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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DARKEST ERA - The Journey Through Damnation (2008)

Eyes Like Snow - 7.5/10 - MySpace

Eyes Like Snow, l’une des sous-divisions du respectable label germanique Northern Silence s’est donné pour mission de ne signer que des groupes honorant ces chapelles complémentaires que sont le pur doom metal et le heavy. Jeune formation né en 2005 dont un de ses membres a participé à Waylander (Ade Mulgrew), Darkest Era, qu’il ne faut pas confondre avec son (presque) homonyme black metal Darkestrah, entre dans la seconde catégorie.

Mais attention, on ne parle ici de heavy façon true metal comme les aciéries teutonnes en usinent des palettes entières avec un chanteur qui s’est coincé les couilles dans sa braguette, non on parle de grand heavy metal, épique et sombre. Avec en sus ce son granitique, âpre qui témoigne de l’origine géographique du groupe : l’Irlande battue par les vents et par une histoire tourmentée, sanglante et passionnée.

The Journey Through Damnation, premier mini album du quintet, livre quatre titres superbes et majestueux, teinté de couleurs celtiques disséminées avec parcimonie. « The Morrigan » ouvre le bal d’une manière redoutable, porté par un vocaliste dont le chant suinte un profond désespoir.

Plus réussis encore, les longs « Visions Of The Dawn » et « Another World Awaits » lorgnent parfois vers l’aîné Primordial, pour cette façon qu’ont les instruments (la batterie notamment) de tricoter des espaces, des instants figés dans le temps. Les chœurs sont grandioses, les guitares, grises et minérales, belles à en pleurer et les influences celtiques, à l’image des verts et humides paysages qui ont vu naître le groupe. L’écoute s’achève (déjà !) sur le puissant « In The Crest Of Doom », émaillé d’arpèges veloutés tandis que les grattes taillent des harmonies à la Maiden.

Il va sans dire que j’attends désormais avec une impatience non feinte une suite qui, si elle se révèle à la hauteur de The Journey Through Damnation plein de promesses, devrait logiquement imposer Darkest Era comme une valeur sûre. Déjà détenteur d’une personnalité évidente et généreuse, le groupe le mérite. (cT)

TRACKLISTING
  1. The Morrigan 05.24
  2. Visions Of The Dawn 07.12
  3. Another World Awaits 06.12
  4. On The Crest Of Doom 06.19
TOTAL RUNNING TIME 25.07

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DARK FOREST - S/T (2009)

Eyes Like Snow - 7.5/10 - MySpace


Le vénérable Tortsen du non moins vénérable Northern Silence aime le heavy metal, le pur, le vrai, pas celui qui se fait appeler true metal commis par des guerriers armés d’un glaive en plastique loué au magasin de farces et attrapes du coin. Avec Eyes Like Snow, il ne signe que des groupes de doom metal et des mecs qui sont restés bloqués dans les années 80 et sur les premiers Maiden (les meilleurs pour beaucoup).

Dark Forest est anglais, il vient de rejoindre son écurie. Et on comprend pourquoi car ces quatre mecs sont des musiciens selon son cœur : jeans moule-bite, baskets, un chanteur à la voix haut perchée qui se coince même parfois les couilles dans sa braguette et surtout une première gorgée (après deux EP) au goût prononcé de Iron Maiden période Paul Di Anno. Vous estimez que Steve Harris n’a rien fait de mieux depuis son Killers alors Dark Forest devrait sans mal se faufiler en vous et trouver une place bien au chaud entre vos cuisses.

Ecoutez l’épique « Excalibur », pour vous faire une idée ou bien l’instrumental qui suit, « Hollow Hills ». Des harmonies de guitares identiques, des mélodies ad hoc. Le mimétisme est parfait. Un peu comme Wolf, ces rosbifs ont l’air d’être des oubliés de la NWOBHM que l’on découvrirait trente ans après, des zicos congelés et ramenés à la vie longtemps après.

Dark Forest a peut-être le regard rivé sur le rétroviseur mais il sait qu’aujourd’hui, une bonne production est essentielle et celle-ci se veut donc à la fois actuelle, pas trop datée et avec cette petite touche vintage. Le groupe a de fait trouvé la bonne recette, respectueuse du son de l’époque bénie, la couche de poussière en moins.

Certains crieront à la photocopie éhontée (ce n’est pas faux) mais je préfère parler d’hommage à l’encontre de musiciens qui savent composer de bonnes chansons. C’est bien là le principal. Sans aucun temps mort, Dark Forest aligne les morceaux de bravoure qui font taper du pied en éclusant des bières. « The Battle Of Badon Hill », « Pipes Of Pan », « The Wrekin Giant » : que des brûlots jubilatoires qui fond du bien. Avec en sus, ce sens du premier degré voulu et revendiqué (« Fight For Metal ») qui sait pourtant éviter la parodie à la Manowar.

Les paroles ne sont sans doute pas très sérieuses mais les mecs, eux, ne rigolent pas avec leurs instruments. Décontractés, ils s’y entendent pour toujours décocher des riffs bien sentis dans la grande tradition du genre.
Un bon disque, vraiment, d’un heavy metal à l’ancienne qui ne se prend pas la tête. Bénéficiant de moins de promotion que d’autres, ces Anglais méritent qu’on leur donne leur chance. Essayer Dark Forest, c’est l’adopter… De toute façon, je ne peux que vous inviter à acheter les yeux fermés tout ce qui sort de l’usine allemande Eyes Like Snow : vous ne serez (pour l’instant) jamais déçu ! (cT)

TRACKLISTING
  1. The Battle Of Badon Hill 4.08
  2. Pipes Of Pan 4.10
  3. The Wizard Of Alderley Edge 4.02
  4. Dyed In Crimson 3.57
  5. Excalibur 8.26
  6. Hollow Hills 4.27
  7. Fear Dearg 3.41
  8. The Wrekin Giant 7.38
  9. Fight For Metal 3.55
  10. Dark Forest 5.05
TOTAL RUNNING TIME : 49.29

RITUALS OF THE OAK - Hour Of Judgement (2009)

Eyes Like Snow - 8/10 - MySpace

Pour faire dans le raccourci, il existe trois manières d'unir doom et chant féminin. La première est celle initiée par Paradise lost avec Gothic, recette reprise par la suite par tous les groupes à chanteuse façon  Theatre Of Tragedy et consorts. La seconde arpente une voie plus atmosphérique avec des lignes vocales plus épurées. Les premiers The 3rd And The Mortal ou Ava Inferi l'ont notamment suivie. Et puis, il y en a une troisième, plus roots avec une chanteuse plus heavy que Castafiore du dimanche. C'est cette dernière possibilité que Rituals Of The Oak honore, et avec brio. Bref, un peu comme Serpentcult ou JexToth mais avec une réussite plus évidente. 

Né seulement en 2009 en Australie,  Rituals Of The Oak est la réunion de musiciens issus de Transcending Mortality et Kimaera. Ensemble il grave tout d'abord une démo dont les deux pistes ouvrent ce premier album longue durée. On y croise un true doom épique  miné par une inexorabilité absolue. Le fuselage sonore est à limage d'une plastique vierge d'effets gratuits ou de gimmiks superflus : simple et vintage sans sonner non plus datée. 

Portée par le chant superbement désespéré de Sabine Hamad, "Hour Of Judgement" est une longue pièce de souffrance qui progresse d'une manière lancinante sans que jamais le moindre break ou accélération ne viennent briser une trajectoire en ligne droite. Au contraire même, plus le titre avance vers son issue plus  Rituals Of The Oak s'enfonce dans des méandres insondables. 

Plus court, "Drown the Wood in Blood" dévoile un petit bijou de heavy doom. Sa colonne vertébrale repose sur des rifts qui laissent de profondes crevasses dans la mémoire tandis que les lignes vocales de  la jeune femme sont délicieuses. Puis les australiens renouent avec "Standing in the House of Suffering" avec le métal léthargique. En intro, une basse tout en rondeur ouvre la porte vers une descente dans les profondeurs. Plus lyrique, le chant de Sabine semble abriter tout la souffrance du monde. Magnifique. En toute logique, le groupe décide de plaquer un titre aux allures de marche funèbre pour faire mourir l'écoute avec le bien nommé "The Spell Of Doom". Presque une déclaration, mieux une profession de foi.

Rituals Of The Oak développe une façon finalement plutôt personnelle du doom, à la fois classique, épique et granitique, même s'il parait évident que sa singularité, il la doit avant tout à la voix de sa chanteuse, heavy et ruisselant néanmoins une forme de fragilité ("Childhood's End"). Toutefois on ne saurait minimiser le travail des trois autres musiciens dont les interventions drainent tout autant ce sentiment de fatalité inexpugnable qui sourde de cette musique grise et douloureuse. 

Une dimension quasi religieuse imprègne ce disque destiné à devenir une référence pour tous les fidèles de la déesse doom. (cT)


TRACKLISTING
  1. Hour of Judgement 12:49
  2. Drown the Wood in Blood 05:46
  3. Standing in the House of Suffering 08:01
  4. Childhood's End 07:22
  5. The Spell of Doom 12:26
TOTAL RUNNING TIME 46:24

BIENTOT DANS LES BACS : WHEEL + HOUR OF 13





A signaler chez Eyes Like Snow (Northern Silence), deux publications importantes pour tous les amoureux  de la déesse doom : le premier album longue durée de Wheel et le second des Américains Hour Of 13, baptisé The Ritualist. Tous les deux pressés en cd et vinyle, ils devraient être dans les bacs vers la fin février.





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The Dreamside - Lunar Nature, Ayin Aleph - II, Antrabata - Dark & Bright, Brainstorm - Just High No Lows, Klaus Schulze - La vie électronique 4, Losing Scarlet - Losing Scarlet, Be'lakor - Stone's reach, The Last Embrace - Aerial, Makajodama - S/T, Caprice - Six Secret Words, Dark Sanctuary - S/T, Wedingtoh - Candlelight, Charred Walls Of The Damned - S/T ...
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