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PLEBEIAN GRANDSTAND - How Hate Is Hard To Define (2010)

Basement Ape Industries - 7/10

"How Hate Is Hard To Define", premier crachat après le EP "The Vulture’s Riot", des Français de Plebeian Grandstand, est une démonstration, celle qu’il ne faut jamais rester sur une (mauvaise) impression initiale.

Le déflorage de cette éruption de rage laisse de fait une image de bouillie sonore sans queue ni tête. Se farcir ces neuf titres en à peine plus de trente minutes d’un hardcore énervé, relève de l’exploit pour qui aime les jolies mélodies. Ceci étant dit, à force de multiplier les écoutes, celles-ci perdent peu à peu leur allure de supplice. L’œuvre, tsunami fiévreux aux airs de révolte, de manifeste, prend forme, dévoile alors ses entrailles et ce qu'elle a dans le ventre. Et derrière cette brutalité organique et laide, qui confine presque à la folie furieuse, finit par jaillir une beauté souterraine en même temps qu’un désespoir poisseux.

Etouffant et sévère peut-être, néanmoins le groupe sait tout de même se pauser le temps d’un court instrumental, "Pie In The Sky", d’un calme (faussement) salvateur. Trente minutes donc et pourtant "How Hate Is Hard To Define" semble en durer le double tant ses géniteurs maîtrisent l’art du maillage ultra dense. Ces morceaux de haine, projetés contre un mur de sang par une batterie explosive et par un chanteur qui dégueule ses boyaux à chaque parole prononcée (?) sont tendus, taillés à vif dans une chair de laquelle suinte un sentiment d’inexorabilité profonde, traits crépusculaires qui arriment Pleibeian Grandstand au doomcore suffocant. Le monstrueux "Easy To Hate / Hard To Define" en témoigne notamment, tout comme le titanesque "Don’t Expect Much From The World’s End", que lacèrent de lourdes décélérations mortifères.

Soyez-en sur, il en faut du talent pour vomir un maelström de négation, de nihilisme, de cette trempe sans pour autant perdre en cohésion. C’est le cas des Français qui insufflent une violence hallucinante à un genre pourtant peu avare en sauvagerie, et se vident avec "How Hate Is Hard To Define", d’un premier jet maîtrisé de bout en bout dont on sort exsangue, sur les rotules, mais heureux, non pas qu’il soit terminé mais de l’avoir découvert. Comme quoi, il faut toujours insister... (cT2010)

TRACKLISTING
  1. Kata Ton ΔAimona Eaytoy 01:37
  2. Ordo Aa Chao' 02:58
  3. Nice Days Are Week 03:54
  4. Mein Kopf Ist Meine Heimat 03:54
  5. Esy To Hate / Hard To Define 06:06
  6. Pie In the Sky 02:09
  7. Don't Expect Much From the World's End 06:20
  8. Are You Angry [...]  03:54
  9. [...] Or Boring ? 04:52
TOTAL RUNNING TIME 35:44

OCTOBER FILE - Our Souls to You (2010)

Candlelight - 9/10 - MySpace

Souvenez-vous, c’était en 2007, le grand public se prenait une claque monumentale en découvrant le Holy Armour From The Jaws Of  God bombe hardcore à l’anglaise usinée par October File. Le quatuor avait déjà pourtant pas mal bourlingué avec, dans sa besace, deux premiers méfaits et plusieurs EPs. Il est évident que l’appui apporté par Candlelight n’est alors pas pour rien dans cette explosion commerciale. Mais pas seulement, car ces gars ont avant tout du talent à revendre ce qui leur permet de développer une vision très personnelle du hardcore.

Ce sont aussi des hommes de goût. Faire appel à Paul Raven, défunt bassiste de Killing Joke et Ministry pour produire "Holy Armour…" le prouve. La présence cette fois-ci du Christ du métal indus britannique, Justin Broadrick derrière la console, également. L’ex-Goadflesh, loin de polir le son du groupe, lui a au contraire conféré une croûte ferrugineuse épaisse et sale idéale. Toutefois, le fruit de cette association ne peut être admiré (ou pas) que sur le second disque, la version officielle étant celle habillée par John Mitchell.

Un mot sur les musiciens, tous au taquet. La batterie déclenche des rouleaux desquels émerge toujours la basse vrombissante de Steve Beatty ("Dredge" ). Si le guitariste Matt Lerwill coule des riffs telluriques et heavy ("September"), socles granitiques massifs sur lequel s’élève ce bloc de matière brute, c’est surtout le chanteur Ben Hollyer qui s’impose comme le grand vainqueur de ce quatrième album. Sa voix, comme frottée avec du papier de verre, en constitue l’arc-boutant écorché et désespéré à la fois. L’homme donne tout ce qu’il a dans le sang et dans les tripes à travers des textes engagés fustigeant le pouvoir politique.

October File sculpte un hardcore minéral étouffant mais toujours dynamique et particulièrement élaboré. S’il reste plutôt accessible (l’imparable "Falter"), il n’en demeure pas moins un concentré de rage et de tension épidermique, à l’image des deux premières embuscades, véritables rouleaux-compresseurs, "Crawl" et "Corporate Evasion", dont n’espérez pas qu’elles fassent de prisonniers. Un crachat tel que le court (2 minutes au garrot) "Public Display Of Anger", témoigne que les Anglais sont toujours des jeunes gens en colère.

Toutefois, c’est bien lorsqu’ils se lancent dans une croisade plus épique et démesurée qu’ils dévoilent tout leur potentiel, n’ayant alors pas peur d’étirer leurs compositions en de longs développements jouissifs. "Dredge", le diptyque instrumental (ou presque) éponyme et "Love Is (A Warm AK 47)" forment ainsi des bunkers lourds et rampants absolument gigantesques.

Grâce à Our Souls To You, October File affirme encore un peu plus sa maîtrise et annihile franchement toute concurrence. Puissance, inventivité et beauté définissent ce chef-d’œuvre livré par un groupe qui possède une identité qui n’appartient qu’à lui. Dans le genre, mais pas uniquement, un des meilleurs disques de l’année ! (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Crawl 03:21
  2. Corporate Evasion 04:15
  3. Falter 04:19
  4. Dredge 09:49
  5. Eau du War 04:26
  6. Our Souls to You (part I) 07:06
  7. A Public Display of Anger 02:03
  8. Isolation 05:27
  9. September (Just Another Surrender) 05:15
  10. Love is (A warm AK47) 08:35
  11. Our Souls to You (part II) 07:22
TOTAL RUNNING TIME 61:57

OCTOBER FILE

Royaume-Uni Origine
Hardcore Genre
2004 Formation
MySpace








Disco
Long Work on a Short Pier (2004)
How to Lose Friends and Alienate People (2004/EP)
Monuments (2005)
Hallowed be Thy Army (2006/EP)
Holy Armours from the Jaws of God (2007)
Another Day (2007/EP)

BURST


Suède Origine
Hardcore/Progressive Genre
1993 - 2009 Formation
MySpace



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