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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Calling the Wild (2000)

SPV - 8/10

Fin des années 90, rien ne va plus pour Doro. Ses deux derniers albums, Machine II Machine (1995) et Love Me In Black, qui l'ont vu tenter l’alliage entre heavy et métal indus, déçoivent une bonne partie de ses fans. De plus, mécontente de la promotion assurée par WEA, elle décide à nouveau de changer de label. C’est vers SPV qu’elle se tourne. L’image plus métallique de l’écurie allemande est-il alors un indice révélateur quant à un retour aux source pour la belle ? En partie, oui.

S’il conserve encore certains oripeaux de ses (més)aventures récentes, notamment une certaine lourdeur martiale, vestige qui peut s’expliquer par la nouvelle participation de Jürgen Engler et Chris Lietz de Die Krupps, Calling The Wild, son septième effort en solitaire, la montre se souvenir qu’elle fut une des premières Metal Queen et probablement la meilleure d’entre elles. Le fait qu’elle ait fait appel, outre ses musiciens habituels, à des mercenaires de la trempe de Eric Singer (Kiss), Al Pitrelli, Bob Kulick ainsi que les légendes vivantes Lemmy et Slash, que l'on ne présente plus, est une manière pour elle de récupérer en même temps qu’une forme d’héritage sa place au sein de sa famille de cœur. Il est une déclaration, ce que son nom peut suggérer.

Reposant sur un canevas familier, alternance de titres heavy et de ballades, Calling The Wild, en ne conservant de ses deux prédécesseurs, que les atours les plus heavy, réussit le mariage puissant entre fuselage massif ("Dedication", presque Thrash, la reprise de Billy Idol, "White Wedding" …), hymnes instantanés ("Kiss Me Like A Cobra", "Burn It Up", "Ich Will Alles" et "Now Or Never", propulsé par le jeu nerveux de l’ex Guns’n’ Roses), qui manquaient tellement à Machine II Machine et Love Me In Black, et respirations touchantes que la chanteuse transcende par sa voix si particulière ("Scarred", "Give Me A Reason", "Danke" et bien sûr "Love Me Forever", duo devenu célèbre avec le leader de Motörhead). Comme toujours, l’Allemande donne tout ce qu’elle a, artiste sincère et passionnée qui mérite un éternel respect.

Les quelques pistes un plus anecdotiques qui le parsèment, n’empêchent pas cet album se s’imposer non seulement comme le plus dur que Doro ait jamais livré mais aussi, et surtout, comme son meilleur travail depuis Angels Never Die voire même depuis son opus éponyme. C'est dire. Il met donc fin à plusieurs années d'égarement. Doro, on t’aime ! (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Kiss Me Lika a Cobra 03:18
  2. Dedication (I Give My Blood) 03:54
  3. Burn It Up 02:45
  4. Give Me a Reason 04:19
  5. Who You Love 03:51
  6. Scarred 04:39
  7. Ich will alles 02:26
  8. White Wedding 04:37
  9. I Wanna Live 02:42
  10. Love Me Forever 05:15
  11. Fuel 03:50
  12. Constant Danger 03:39
  13. Black Rose 03:43
  14. Now or Never (Hope in the Darkest Hour) 03:51
  15. Danke 02:57
TOTAL RUNNING TIME 56:02





LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Love Me In Black (1998)

WEA - 5/10

Alors que la chanteuse nous avait habitués à une inspiration prolifique, offrant un nouvel opus tous les ans ou presque, il faut attendre trois années, cependant remplies de produits divers (compilations, EP…) avant de pouvoir goûter le successeur du controversé Machine II Machine (1995). Cette longue gestation peut s’expliquer à la fois par la rupture du contrat qui la liait depuis 1985 à Polygram et par la volonté de peaufiner ce sixième album solo.

Forte d’une alliance avec WEA, elle décide de poursuivre en partie la collaboration avec Jürgen Engler et Chris Lietz de Die Krupps, tout en faisant appel au compositeur Pop Jimmy Harry. Cette double association va déterminer la couleur de Love Me In Black. Disque à deux visages tel un Janus du Heavy Metal, il tente de plaquer à l'alternance entre titres péchus et ballades qui a fait le succès des premières offrandes de Doro, les atours plus modernes et quasi électro développés par l’œuvre précédente.

Comme on pouvait s’y attendre, le résultat est fortement mitigé Le menu commence par deux morceaux aux guitares très lourdes, "Do You Like It" et "Brutal And Effective", auxquels succède la ballade éponyme aux contours hypnotiques. Puis déboule ce "Pain" froid et trafiqué aux hormones indus. Après le dispensable "Tausend Mal Gelebt", "Terrorision" enfonce le clou avec sa rythmique martial.

Presque parvenu à la moitié de Love Me In Black, un premier bilan s’impose : sans être mauvais, aucun titre jusqu’à présent ne devrait détrôner les hymnes d’autrefois. Car c’est justement ce qui fait cruellement défaut à cette rondelle: l’absence de brûlots imparables, ceux que l’on a envie d’écouter dans sa voiture ou de chanter en se tordant le cou dans un quelconque festival allemand.

Le reste du programme ne corrige pas cette faiblesse. Trop de ballades sans saveur ni émotion ("Long Way Home", "Kiss Me Good-bye"…), trop d’expérimentations (le néanmoins puissant "I Don’t Care", "Poison Arrow") tellement loin de l’univers auquel Doro est affiliée. Seule peut-être la reprise de Heart, "Barracuda" (tirée de Little Queen) retient un peu l’attention mais sauve difficilement ce disque de l'ennui.

Jugeant l’album inadapté pour le continent nord-américain, WEA ne le publiera qu’en Europe, décision sévère mais qui peut se comprendre, d’autant plus que sa réussite artistique reste très contestable. A trop vouloir expérimenter, Doro s’est franchement détournée de son giron maternel, ce qui explique l’échec de Love Me In Black que l’on peut considérer comme son travail le moins réussi. Que Force Majeure ou Doro paraissent loin ! Heureusement, deux ans plus tard, Calling The Wild la verra (enfin) renouer avec son passé (simplement) heavy. (cT2010)
TRACKLISTING
  1. Do You Like It? 03:05
  2. Brutal and Effective 03:13
  3. Love Me in Black 04:49
  4. Pain 04:19
  5. Tausend mal gelebt 04:37
  6. Terrorvision 02:27
  7. I Don't Care 03:43
  8. Kiss Me Good-Bye 04:54
  9. I Want You Back 04:51
  10. Long Way Home 05:05
  11. Barracuda (Heart cover) 03:10
  12. Poison Arrow 03:57
  13. Prisoner of Love 04:29
  14. Like an Angel 04:15
TOTAL RUNNING TIME 56:54





LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Machine II Machine (1995)

Polygram - 6/10

Savez-vous à quoi reconnaît-on le talent ? Sans doute (entre autre) à la capacité précieuse de sauver sa peau quoiqu’il arrive. Démonstration avec le Machine II Machine de Doro.

Après s’être imposée comme une des rares femmes à pouvoir rivaliser avec les hommes au sein de la chapelle Heavy durant les années 80, puis prouver qu’elle pouvait exister par elle-même grâce à ses premières aventures en solitaire, la chanteuse allemande surprend tout le monde en gravant en 1995 ce cinquième opus aux traits volontairement modernes, lourds et indus. Cet alliage curieux aurait pu aboutir à une réussite, pourquoi pas ? Ce n'est pas tout à fait le cas.

Est-ce à dire que Machine II Machine est honteux ? Que nenni ! Inégal, trop long et maladroit, en revanche, oui. Prolongeant, après Angels Never Die, sa collaboration avec le producteur Jack Ponti, Doro fait aussi appel à Kevin Shirley (Dream Theater, Iron Maiden), tandis que le bassiste Greg Smith, qui participe la même année au Stranger In Us All d’un Rainbow reformé, la seconde pour l’écriture sur la majorité des titres.

Si certaines chansons dégagent une puissance incontestable, citons par exemple les premières salves ("Tear It Up", l’hypnotique "Ceremony", probablement l’une des meilleures du lot, "Are They Coming For Me", dont les accents arabisant et la mélodie rappelleront le "Kashmir" de Led Zeppelin), cependant que "Don’t Mistake For Love" honore le pur Hard-Rock auquel la belle nous a habitué, d’autres, par contre, sont moins heureuses, tels que les lourdingues "Machine To Machine", "Love Is The Thrill" ou le remix technoïde de "Ceremony" par ses compatriotes de Die Krupps, avec lesquels elle enregistre le complément de cet album, Machine II Machine : Electric Club Mix, EP publié quelques mois plus tard qui, comme son nom l'indique, la voit tâter franchement du bidouillage industriel.

Au moins, reconnaissons à Doro une liberté mêlée d’une vraie sincérité dans sa démarche au moment où certaines de ses concurrentes rentrent leurs griffes soit en suivant les modes (Lita Ford avec Black), soit en se noyant dans la soupe (Lee Aaron, Robin Beck). Peut-être est-ce pour cette raison que, malgré la réussite pour le moins mitigée de cette cuvée, la chanteuse conserve un charme et un talent intactes, à l’aise aussi bien dans le registre agressif ("Like Whiskey Straight") que dans celui de la ballade ("In Freiheit Stirbt mein Here").

Disque aujourd’hui oublié, comme le démontre son absence depuis longtemps lors des concerts de la Teutonne, Machine II Machine n’est pas totalement mauvais mais déçoit et ouvre une période moins glorieuse tant d’un point de vue artistique que commercial pour sa génitrice, baisse de régime et d'inspiration que confirmera Love Me In Black trois ans plus tard. (cT2010)

TRACKLISTING
  1. Tie Me Up 04:59
  2. The Want 06:30
  3. Ceremony 04:56
  4. Machine II Machine 05:01
  5. Are They Coming for Me 04:38
  6. Can't Stop Thinking About You 04:19
  7. Don't Mistake It for Love 04:22
  8. Desperately 04:58
  9. Love is the Thrill 04:06
  10. Light in the Window 04:24
  11. Welcome to the Tribe 03:25
  12. Like Whiskey Straight 04:38
  13. In Freiheit stirbt mein Herz 05:42
  14. Ceremony (Rattlesnake Bite mix) 05:05
TOTAL RUNNING TIME 62:02






LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Doro Live (1993)

Polygram - 7.5/10

Ce premier témoignage live de Doro ne couronne pas alors seulement ses quatre premières années en solo mais l’ensemble de sa carrière depuis les années Warlock, dont elle n’a pas manqué de récupérer l’héritage, jusqu'à Angels Never Die. Au total donc, un répertoire déjà bien garni, riche de huit disques, qu’elle honore sur les routes en 1993, moment où elle décide de laisser cette trace scénique aussi bien visuelle que sonore puisqu'une VHS est également mise sur le marché.

De fait, Doro Live peut à la fois être considéré comme un premier bilan pour la jeune femme en même temps que la fin d’un second chapitre en cela qu’il ferme la période la plus glorieuse de sa trajectoire, la suite représentée par Machine II Machine (1995) et Love Me In Black (1998) ne connaîtra pas en effet la même réussite tant artistique que commerciale, avant de renouer néanmoins avec une certaine forme de succès, plus européen qu’américain cette fois-ci, à partir de l’album Calling The Wild (2000).

Avec ses 17 pistes, ce live, capturé en Allemagne les 6 et 7 octobre 1993, semble posséder des allures de best of déguisé. Pourtant, il n’en est rien… ou du moins pas tout à fait. Ainsi, alors que certains albums n’ont droit qu’à la portion congrue, ce qui est regrettable dans le cas de Doro par exemple ou du galop d‘essai de Warlock, respectivement représenté par les seuls "Only You" (une reprise qui plus est, aussi géniale soit-elle !) et "Burning The Witches", True As Steel se voit carrément écarté, ce qui est moins grave vu sa médiocrité, tout comme Force Majeure, ce qui l'est bien davantage.

Triumph And Agony, en revanche, se taille la part du lion - comme c’est encore le cas aujourd’hui - avec quatre citations ("I Rule The Ruins", "Fur Immer"…) cependant que Angels Never Die lui dispute (forcément) la première place en terme de représentation, fort de ses cinq emprunts, dont la ballade "Alles ist Gut". Le reste se compose de titres plus rares, à l’image de "Children Of The Night", issu du single Bad Blood.

Ceci étant dit, Doro Live se révèle être le juste reflet de qu’est la chanteuse à cet instant de sa carrière. Il montre tout le chemin que l’Allemande a alors déjà parcouru depuis ses débuts en 1983 à Düsseldorf. Qui a cette époque aurait pu croire que cette petite blonde s’imposerait comme la déesse du Heavy-Metal dont elle demeure une des plus dévouée ambassadrice encore aujourd’hui ? Cet instantané est une leçon quand bien même quelques grands titres manquent à l'appel ("Alive" par exemple). (cT2010)

TRACKLISTING
  1. I Rule the Ruins 04:09
  2. Hellbound 02:42
  3. Only You (Kiss cover) 04:31
  4. Bad Blood 04:13
  5. So Alone Together 05:24
  6. Fall for Me Again 04:24
  7. Für Immer 06:02
  8. Metal Tango 04:03
  9. Let's Rock Forever 02:20
  10. Eye on You 02:56
  11. All We Are 05:22
  12. Enough for You 04:57
  13. I Am What I Am 02:43
  14. Whenever I Think of You 04:24
  15. Children of the Night 04:04
  16. Burning the Witches 03:29
  17. Alles ist gut 03:48
TOTAL RUNNING TIME 69:31




LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Angels Never Die (1993)

Vertigo - 8/10

 Nonobstant de réelles qualités de composition, True At Heart a néanmoins pu décevoir de part son aspect trop lisse faisant trop la part belle aux ballades et aux chansons calmes. Publié deux ans plus tard, Angels Never Die restaure l’habile mélange entre puissance et émotion qui avait si bien fonctionné avec la seconde échappée en solitaire de la chanteuse. De plus, le visuel illustré représentant la jeune femme, ainsi que la présence en fin de parcours d’un titre écrit en allemand (ce qui deviendra plus tard un moment obligé sur les derniers albums) tendent également un lien avec le récent passé, celui de Force Majeure.

Ce quatrième opus modèle donc son menu sur les deux premiers succès de Doro, le groupe. Groupe ? Il est difficile à l’époque de le considérer comme tel, la belle faisant appel à chaque fois à de nouveaux partenaires, qu’il s’agisse des producteurs ou des musiciens. Angels Never Die ne déroge pas à la règle. Après Gene Simmons et Barry Beckett, Doro s’associe au duo formé par Jack Ponti (avec le lequel elle collaborera également sur Machine II Machine en 1995) et Vic Pepe, tandis qu’elle recrute de nouveaux mercenaires pour l’accompagner, dont le bassiste Nick Douglas, le seul à être encore à ses côtés aujourd’hui !

Ces changements de personnels pourraient nuire à la qualité du projet. Au contraire, Doro semble bien puiser à chaque fois dans ce sang frais, l’inspiration nécessaire. Avec sa collection de brûlots imparables et séduisants, Angels Never Die le démontre. Il s’agit ni plus, ni moins de l’une des plus grandes réussites, artistiques surtout, de Doro. C’est le retour des hymnes comme on les aime : « Eye On You », où sa voix reconnaissable entre mille fait d’entrée des merveilles, « Bad Blood » et ses riffs lourds, « Cryin’ » ou « All I Want ».

Les ballades, quant à elles, balisent toujours le menu sans être par ailleurs trop envahissantes. Du reste, la plupart sont très belles, du sombre « Born To Bleed » au poignant « Enough For You », de « So Alone Together » à « Don’t Go » sans oublier bien entendu « Alles Ist Gut », qui voit donc la blonde recourir à sa langue natale, choix sinon courageux au moins étonnant à une époque où il était encore impensable, surtout pour un groupe populaire, de chanter autrement qu’en anglais. Titre très bon au demeurant bien qu’un peu à part et gorgé de feeling, « Last Day Of My Life » déroule un canevas plus lent, après une entame légèrement bluesy.

Angels Never Die est donc un beau succès pour Doro, confirmé par la publication d'un premier enregistrement live quelques mois plus tard. C’est pourtant aussi peut-être son dernier grand disque avant longtemps. Machine II Machine, en effet, en larguant les amarres vers une musique plus synthétique et expérimentale ouvrira une période moins heureuse sur un plan commercial pour la jeune femme… (cT2010)



TRACKLISTING
  1. Eye On You 03:07
  2. Bad Blood 04:09
  3. Last Day Of My Life 05:33
  4. Born To Bleed 04:24
  5. Cryin' 03:55
  6. You Ain't Lived (Till You're Loved To Death) 04:04
  7. So Alone Together 05:41
  8. All I Want 03:44
  9. Enough For You 05:03
  10. Heaven With You 04:49
  11. Don't Go 05:53
  12. Alles ist gut 03:35
TOTAL RUNNING TIME 53:53








LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - True At Heart (1991)

Vertigo - 7/10

Force Majeure et plus encore Doro, ont démontré que l’Allemande pouvait exister par elle-même, en tant qu’artiste à part entière et pas seulement comme la chanteuse de Warlock, groupe sympathique bien que néanmoins sans génie particulier. Suite au succès de son deuxième album en solo qui l’a vue collaborer, excusez du peu, avec Gene Simmons, Doro aurait pu prolonger cette heureuse association pour True At Heart.

Mais, éprise de liberté et préférant donc tenter de nouvelles rencontres, elle fait appel cette fois-ci à Barry Beckett pour tenir le rôle de producteur exécutif et l’aider à mettre sa voix au service d’une musique selon son cœur. Vu le pedigree plus maintream que métal du bonhomme (Joe Cocker, Joan Baez, Bob Dylan...), ce choix a certainement déterminé en grande partie la couleur de cette troisième galette qui, tout en confirmant le virage plus lisse emprunté par son aîné, entraîne la blonde vers des rivages plus délicats. Plus mous, diront les mauvaises langues.

La multiplication, non pas des pains mais des ballades (plus de la moitié de la tracklist tout de même !) témoigne de l’aspect plus intime de True At Heart. On pourrait le regretter, estimant qu’un registre plus nerveux sied davantage à la belle. Ce n’est pas faux. Mais outre le fait qu’elle a prouvé par le passé que les ambiances plus posées peuvent également lui réussir, que l’on songe au superbe "Without You" (sur Burning The Witches ou le sobre "Beyond The Trees" (Force Majeure), ces chansons qui parsèment le menu de ce disque se révèlent plutôt convaincantes.

Ainsi, des perles épurées telles que "The Fortuneteller", "Even Angels Cry", "Fall For Me Again", le bouleversant "With The Wave Of Your Hand", ou "Gettin Nowhere Without You", strié de notes de saxophone, illustrent une autre facette plus soft, moins hard, de Doro, dont on aurait aimé, il est vrai, qu’elle privilégie ses penchants pour un métal plus musclé. Ce qu’elle fait cependant avec une belle – mais limitée - collection de cartouches destinées à ses fans : "Cool Love", le magnifique "You Gonna Break My Heart" (l’Everest de l’album), "Hear Me", ainsi que dans une moindre mesure "Heartshapped Tattoo", au tempo assez lent.

Livre ouvert sur son cœur, True At Heart est un bon disque dans la longue carrière de la metal queen dont le seul défaut réside en réalité dans la trop grande place faite aux ballades, aussi touchantes soient-elles, ainsi qu'aux mid-tempo, au détriment des titres plus heavy. Ceux-ci du reste ne se hissent pas tout à fait au niveau des hymnes passés, hormis "You Gonna Break My Heart". Angels Never Die, son successeur, corrigera en partie ce déséquilibre... (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Cool Love 03:45
  2. You Gonna Break My Heart 03:42
  3. Even Angels Cry 04:47
  4. The Fortuneteller 05:15
  5. Live It 04:12
  6. Fall for Me Again 04:12
  7. Heartshaped Tattoo 03:45
  8. With the Wave of Your Hand 04:52
  9. Hear Me 03:44
  10. I'll Make It On My Own 04:07
  11. Gettin' Nowhere Without You 04:20
  12. I Know You by Heart 05:03
TOTAL RUNNING TIME 51:44





LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Doro (1990)

Vertigo - 8/10

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ.

En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes collabore à l’écriture de plusieurs morceaux alors qu’une reprise de son légendaire groupe se glisse dans le menu. C’est l’excellent « Only You » (extrait de Music From The Elder).

Avec un tel soutien de poids et une équipe de mercenaires pour l’accompagner (dont Paul Morris qui jouera plus tard dans Rainbow ou le batteur Chris Frazier), comment cet album aurait pu être mauvais ? De fait, également produit par Tommy Thayer (alors guitariste de Black ’N’ Blue et futur membre de Kiss d’ailleurs !) et Pat Regan, une des rares personnes à s’entendre avec Ritchie Blackmore, il s’impose comme une des pierres angulaires de la carrière de sa chanteuse.

Avec bonheur et talent, elle coule, son identité dans une plastique plus FM, moins heavy peut-être, malgré le lourd « Something Wicked This Way Comes ». Des brûlots tels que « Broken », « Mirage » ou « Unholy Love » illustrent cette orientation. Ceci étant dit, Doro reste fidèle à la cause métallique dont elle est l‘incontestable déesse. Elle ne perd pas son temps à chanter des guimauves - les ballades y sont rares et belles ( « I’ll Be Holding On ») - et prouve que l’homme a la langue démesurée n’a pas limé ses griffes. Ses performances superbes sur « I Had Too Much To Dream », « Rock On » et plus encore sur le fabuleux « Alive », certainement un de ses meilleurs titres, sont autant de preuve d’une puissance vocale et d’un charisme intacts.

Meilleur que son prédécesseur, l'album connait un grand succès, ce qui conforte l'Allemande dans sa décision de mener sa barque à sa guise. Dommage que True At Heart, gravé l’année suivante avec une bande de musiciens totalement renouvelée, n’ait pas totalement transformé l’essai. (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Unholy Love 04:42
  2. I Had Too Much to Dream 04:04
  3. Rock On 03:18
  4. Only You (Kiss cover) 04:21
  5. I'll Be Holding On 05:22
  6. Something Wicked this Way Comes 05:15
  7. Rare Diamond 03:35
  8. Broken 04:46
  9. Alive 04:14
  10. Mirage 04:01
TOTAL RUNNING TIME 43:38





LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Force Majeure (1989)

Polygram - 7.5/10

Premier album publié en solo, Force Majeure tient un rôle particulier dans la discographie de Doro en cela qu’il fait office de transition avec son précédent groupe. En 1987, alors qu’il publie son quatrième opus, Triumph And Agony avec le succès que l’on sait, Warlock n’est déjà plus ce qu’il était à ses débuts. De la formation d’origine, la jeune femme, qui s'est très vite imposée au détriment de ses compagnons, est la seule à être encore présente et la musique, au départ très heavy, a peu à peu dérivé vers des rivages plus mélodiques et FM.

Le groupe aurait pu survivre à cette évolution, mais privé du droit de conserver le nom Warlock à cause de leur ex-manager, Doro grave donc en 1989 ce qui aurait pu être le successeur de Triumph And Agony, ce qui explique pourquoi Force Majeure est sorti, à l'instar également de la compilation Rare Diamonds, sous la double bannière Doro + Warlock La présence du batteur Bobby Rondinelli (ex Rainbow), du bassiste Tommy Henriksen et du songwriter Joey Balin, ainsi que le visuel proche graphiquement de l'ultime opus cité plus haut, témoignent qui plus est de cette parenté évidente.

Ce rappel historique exposé, penchons-nous donc sur cette rondelle qu’il est permis de considérer comme une des pierres angulaires de la carrière de la sympathique et charismatique teutonne, qui reste tout de même une des rares femmes à jouir d’une telle aura dans le monde du métal. Il comprend en effet de très bons titres qui poursuivent la direction entamée par le testament de son ancienne formation vers une « américanisation » du son (et du look !), ce que l’album suivant, Doro, fera bien plus que confirmer.

Etonnamment, le menu débute par une reprise du standard de Procol Harum, "A Whiter Shade Of Pale", que la belle revisite avec une réussite certaine, reprise qui deviendra par la suite un des classiques de son répertoire. Suivent ensuite douze chansons originales, parmi lesquelles il faut citer le lourd "Save My Soul", le plus rapide "World Gone Wild", "Cry Wolf" et "Hellraiser", sans oublier "Hard Times".

Doro se fend aussi de plusieurs ballades qui fond mouche, ce qui ne sera pas toujours le cas par la suite : "Mission Of Mercy", assez musclée tout de même, "River Of Tears", enrobée de lignes acoustiques, et surtout le très beau et sobre, bien que court, "Beyond The Trees", où la blonde, accompagné d’un piano, transpire l’émotion.

On comprend pourquoi Force Majeure, rapidement disque d'or en Allemagne, demeure plus de vingt ans après sa sortie, un des albums préférés des fans. (cT2010)


TRACKLISTING
  1. A Whiter Shade of Pale 03:49
  2. Save My Soul 03:47
  3. World Gone Wild 03:54
  4. Mission of Mercy 03:57
  5. Angels With Dirty Faces 03:59
  6. Beyond the Trees 02:28
  7. Hard Times 03:32
  8. Hellraiser 04:57
  9. I Am What I Am 02:35
  10. Cry Wolf 04:47
  11. Under the Gun 03:49
  12. River of Tears 03:55
  13. Bis aufs Blut 00:36
TOTAL RUNNING TIME 46:05



LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Fear No Evil (2009)

AFM - 7.5/10 - MySpace

Bien sûr, on ne présente plus Doro, grande dame du heavy metal, sympathique, sincère et intègre qui depuis 25 ans, comme nous le rappelle le dernier titre de son nouvel opus, avec Warlock puis en solo, donne sa vie pour la musique et pour ses fans toujours aussi fidèles qui lui vouent, à juste raison, un culte. Après un léger passage à vide au milieu des années 90, à sa décharge, période il est vrai peu propice au metal, la reine est revenu en force avec l’album Calling The Wild en 2000.

Arrivant trois an après un Warrior Soul de bonne mémoire, Fear No Evil est sa nouvelle contribution à la cause qu’elle défend depuis donc si longtemps. C’est un album classique, à l’ancienne. On en connaît la recette : une poignée d’hymnes à reprendre lors des festivals d’été, quelques ballades, dont au moins une dans la langue maternelle de la chanteuse (ici « Herzblut », plutôt bonne d’ailleurs), des soli là où il faut et quand il faut et la voix, cette voix au grain si particulier que l’on chérit tant, cette voix généreuse immédiatement reconnaissable. On connaît la recette donc mais c’est parfois agréable justement de se sentir rassuré, de savoir ce que l’on va trouver.

Sans doute un peu en deçà de son prédécesseur, Fear No Evil reste un disque d’honnête facture. Je passerai sur le banal « The Night Of The Warlock » et sur le tube immédiat « Celebrate », qui réunit les copines de Doro (Angela Gossow, Floor Janssen, Sabina Classen etc…) et dont j’ai déjà parlé lors de la sortie du EP du même nom. L’intérêt de ce dixième album est ailleurs, dans le très bon « Running From The Devil », l’ultra heavy « Caught In A Battle », le puissant « On The Run », la ballade particulièrement réussie « Walking With The Angels » qui permet à la Teutonne de former un duo (formule qu’elle apprécie beaucoup) avec l’ex Nightwish Tarja Turunen. L’imparable « Long Lost For Love » et surtout le plus original « 25 Years », sorte de bilan en forme de power-ballad mid-tempo chargée d’une grande émotion, complètent ce tableau des plus honorables.

Album de plus dans la longue carrière de Doro peut-être, mais Fear No Evil devrait sans mal séduire tous les fans de la belle. C’est bien là le principal. Après tout, on ne demande pas à Doro de changer la face du metal, de révolutionner le genre, mais bien de maintenir en vie une certaine forme de tradition qui ne perdure encore quasiment qu’en Allemagne, sans pour autant sombrer dans le ridicule à la Manowar. C’est là toute la force de la chanteuse : porter haut le flambeau d’une musique aux règles bien définies sans patauger dans la parodie au premier degré. Doro, je t’aime… (14.02.09)


TRACKLISTING
  1. The Night Of The Warlock 05.43
  2. Running From The Devil 03.36
  3. Celebrate 04.54
  4. Caught In A Battle 03.09
  5. Herzblut 04.39
  6. On The Run 04.41
  7. Walking With The Angels 04.54
  8. I Lay My Head Upon My Sword 03.36
  9. It Kills Me 04.28
  10. Long Lost For Love 03.26
  11. 25 Years 04.47
TOTAL RUNNING TIME : 47.44

DORO

Allemagne Origine
Heavy Metal Genre
1989 Formation
MySpace









Disco
Hard Times (1989/EP)
Force Majeure (1989)
Doro (1990)
True As Heart (1991)
Angels Never Die (1993)
Doro Live (1993/Live)
Machine II Machine (1995)
Machine II Machine : Electric Club Mixes (1995/EP)
Love Me In Black (1998)
Calling The Wild (2000)
Fight (2002)
Let Love Rain On Me (2004/EP)
Classic Diamonds (2004/Compilation)
Warrior Soul (2006)
Celebrate (2009/EP)
Herzblut (2009/EP)

Blog Archive

Chroniques à venir :
The Dreamside - Lunar Nature, Ayin Aleph - II, Antrabata - Dark & Bright, Brainstorm - Just High No Lows, Klaus Schulze - La vie électronique 4, Losing Scarlet - Losing Scarlet, Be'lakor - Stone's reach, The Last Embrace - Aerial, Makajodama - S/T, Caprice - Six Secret Words, Dark Sanctuary - S/T, Wedingtoh - Candlelight, Charred Walls Of The Damned - S/T ...
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