-up Mark II (avec Gillan et Glover, donc), feraient bien de jeter une oreille sur ce Live In London d’anthologie, qui nous montre une formation alors toute neuve – David Coverdale et Glenn Hughes ne sont là que depuis quelques mois - mais néanmoins insolante de talent et de classe. 

Après sa triomphale tournée américaine, dont le point culimant reste bien entendu le show explosif de la California Jam, le groupe se lance dans un périple européen qui lui permet de fouler de nouveau le sol de la Mère patrie, l’Angleterre. Comparée aux concerts américains, la prestation semble mieux rodée, les deux nouvelles recrues, mieux intégrées et les titres de Burn, album que les musiciens défendent alors sur les routes afin de démontrer, entre autres, que la vie continue même sans Gillan et Glover, davantage maîtrisés. 

En toute logique, ce dernier opus se taille la part du lion, avec pas moins de cinq morceaux sur sept joués. Il tient tellement à cœur au groupe que celui-ci n’a pas peur d’en enfiler quatre extraits à la suite. Si “ Burn ” met comme d’habitude tout le monde d’accord d’entrée de jeu, on se demande quand même ce que fait dans la setlist le banal bien que sympathique “ Might Just Take Your Life ”, single peu marquant auquel on aurait préféré le lent et plus original “ Sail Away ”. Puis le concert suit une courbe ascendante, avec l’imparable “ Lay Down Stay Down ”, le flamboyant “ Mistreated ”, qu’illumine Blackmore et le classique parmi les classiques “ Smoke On The Water ”, que le groupe ne peut pas (plus) ne pas interpréter et qui permet dans sa dernière partie à Glenn Hughes de donner de la voix avec son timbre de feu. 

Le concert s’achève avec le gigantesque “ You Fool No One ”, couplé avec “ The Mule ” (et introduit par “ Lazy ”), le traditionnel solo de batterie de Ian Paice faisant office de lien entre les deux, que Purple transcende de la plus belle des manières au point d’en faire oublier la version studio. Durant un long solo du feu de Dieu, le jeu de Ritchie confine au divin ; il est bien au-dessus de tous les autres branleurs de manche de la planète. Vingt minutes de bonheur qui s’enchainent à la plus longue interprétation connue de “ Space Truckin’ ”, zébré qui plus est de quelques mesures de “ Child In Time ”. 

Deux titres en 50 minutes ! Monstrueux mais symbolique d’une époque où les groupes n’avaient pas peur de se lancer dans ce genre de transgressions, une époque où les musiciens n’hésitaient pas à étirer leurs compos jusqu’à la rupture. Tous le faisaient, mais c’est bien Deep Purple qui réussait le mieux cet exercice tout bonnement inenvisageable aujourd’hui. 

Que dire de plus sur ce Live In London, sinon une brochette d’évidences : le groupe est au sommet de sa forme, Coverdale roucoule comme une bête (son organe atteint le point G durant le magnifique “ Mistreated ”), Hughes s’avère bien plus présent que son prédécesseur, Lord se déchire avec (et sur) ses orgues Hammond, Paice fait le métronome humain. Enfin, Blackmore s’impose comme le plus grand guitariste de tous les temps, comme en témoigne le final dantesque de “ Space Truckin’ ”. Live In London est une démonstration : le Mark III constitue bien l’apogée de Deep Purple. (cT2008)


TRACKLISTING
DISC 1
  1. Burn 07:45
  2. Might Just Take Your Life 05:17
  3. Lay Down Stay Down 05:29
  4. Mistreated 15:28
  5. Smoke on the Water 09:13
DISC 2
  1. You Fool No One 20:22
  2. Space Truckin' 31:02
TOTAL RUNNING TIME 81:36

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : OCCULTUS - Erichthô (2007)

Self-released - 8.5/10 - MySpace

Gravée en 2006, Erichthô, première et, pour l'instant encore, unique offrande d'Occultus, c'est tout le charme de la démo bricolée avec les moyens du bord, ce qui n'est pas forcément synonyme de son cradingue, et tirée à quelques exemplaires sous forme de bonnes vieilles cassettes des familles. On est black metal ou on ne l'est pas !

En vingt (trop) petites minutes, la horde, née des cendres de LatroDectus mais irriguée par le fuide créateur de Fëarann (Carnyx, Valuatir, Inis Gwenva) et Mesys (Inis Gwenva), taille dans le boyau d'un art noir à la Norvégienne, trois reptations absolument énormes, sises sur un socle pesant et implacable. Ils parviennent avec une puissance du feu de dieu (?) à imprimer un groove accrocheur à une cuirasse de fer et de sang. Ainsi, "Dreaming Inside the Knoll" est une forteresse qui draine des riffs obsédants, arc-boutants d'un édifice mid tempo dans les arcanes duquel souffle un chant râpeux qui crache sa haine avec sincérité. Arrivé à mi-parcours, le rythme s'emballe pour atteindre un orgasme guerrier. Glacial comme la roche en hiver, le final renoue avec la sombre beauté du blizzard des Grands Anciens.

Secoué par des vibrations de guitares venimeuses, "Erichthô" ouvre lui aussi les vannes d'un black rampant qui laisse de profondes crevasses dans la peau.  Plus rapide, bien que fissuré dans sa seconde partie, par un modelé plus reptilien, "Pile of Skulls" boucle l'écoute avec toujours autant d'assurance et une réussite insolente. Tranchant, il suinte une forme d'inexorabilité, d'abandon cryptique.

Avec à la clé une question : comment se fait-il qu'un tel potentiel reste tapi dans les méandres de l'anonymat. Alors, certes, le pur black metal se doit de rester dans l'obscurité mais tout de même, Occultus a l'inspiration des plus grands et mérite mieux que cette faible notoriété. Désormais signé chez Drakkar, espérons qu'il pourra obtenir une place selon son talent, c'est-à-dire parmi les premières. Erichthô a donc tout du joyau méconnu, révélateur qui plus est du dynamisme de la scène extrême de Poitiers. Vingt minutes peut-être mais on tient pourtant là un des méfaits les plus réussis du black metal hexagonal. (cT)

TRACKLISTING
  1. Dreaming Inside the Knoll 07:27
  2. Erichthô 05:28
  3. Pile of Skulls 07:31
TOTAL RUNNING TIME 20:26

BLACKFIELD - NYC Live In New York City (2009)

Kscope
8/10












En 2007, Blackfield, fruit du duo composé de Steven Wilson et du chanteur israëlien Aviv Geffen délivre son deuxième opus. Peu après le groupe concocte une petite tournée qui s'arrête à New York le 16 mars. Ce concert, tout d'abord gravé pour un DVD publié quelques temps après, a aujourd'hui droit à son pendant audio.

THE FUTURE KINGS OF ENGLAND - The Fate Old Mother Orvis (2007)


BlackWater
8/10











L'âge d'or des Pink Floyd, Yes et autre Genesis a beau être désormais recouvert d'une bonne couche de poussière, on ne compte pourtant plus les palettes entières de groupes qui ne cessent de se réclamer de leur héritage. C'est bien en écoutant par exemple The Future Kings Of England que l'on mesure notamment l'influence que ces dinosaures ont pu et peuvent donc encore avoir aujourd'hui. 

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