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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : BEYON-D-LUSION - First Step To the Source (2004)

Adipocere - 7/10

Avant de publier ce qui demeure à ce jour son unique trace discographique longue durée, Intuispection, Beyon-D-Lusion gravait en 2004 First Step To the Source, première étape, comme son nom le suggère de l’édification de ce temple qui bénéficia à l’époque de la grandissante - bien qu’assez modeste – popularité de Furia, dont Mehdi Kadouj est le guitariste. 

Fruit du duo composé, outre ce dernier, de la chanteuse Alexandra Bernard, cette carte de visite nous dévoile un projet au potentiel qui saute déjà aux oreilles, sorte de The Gathering de l’âge d’or à la française mais non dépourvu d’une personnalité à chercher notamment dans les influences arabisantes qui se lisent autant dans certaines lignes vocales de la jeune femme que dans le visuel ou parfois au détour d’une harmonie, d’une atmosphère. 

Beyon-D-Lusion propose donc un gothic metal à la fois lourd et écrasé par le soleil, à l’image des puissants « Destitution »  et « Into the Maze », que l’on retrouvera sur Intuispection. Autre qualité, et pas des moindres, à noter, l’émotion qui jaillit d’une jolie plainte telle que « Oriens (Ruins and Rise) », espèce de ballade hypnotique, assez courte, aux orchestrations discrètes et où Alexandra déploie tout son talent. 

Etonnamment, Frist Step To the Source se révèle peut-être même supérieur à son successeur, dont le menu sera grevé par quelques compositions plus anecdotiques. Alors que là, en seulement quatre morceaux, Beyon-D-Lusion  dessine un univers déjà séduisant, efficace et envoûtant. C’est professionnel, jamais vulgaire. Dommage vraiment que le groupe, bien qu’il ne soit pas officiellement dans la tombe, est, semble-t-il, totalement disparu des écrans radars. Gageons qu’il aurait pu, sans doute avec plus de moyens que Adipocere ne pouvait en fournir, s’imposer comme un meilleur défenseurs d’un genre dont il restait un des rares acteurs en France. (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Destitution 04:22
  2. Out Of My Grasp 03:03
  3. Into The MaZe 02:40
  4. Oriens (Ruins And Rise) 03:02
TOTAL RUNNING TIME 13:07



INDICA - A Way Away (2010)

Nuclear Blast - 8.5/10

Si pour les fans de Nightwish, Indica n’est pas une formation inconnue puisqu’elle a assuré la première partie de ses tournées 2007 et 2009 (dont les dates françaises avec Pain) et que sa chanteuse a enregistré avec ses aînés le single Erämaan Viimeinen, version finlandaise du titre « Last of the Wilds, extraits de Dark Passion Play, les autres en revanche n’ont probablement jamais entendu parler de ce groupe pourtant très célèbre aux pays des mille lacs, popularité qui s’est construite depuis 2002 et déjà cinq albums.

Seulement voilà, malgré un contrat avec le géant Sony/BMG, ces cinq demoiselles peinent à faire franchir à leur musique les frontières de leur pays. A cela une raison évidente : le recours au finnois dans un registre, la pop, saupoudrée d’une légère couche de metal, dont la norme demeure l’anglais, freine une reconnaissance internationale qui serait amplement méritée.

Bien décidée à passer à la vitesse supérieure, cette charmante équipe entièrement féminine, ce qui n’est pas (plus) si fréquent, a donc rassemblé tous les atouts dans son corset le lui permettant. Une signature chez Nuclear Blast en constitue un premier, indice également quant à une direction musicale moins facile, plus dure (tout est relatif bien entendu). Abandonner la langue natale pour celle de Shakespeare en est un second. Enfin, faire appel une deuxième fois après Valoissa en 2008, au cerveau de Nightwish, Tuomas Holopainen comme producteur, en constitue un dernier, et pas des moindres.

Agglomérant d’anciens titres réarrangés, A Way Away réunit de fait toutes les chances de son côté pour toucher un public plus large qui devrait être séduit par cette pop glacée que rehaussent quelques guitares assez lourdes et des orchestrations où se lit (trop ? ) clairement la signature de Tuomas. Il suffit d’écouter les néanmoins remarquables « Islands of Light », « As If » ou l’entame de « Children of Frost », pour s’en convaincre. Le mimétisme est troublant et pourra gêner.

S’il a gagné en impact et en accessibilité, Indica paraît donc avoir perdu en identité et en charme peut-être car le chant en finnois loin de rebuter, pouvait séduire, un peu à la manière des Norvégiens de Lumsk, dans un registre ceci dit très différent. C’est dommage car Holopainen avait d'avantage su pour Valoissa préserver la personnalité des jeunes femmes.

Ce bémol mis à part, il convient de reconnaître l’excellence de ce sixième palet de givre. Certes éloignées du metal pur et dur, ces chansons envoûtantes et froides à la fois font rapidement leur trou, grâce à une puissance mélodiques incontestables (« In Passing », « Scissor, Paper, Rock », « Straight and Arrow »…) et à la voix adorable de Jonsu et son accent qui ravisse les sens.

A Way Away est un sans faute dont on ne voit pas comment il ne pourrait pas apporter à ses auteurs le large succès tant convoité. Mais par la suite, il leur faudra peut-être rompre les liens qui les lient à Nightwish, soutien de poids certes mais aussi (légère) entrave à une identité pourtant riche qui se suffit très bien à elle-même. Les albums précédents, tout aussi bons, l'ont prouvé. (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Islands of Lights 03:03
  2. Precious Dark 03:50
  3. Children of Frost 05:21
  4. Lilja's Lament 05:55
  5. In Passing 03:44
  6. Scissor, Paper, Rock 04:29
  7. A Way Away 05:05
  8. As If 03:32
  9. Straight & Arrow 03:29
  10. Eerie Eden 07:54
TOTAL RUNNING TIME : 46:30







LA CAVE DE CHILDERIC THOR : LUNATICA - New Shores

Napalm Records - 6/10 - MySpace

On peut au moins leur accorder deux choses, à ces petits Suisses. Tout d'abord d'avoir été là quasiment dès le début. Le début de quoi ? Celui de toute cette scène appelée faute de mieux metal à chanteuse, gothico symphonique, véritable auberge espagnole où se côtoient tout et n'importe quoi. Lunatica est ainsi sur le marché depuis 1998 et a déjà accouché dans une certaine indifférence de trois efforts, avant ce New Shores qui scelle du reste l'alliance entre le groupe et le label opportuniste Napalm Records, ce qui devrait lui offrir une meilleure lisibilité auprès du public.

Deux choses, annonçais-je en guise d'introduction. La seconde donc, est de savoir éviter la vulgarité dans laquelle pataugent bien trop de troupes officiant dans le même créneau, telle que Forever Slave pour ne citer qu'un seul exemple. Non, Lunatica aime le bon goût et ça fait plaisir. Il tresse un metal gothic et légèrement symphonique d'honnête facture, bien qu'un peu trop propre et léché pour lui permettre réellement de s'extraire du bataillon de la série B dans lequel il végète.

Néanmoins, c'est carré, bien produit par Sascha Paeth et le guitariste Marc Torretti surprend même parfois agréablement en décochant quelques soli plutôt inspirés ("Into The Dissonance"). Comme toujours dans le genre, l'impact du groupe est grandement déterminé par sa chanteuse, clé de voûte de l'édifice... ou pas. Andrea est ma foi un charmant brin de voix, à défaut d'être original et personnel. Et quand elle se prend, timidement certes, à durcir un peu le ton ("The Incredibles"), le résultat est assez convaincant. D'ailleurs c'est bien lorsque Lunatica s'abreuve davantage à la source du metal progressive plutôt que dans celle en voie de tarissement du pompeux sympho, qu'il tire (légèrement) son épingle du jeu. Le musclé "The Chosen Ones" le prouve, avec ces claviers qui évoquent (de loin toutefois) les premières heures de Dream Theater.

Et s'il manque encore à ses géniteurs cette science de l'hymne immédiat qui s'accroche à la mémoire comme une moule à un rocher, New Shores aligne cependant une poignée de compos des plus agréables : le très bon morceau éponyme, "Two Dreamers", "The Day of The Falcon Dies" et sa longue entame ou bien encore "My Hardest Walk", rehaussé d'un bon final. D'autres titres en revanche sombrent un peu trop dans la facilité ("Heart Of A Lion" ou la ballade "Winds Of Heaven").

Tout ça est à peu près aussi surprenant que Sarkozy à une réunion du MEDEF mais les amateurs de jolies voix et de mélodies ad oc devraient se laisser séduire par Lunatica, qui a toutefois encore du chemin à parcourir avant de pouvoir prétendre un jour chatouiller sur leur trône les ténors que sont Within Temptation, Epica et autre Nightwish. (CT 09)

TRACKLISTING
  1. New Shores 05.19
  2. Two Dreamers 04.19
  3. How Dit It Come To This 03.56
  4. The Incredibles 03.55
  5. My Hardest Walk 05.59
  6. Farewell My Love 04.22
  7. The Chosen Ones 05.17
  8. Heart Of A Lion 03.52
  9. Into The Dissonance 04.11
  10. Winds Of Heaven 03.52
  11. The Day The Falcom Dies 05.00
TOTAL RUNNING TIME : 50.02

LUNATICA

Suisse Origine
Gothic Metal Genre
1998 Formation
MySpace





Disco
Atlantis (2001)
Fables & Dreams (2004)
The Edge of Infinity (2006)
New Shores (2009)

KRYPTERIA - My Fatal Kiss (2009)

Roadrunner - 7.5/10 - MySpace

Dans toute cette masse pas toujours très digeste du gothic metal à chanteuse à tendance sympho ou pas, il est bien difficile de séparer le bon grain de l'ivraie ! Défendu par quelques têtes de gondoles telles que Within Temptation, After Forever (R.I.P.), Evanescence (?) ou Lacuna Coil, une kyrielle de traine-savates à l'inspiration en berne pollue tellement ce genre à la mode que l'on finit désormais par prendre peur lorsque débarque un nouvel album estampillé "metal à chanteuse".

Pourtant, la chapelle peut encore révéler de bonnes surprises et My Fatal Kiss en est une. A vrai dire, on s'en doutait déjà. Pourquoi ? Parce qu'un groupe qui choisit comme visuel une image au saphisme à peine suggéré ne peut de toute façon pas être foncièrement mauvais. Parce que Kryperia a déjà quelques bons albums dans sa besace. Parce qu'il est mené par une jeune femme d'origine asiatique dont le charme n'a d'égale que la tessiture d'une voix qui n'est parfois pas sans rappeler celle de Cristina Scabbia. Parce que les Allemands ont compris qu'une belle vitrine ne suffit pas et qu'avoir dans son stock de la marchandise de bonne qualité est indispensable pour fidéliser la clientèle.

Encadrées par des arrangements soignés sans être trop pompeux, les treize chansons qui remplissent My Fatal Kiss forment une collection séduisante. Chaque titre possède quelque chose qui le rend mémorable : un refrain superbe ("Ignition" riche en ambiances et tube en puissance), des touches electro ("My fatal Kiss"), un souffle opératique ("For You'll Bring The Devil Down") et des lignes vocales soulignées par des falaises rythmiques ("The freak In me").

Krypteria oscille entre morceaux pêchus et ballades heureusement inspirées - telles que le très Within Temptation "God I Need Someone" - mais préfère tout de même les premiers. Le meilleur du lot est certainement "Why Did You Stop The World From Turning" qui débute de manière doucereuse avant de décoller vers des rivages plus musclés. Sa partie instrumentale, basée sur des notes de piano et un solo de six cordes, témoigne de la capacité de ses géniteurs à transcender, certes trop timidement, un genre par trop verrouillé par des codes qu'il traine comme un boulet.

Vous l'aurez donc compris, My Fatal Kiss s'avère être une très bonne pioche pour qui aime le style, car pleine de fraicheur et de bonnes idées. Il ne faudrait pas que cet album soit noyé parmi le flot de productions médiocres que le gothic metal avec une paire de seins inonde à tout bout de champ. Krypteria mérite mieux. (cT2010)

TRACKLISTING
  1. Ignition 04:45
  2. My Fatal Kiss 03:08
  3. Why Did You Stop The World From Turning 06:03
  4. For You I'll Bring The Devil Down 03:31
  5. Deny 04:55
  6. The Freak In Me 05:38
  7. Never Say Die 04:33
  8. Dying To Love 03:13
  9. Shoot Me 03:40
  10. God I Need Someone 03:42
  11. Now (Start Spreading The Word) 04:34
  12. Headfirst Into A Sea Of Flames (Bonus Track) 04:00
  13. Too Late, Game Over & Goodbye (Bonus Track) 04:10
TOTAL RUNNING TIME 47:42

KRYPTERIA

Allemagne Origine
Gothic Metal Genre
2004 Formation
MySpace








Disco
Krypteria (2003/Compilation)
Liberatio (2005)
In Medias Res (2005)
Evolution Principle (2006/EP)
Bloodangel's Cry (2007)
Somebody Save Me (2007/EP)



LA CAVE DE CHILDERIC THOR : MORTAL LOVE - All The Beauty ... (2002)

Massacre Records - 7.5/10 - MySpace

Nouveau venu sur la scène gothic metal à chanteuse, Mortal Love nous vient de Norvège et All The Beauty… est son premier essai. Et autant, son origine géographique ne peut que sauter aux oreilles du connaisseur (cette mélancolie glacée ce désespoir semblent envelopper quasiment tous les groupes nés dans ce pays balayé par le froid et la pluie), autant on ne se rend jamais compte qu’il ne s’agit là que des débuts de jeunes musiciens. 

Déjà aguerris, ils maîtrisent parfaitement leur metal gothic, efficace, mélodique, superbe, comme si All The Beauty… était l’enfant d’une longue lignée d’albums. La grande force du groupe réside à la fois dans son aisance à pondre de merveilleuses chansons, dont certaines (“ All The Beauty ”, “ In The Sun ” et surtout le douloureux et néanmoins magnifique “ I Want To Die ” lequel, du haut de ses presque 10 minutes, représente l’Everest de cette cuvée séminale, avec le plus court “ Mortally Beloved ”, qui l’achève), plus ambitieuses dans leur approche du genre ; et aussi dans le charme évident que possède la voix de sa chanteuse, la délicieuse Cat. 

Suave, cristalline, tragique, d’une pureté quasi virginale, elle dessine et souligne avec délicatesse un univers musical d’une grande tristesse. La jeune femme, comme très souvent dans ce style, porte quasiment à elle toute seule l’album sur ses épaules, même si les gars qui l’accompagnent abattent un boulot tout à fait solide. “ Hate To Feel ”, par exemple, est conduit par des riffs entêtants de toute beauté. Il n’empêche. nos sens sont surtout braqués sur cette charmante Norvégienne. 

On est pas loin du chef-d’œuvre, et il faudra donc suivre Mortal Love de près, de très près même… (cT)


TRACKLISTING
  1. All the Beauty 06:13
  2. Crave Your Love 03:11
  3. Beautiful One 06:10
  4. Falling for You 05:20
  5. In the Sun 06:10
  6. Hate to Feel 06:01
  7. I Want to Die 09:51
  8. Mortally Beloved 05:22
TOTAL RUNNING TIME 48:18

MORTAL LOVE

Norvège Origine
Gothic Metal Genre
2000 Formation
MySpace








Disco
I Have Lost... (2005)
Forever Will Be Gone (2006)

LEAVES'S EYES - Njord (2009)


Napalm Records
7.5/10











Et si Liv Kristine par l'entremise de son propre drakkar qu'elle a mis à la mer en 2003 suite à son limogeage de Theatre Of Tragedy, avait inventé un nouveau genre, le gothic pagan, qu'elle est d'ailleurs la seule, avec sa soeur Carmen (Midnattsol) à honorer ?

Pourquoi pas en effet car plus les années passent et plus la jeune femme semble désireuse de replonger dans ses racines nordiques, de glorifier sa terre natale, ses paysages majestueux et ses légendes. Vinland Saga fut la première étape de cette évolution, le EP Legend Land, la seconde. Troisième album de Leaves' Eyes, Njord, qui conclut une année bien remplie pour ses auteurs, enfonce encore le clou, véritable déclaration d'amour pour les territoires nordiques.

Toujours accompagnée par les musiciens du groupe de son mari, Atrocity et lui-même, également du voyage, Liv y confirme aussi sa place, parmi les premières, du metal à chanteuse grâce à un sens de l'écriture et des arrangements indéniables ("The Holy Bond"). Les Norvégiens s'y entendent pour composer de vrais hymnes ("My Destiny") à la fois intimistes ("Emerald Island", "Morgen Land") et valeureux ("Through Our Veins") sans la moindre baisse de régime ou d'inspiration.

S'ouvrant sur des teintes celtiques charmantes bien que téléphonées ("Scarborough Fair", l'excellent "Irish Rain"), Njord enrichi encore la palette avec laquelle le groupe peint des tableaux recouvert de givre et sentant bon les forêts éternelles. Plus épique que ses aînés, plus grandiose ("Njord", "Ragnarok" malgré son intro par trop pompeuse), louchant parfois vers la musique cinématique (le très beau "Froya's Theme"), il couvre de vastes étendues sur lesquels souffle la voix puissante et fragile à la fois de Liv, dont on regrettera qu'elle soit parfois (ce qui est encore trop) soulignée par celle, caverneuse, de son Alex Krull de mari qui n'apporte pas grand chose si ce n'est une impression de déjà-entendu.

Dommage car, aérien et épuré, le chant de la belle se suffit largement à lui-même et n'a pas besoin de grognements masculins pour gagner en relief ! Les compositions non plus d'ailleurs, théâtre sophistiqué d'un metal gothique racé et gracieux finalement assez personnel.

Encore une jolie réussite à mettre à l'actif de Leave's Eyes et surtout de sa maîtresse des lieux. Et, encore une fois, on voit mal comment ses anciens employeurs, le malchanceux (ils l'ont bien cherché) Theatre Of Tragedy pourrait lui faire de l'ombre et ce, pourtant en dépit d'un nouvel opus, Forever Is The World, aussi bon que Njord, bien que très différent. (cT)

TRACKLISTING
  1. Njord 06:14
  2. My Destiny 04:13
  3. Emerald Island 05:24
  4. Take The Devil In Me 03:51
  5. Scarborough Fair 04:04
  6. Through Our Veins 03:40
  7. Irish Rain 04:01
  8. Northbound 04:23
  9. Ragnarok 05:11
  10. Morgenland 02:54
  11. The Holy Bond 03:41
  12. Frøya's Theme 08:20
  13. Landscape Of The Dead (bonus track) 04:36
  14. Les champs de lavande (bonus track) 02:41
TOTAL RUNNING TIME 63:17

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Norvège/Allemagne Origine
Pagan Gothic Metal Genre
2003 Formation
MySpace
Disco
Lovelorn (2004)
Elegy (2005/EP)
Vinland Saga (2005)
Legend Land (2006/EP)
We Came With The Northern Winds (2009/Live-DVD)
My Destiny (2009/EP)
Njord (2009)



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