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SPIRITUAL BEGGARS - Return To Zero (2010)



Sans remettre en question les qualités certaines d’Arch Enemy, on a tout de même l’impression que Spiritual Beggars a été sacrifié au profit de l’autre groupe de Mike Amott, qui a explosé en 2001 avec le recrutement de la furieuse Angela, faisant de lui le principal port d’attache du guitariste alors que depuis le milieu des années 90, les deux projets cohabitaient tranquillement. Grâce à la triplette Another Way To Shine (1996), Mantra III (1998) et Ad Astra (2000), Spiritual Beggars rencontrait même davantage de succès qu’un Arch Enemy certes respecté mais à la notoriété encore modeste. La situation s’est donc inversée et c’est bien dommage...

Sans doute lassé que le groupe soit relégué au rang de simple concubine que l’on besogne à intervalles irréguliers, JB (chant) a décidé cette année de quitter le van après seulement deux opus du feu de dieu (les fabuleux On Fire et Demons) pour se consacrer à son Grand Magus qui d’ailleurs le vaut bien. Etonnamment, c’est vers Apollo Papathanasio (Firewind notamment) que le choix de Spiritual Beggars se porte pour remplacer celui qu’on compare, excusez du peu, à Dio et David Coverdale. S’il était permis de trouver cette décision curieuse, ces doutes sont très vite balayés par la très belle tenue de route de Return To Zero.

Ni retour en arrière à l’époque où l’ogre Spice tenait le micro et la basse, même si le son assez gras peut y faire penser, ni photocopie des deux disques précédents, cette septième offrande se situe en fait entre les deux, à la fois lourde et sabbathienne (« Lost in Yesterday», le pesant "Chaos of Rebirth") et nourrie au grand Hard Rock de l’école Ritchie Blackmore (on pense beaucoup à Rainbow et au Whitesnake de la fin des années 70).

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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Doro Live (1993)

Polygram - 7.5/10

Ce premier témoignage live de Doro ne couronne pas alors seulement ses quatre premières années en solo mais l’ensemble de sa carrière depuis les années Warlock, dont elle n’a pas manqué de récupérer l’héritage, jusqu'à Angels Never Die. Au total donc, un répertoire déjà bien garni, riche de huit disques, qu’elle honore sur les routes en 1993, moment où elle décide de laisser cette trace scénique aussi bien visuelle que sonore puisqu'une VHS est également mise sur le marché.

De fait, Doro Live peut à la fois être considéré comme un premier bilan pour la jeune femme en même temps que la fin d’un second chapitre en cela qu’il ferme la période la plus glorieuse de sa trajectoire, la suite représentée par Machine II Machine (1995) et Love Me In Black (1998) ne connaîtra pas en effet la même réussite tant artistique que commerciale, avant de renouer néanmoins avec une certaine forme de succès, plus européen qu’américain cette fois-ci, à partir de l’album Calling The Wild (2000).

Avec ses 17 pistes, ce live, capturé en Allemagne les 6 et 7 octobre 1993, semble posséder des allures de best of déguisé. Pourtant, il n’en est rien… ou du moins pas tout à fait. Ainsi, alors que certains albums n’ont droit qu’à la portion congrue, ce qui est regrettable dans le cas de Doro par exemple ou du galop d‘essai de Warlock, respectivement représenté par les seuls "Only You" (une reprise qui plus est, aussi géniale soit-elle !) et "Burning The Witches", True As Steel se voit carrément écarté, ce qui est moins grave vu sa médiocrité, tout comme Force Majeure, ce qui l'est bien davantage.

Triumph And Agony, en revanche, se taille la part du lion - comme c’est encore le cas aujourd’hui - avec quatre citations ("I Rule The Ruins", "Fur Immer"…) cependant que Angels Never Die lui dispute (forcément) la première place en terme de représentation, fort de ses cinq emprunts, dont la ballade "Alles ist Gut". Le reste se compose de titres plus rares, à l’image de "Children Of The Night", issu du single Bad Blood.

Ceci étant dit, Doro Live se révèle être le juste reflet de qu’est la chanteuse à cet instant de sa carrière. Il montre tout le chemin que l’Allemande a alors déjà parcouru depuis ses débuts en 1983 à Düsseldorf. Qui a cette époque aurait pu croire que cette petite blonde s’imposerait comme la déesse du Heavy-Metal dont elle demeure une des plus dévouée ambassadrice encore aujourd’hui ? Cet instantané est une leçon quand bien même quelques grands titres manquent à l'appel ("Alive" par exemple). (cT2010)

TRACKLISTING
  1. I Rule the Ruins 04:09
  2. Hellbound 02:42
  3. Only You (Kiss cover) 04:31
  4. Bad Blood 04:13
  5. So Alone Together 05:24
  6. Fall for Me Again 04:24
  7. Für Immer 06:02
  8. Metal Tango 04:03
  9. Let's Rock Forever 02:20
  10. Eye on You 02:56
  11. All We Are 05:22
  12. Enough for You 04:57
  13. I Am What I Am 02:43
  14. Whenever I Think of You 04:24
  15. Children of the Night 04:04
  16. Burning the Witches 03:29
  17. Alles ist gut 03:48
TOTAL RUNNING TIME 69:31




LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Angels Never Die (1993)

Vertigo - 8/10

 Nonobstant de réelles qualités de composition, True At Heart a néanmoins pu décevoir de part son aspect trop lisse faisant trop la part belle aux ballades et aux chansons calmes. Publié deux ans plus tard, Angels Never Die restaure l’habile mélange entre puissance et émotion qui avait si bien fonctionné avec la seconde échappée en solitaire de la chanteuse. De plus, le visuel illustré représentant la jeune femme, ainsi que la présence en fin de parcours d’un titre écrit en allemand (ce qui deviendra plus tard un moment obligé sur les derniers albums) tendent également un lien avec le récent passé, celui de Force Majeure.

Ce quatrième opus modèle donc son menu sur les deux premiers succès de Doro, le groupe. Groupe ? Il est difficile à l’époque de le considérer comme tel, la belle faisant appel à chaque fois à de nouveaux partenaires, qu’il s’agisse des producteurs ou des musiciens. Angels Never Die ne déroge pas à la règle. Après Gene Simmons et Barry Beckett, Doro s’associe au duo formé par Jack Ponti (avec le lequel elle collaborera également sur Machine II Machine en 1995) et Vic Pepe, tandis qu’elle recrute de nouveaux mercenaires pour l’accompagner, dont le bassiste Nick Douglas, le seul à être encore à ses côtés aujourd’hui !

Ces changements de personnels pourraient nuire à la qualité du projet. Au contraire, Doro semble bien puiser à chaque fois dans ce sang frais, l’inspiration nécessaire. Avec sa collection de brûlots imparables et séduisants, Angels Never Die le démontre. Il s’agit ni plus, ni moins de l’une des plus grandes réussites, artistiques surtout, de Doro. C’est le retour des hymnes comme on les aime : « Eye On You », où sa voix reconnaissable entre mille fait d’entrée des merveilles, « Bad Blood » et ses riffs lourds, « Cryin’ » ou « All I Want ».

Les ballades, quant à elles, balisent toujours le menu sans être par ailleurs trop envahissantes. Du reste, la plupart sont très belles, du sombre « Born To Bleed » au poignant « Enough For You », de « So Alone Together » à « Don’t Go » sans oublier bien entendu « Alles Ist Gut », qui voit donc la blonde recourir à sa langue natale, choix sinon courageux au moins étonnant à une époque où il était encore impensable, surtout pour un groupe populaire, de chanter autrement qu’en anglais. Titre très bon au demeurant bien qu’un peu à part et gorgé de feeling, « Last Day Of My Life » déroule un canevas plus lent, après une entame légèrement bluesy.

Angels Never Die est donc un beau succès pour Doro, confirmé par la publication d'un premier enregistrement live quelques mois plus tard. C’est pourtant aussi peut-être son dernier grand disque avant longtemps. Machine II Machine, en effet, en larguant les amarres vers une musique plus synthétique et expérimentale ouvrira une période moins heureuse sur un plan commercial pour la jeune femme… (cT2010)



TRACKLISTING
  1. Eye On You 03:07
  2. Bad Blood 04:09
  3. Last Day Of My Life 05:33
  4. Born To Bleed 04:24
  5. Cryin' 03:55
  6. You Ain't Lived (Till You're Loved To Death) 04:04
  7. So Alone Together 05:41
  8. All I Want 03:44
  9. Enough For You 05:03
  10. Heaven With You 04:49
  11. Don't Go 05:53
  12. Alles ist gut 03:35
TOTAL RUNNING TIME 53:53








LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - True At Heart (1991)

Vertigo - 7/10

Force Majeure et plus encore Doro, ont démontré que l’Allemande pouvait exister par elle-même, en tant qu’artiste à part entière et pas seulement comme la chanteuse de Warlock, groupe sympathique bien que néanmoins sans génie particulier. Suite au succès de son deuxième album en solo qui l’a vue collaborer, excusez du peu, avec Gene Simmons, Doro aurait pu prolonger cette heureuse association pour True At Heart.

Mais, éprise de liberté et préférant donc tenter de nouvelles rencontres, elle fait appel cette fois-ci à Barry Beckett pour tenir le rôle de producteur exécutif et l’aider à mettre sa voix au service d’une musique selon son cœur. Vu le pedigree plus maintream que métal du bonhomme (Joe Cocker, Joan Baez, Bob Dylan...), ce choix a certainement déterminé en grande partie la couleur de cette troisième galette qui, tout en confirmant le virage plus lisse emprunté par son aîné, entraîne la blonde vers des rivages plus délicats. Plus mous, diront les mauvaises langues.

La multiplication, non pas des pains mais des ballades (plus de la moitié de la tracklist tout de même !) témoigne de l’aspect plus intime de True At Heart. On pourrait le regretter, estimant qu’un registre plus nerveux sied davantage à la belle. Ce n’est pas faux. Mais outre le fait qu’elle a prouvé par le passé que les ambiances plus posées peuvent également lui réussir, que l’on songe au superbe "Without You" (sur Burning The Witches ou le sobre "Beyond The Trees" (Force Majeure), ces chansons qui parsèment le menu de ce disque se révèlent plutôt convaincantes.

Ainsi, des perles épurées telles que "The Fortuneteller", "Even Angels Cry", "Fall For Me Again", le bouleversant "With The Wave Of Your Hand", ou "Gettin Nowhere Without You", strié de notes de saxophone, illustrent une autre facette plus soft, moins hard, de Doro, dont on aurait aimé, il est vrai, qu’elle privilégie ses penchants pour un métal plus musclé. Ce qu’elle fait cependant avec une belle – mais limitée - collection de cartouches destinées à ses fans : "Cool Love", le magnifique "You Gonna Break My Heart" (l’Everest de l’album), "Hear Me", ainsi que dans une moindre mesure "Heartshapped Tattoo", au tempo assez lent.

Livre ouvert sur son cœur, True At Heart est un bon disque dans la longue carrière de la metal queen dont le seul défaut réside en réalité dans la trop grande place faite aux ballades, aussi touchantes soient-elles, ainsi qu'aux mid-tempo, au détriment des titres plus heavy. Ceux-ci du reste ne se hissent pas tout à fait au niveau des hymnes passés, hormis "You Gonna Break My Heart". Angels Never Die, son successeur, corrigera en partie ce déséquilibre... (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Cool Love 03:45
  2. You Gonna Break My Heart 03:42
  3. Even Angels Cry 04:47
  4. The Fortuneteller 05:15
  5. Live It 04:12
  6. Fall for Me Again 04:12
  7. Heartshaped Tattoo 03:45
  8. With the Wave of Your Hand 04:52
  9. Hear Me 03:44
  10. I'll Make It On My Own 04:07
  11. Gettin' Nowhere Without You 04:20
  12. I Know You by Heart 05:03
TOTAL RUNNING TIME 51:44





LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Doro (1990)

Vertigo - 8/10

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ.

En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes collabore à l’écriture de plusieurs morceaux alors qu’une reprise de son légendaire groupe se glisse dans le menu. C’est l’excellent « Only You » (extrait de Music From The Elder).

Avec un tel soutien de poids et une équipe de mercenaires pour l’accompagner (dont Paul Morris qui jouera plus tard dans Rainbow ou le batteur Chris Frazier), comment cet album aurait pu être mauvais ? De fait, également produit par Tommy Thayer (alors guitariste de Black ’N’ Blue et futur membre de Kiss d’ailleurs !) et Pat Regan, une des rares personnes à s’entendre avec Ritchie Blackmore, il s’impose comme une des pierres angulaires de la carrière de sa chanteuse.

Avec bonheur et talent, elle coule, son identité dans une plastique plus FM, moins heavy peut-être, malgré le lourd « Something Wicked This Way Comes ». Des brûlots tels que « Broken », « Mirage » ou « Unholy Love » illustrent cette orientation. Ceci étant dit, Doro reste fidèle à la cause métallique dont elle est l‘incontestable déesse. Elle ne perd pas son temps à chanter des guimauves - les ballades y sont rares et belles ( « I’ll Be Holding On ») - et prouve que l’homme a la langue démesurée n’a pas limé ses griffes. Ses performances superbes sur « I Had Too Much To Dream », « Rock On » et plus encore sur le fabuleux « Alive », certainement un de ses meilleurs titres, sont autant de preuve d’une puissance vocale et d’un charisme intacts.

Meilleur que son prédécesseur, l'album connait un grand succès, ce qui conforte l'Allemande dans sa décision de mener sa barque à sa guise. Dommage que True At Heart, gravé l’année suivante avec une bande de musiciens totalement renouvelée, n’ait pas totalement transformé l’essai. (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Unholy Love 04:42
  2. I Had Too Much to Dream 04:04
  3. Rock On 03:18
  4. Only You (Kiss cover) 04:21
  5. I'll Be Holding On 05:22
  6. Something Wicked this Way Comes 05:15
  7. Rare Diamond 03:35
  8. Broken 04:46
  9. Alive 04:14
  10. Mirage 04:01
TOTAL RUNNING TIME 43:38





LA CAVE DE CHILDERIC THOR : YNGWIE MALMSTEEN - Angels of Love (2009)

Rising Force Records - 6.5/10

Je débuterai cette chronique par une précision importante : je suis un grand admirateur de Yngwie Malmsteen et non pas un de ses (nombreux) détracteurs. Voilà. Ceci étant dit, il faut bien reconnaître que l'époque où le maestro affolait les compteurs Geiger de la virtuosité et décrochait le titre d'album du mois dans les magazines (comme en 1988 avec Odyssey dans Hard Rock Mag) semble bien loin. Et si durant la seconde moitié des années 90, à partir de Inspiration (1996), il renoua un temps avec celle-ci, ses dernières créations sont en revanche accueillies dans une indifférence totale, exception faite peut-être de Perpetual Flame dont la présence derrière le micro de Tim Owens a pu en intriguer certains.

Ce n'est malheureusement pas ce Angels Of Love vidangé à la va vite qui devrait améliorer sa condition. Pourtant, au départ, cet opus qui voit le Suédois réinterpréter en acoustique, seulement secondé par quelques orchestrations, une poignée de chansons de son répertoire (sans compter un inédit, "Ocean Sonata"), pouvait laisser espérer de bonnes choses. Ce format, plus dépouillé lui aurait permis de laisser la parole à un feeling dont il n'a pas toujours été dépourvu, comme en témoigne ses premières (et meilleures !) offrandes.

Las, Malmsteen se contente trop souvent de placer ses accords sans vraie passion quand bien même il n'en rajoute pas trop pour une fois. Alors certes, l'homme, flamboyant, joue toujours avec une virtuosité évidente, on le savait déjà ; certains titres demeurent de purs bijoux, notamment l'immense "Crying" (sans doute la plus grande réussite de cet album), le superbe "Angels Of Love" ou bien "Memories" et ce "Prelude To April", beau comme un chat qui dort, ça on le savait aussi.

Mais on savait aussi que le guitariste a un penchant pour le mauvais goût, le pompeux de bas étage. Il le prouve à nouveau ici en se sentant obligé d'alourdir l'ensemble par des nappes de claviers qui ne s'imposaient vraiment pas ("Miracle Of Life", "Sorrow") alors que son seul jeu aurait suffit à faire (re)vivre ces compositions. Reste un disque agréable à écouter, un peu mou forcément et bien qu'il soit vierge de toute prise de risque.

Encore une fois, Yngwie donne l'impression de vouloir marcher sur les traces de son éternel mentor, Ritchie Blackmore bien sûr, sans jamais parvenir à son niveau de réussite. Il lui manque cette élégance, cette inspiration dont est pourvu l'Homme en noir. Et la classe surtout.

TRACKLISTING
  1. Forever One / 4.49
  2. Like An Angel / 6.05
  3. Crying / 6.02
  4. Brothers / 6.00
  5. Memories / 4.09
  6. Save Our Love / 6.18
  7. Ocean Sonata / 6.14
  8. Miracle Of Life / 4.31
  9. Sorrow / 2.52
  10. Prelude To April / 4.41
TOTAL RUNNING TIME : 51.41



Y AND T - Facemelter (2010)

Frontiers records - 8/10 - MySpace

Rien n’est jamais terminé. Ce n’est pas Y&T qui dira le contraire. Entamant sa carrière au milieu des années 70 sous le patronyme de Yesterday and Today, le groupe californien connait son heure de gloire lors de la décennie suivante avec une triplette d’albums légendaires (Earthskaker, Black Tiger et Mean Streak) qui lui permettent d’imposer son hard rock plein de feeling ni glam ni outrageux, avant de tout doucement décliner en choisissant de ramollir sa musique. En 1991, c’est la séparation, suivie de deux reformations, la première en 1995, éphémère et sans grand éclat, la seconde en 2001, matérialisée depuis par plusieurs tournées, des recueils de morceaux rares et un Dvd.

Le groupe a tout connu, le succès, l’indifférence et désormais, à l’image de nombre d’autres formations de classic-rock, la fin du purgatoire en bénéficiant de l’intérêt mâtiné de nostalgie pour les dinosaures chez les fans du vieux continent notamment. Ce que l'on peut comprendre, car on en vient parfois à regretter cette époque lointaine où étaient privilégiées les bonnes mélodies, le son propre, les constructions simples. C’est pourquoi nous attendions, sans plus trop y croire, un nouvel opus des Américains. Les concerts, c’est bien, mais nous commencions à avoir soif de nouvelles compositions.

Première galette depuis le sinistre Endangered Species (1997), Facemelter vient donc enfin combler ce vide discographique. Malgré la qualité des performances scéniques offertes par les musiciens et le talent intact du grand Dave Meniketti (chant, guitare), cette douzième cuvée est-elle pour autant à la hauteur des attentes ? La pochette, d’une laideur indigne du groupe, et la banalité des noms de certaines chansons ("Wild Child", "If You Want Me"…) ne sont heureusement pas révélatrices de la teneur de celles-ci. Inutile de tourner autour du pot plus longtemps : Facemelter se pose comme ce que Y & T a livré de plus convaincant depuis très longtemps. Depuis Ten ? Certainement. Depuis Mean Streak ? Peut-être bien. Dès l’efficace "On With The Show", que précède une intro comme au temps de Black Tiger avec "From The Moon" et "Open Fire", les poils se dressent sur les bras. Chanteur et guitariste mésestimé, Meniketti y apparaît plus en forme que jamais. Son solo vitaminé est superbe et digne de l’apogée de son groupe.

Quasiment tous les titres sont des hymnes potentiels, riches de refrains à chantonner sous la douche pour ceux qui se lavent, de mélodies aux petits oignons et de soli racés gorgés de chaleur et de feeling. Comment résister à des perles telles que "How Long", au rythme plutôt lourd, "Shine On", "Wild Child", le dynamique "I’m Coming Home", le véloce "Blind Patriot". Les tempos assez lents sont superbes, comme le démontrent "Don’t Bring Me Down", "Gonna Go Blind", émaillé par les interventions chatoyantes du guitariste, ou bien "Losing My Mind". Comme toujours, l'exploration d'un registre plus émotionnel, exercice qui a toujours réussi au groupe, est rare mais bon, incarné par "If You Want Me".

Toutefois, en dépit de la très bonne tenue de Facemelter, il est cependant permis de douter qu’il suffise à ses auteurs pour renouer avec le succès d’antan. En Europe peut-être, mais sur leur territoire, c’est moins probable. Aujourd’hui, cette musique ne fait plus recette là-bas. Qu’importe: fort d’un line-up solide, soudé et qui prend un évident plaisir à jouer, Y&T se fend de l’album que les fans espéraient : du grand hard rock, légèrement bluesy, enrichi de cette touche si particulière, qui doit beaucoup à la voix chaleureuse et reconnaissable entre mille de son meneur d'hommes. Un retour dans les bacs réussi. (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Prelude, On With the Show 01:38
  2. On With the Show 04:09
  3. How Long 04:25
  4. Shine On 05:00
  5. I Want Your Money 04:42
  6. Wild Child 04:08
  7. I'm Coming Home 05:13
  8. If You Want Me 04:32
  9. Hot Shot 05:04
  10. Blind Patriot 05:08
  11. Don't Bring me Down 04:21
  12. Go Go Blind 04:26
  13. One Life 04:21
  14. Losing My Mind 04:55
TOTAL RUNNING TIME 61:00

Y AND T

USA Origine
Hard Rock Genre
1974 Formation
MySpace









Disco
Yesterday & Today (1976)
Struck Down (1978)
Earthshaker (1981)
Black Tiger (1982)
Mean Streak (1983)
In Rock We Trust (1984)
Open Fire (1985/Live)
Down For the Count (1985)
Contagious (1987)
Ten (1990)
Yesterday & Today - Live (1991/Live)
Musically Incorrect (1995)
Endangered Species (1997)
UnEarthed Vol. 1 (2003/Compilation)
UnEarthed Vol. 2 (2005/Compilation)
One Hot Night (2007/Live - DVD)
Facemelter (2010)


AUDREY HORNE - Audrey Horne (2010)

Indie Recordings - 9/10 - MySpace

Si à ses débuts, il y a maintenant déjà bientôt huit ans, Audrey Horne se présentait avant tout comme un simple projet parallèle prétexte pour quelques mercenaires de la scène noire norvégienne (Ice Dale d’Enslaved et TC King de Gorgoroth surtout) à assouvir leur soif de musique plus mélodique, les années et le succès aidant,  l’ont transformé en un vrai groupe à part entière détenteur d’une signature qui lui est propre. 

Un second disque flamboyant - Le Fol - et des concerts qui ont fait mouche - notamment celui donné en première partie d’Enslaved à Paris en 2008 - expliquent pourquoi cette troisième offrande était attendue comme la nuit et ses promesses humides. La créativité en érection, les Norvégiens reprennent les choses où ils les ont laissées avec l’opus précédent tout en continuant de travailler leur art. 

Comprendre, Audrey Horne n’est pas un Le Fol 2. Les ingrédients sont les mêmes, à savoir ce séduisant dosage entre un metal moderne pêchu et des influences nourries au pur Hard rock des années 70. Mais à cette base, le groupe a l’intelligence de greffer des réminiscences progressives qui, si elles ont toujours été un élément important de sa palette sonore, font cette fois plus que simplement affleurer à la surface. 

De même la présence d’un orgue Hammond comme échappé de la cave de Jon Lord ( Deep Purple), à l’image de celui illuminant « Blaze Of Ashes », ancre franchement cet album dans ces tant fantasmées seventies. D’ailleurs, jamais Ice Dale, probablement une des plus fines lames apparues ces dernières années, n’a sonné aussi proche d’un Ritchie Blackmore. Il suffit d’écouter le magnifique « Firehose » pour s’en convaincre avec ses teintes arabisantes et le solo nerveux qui l’éclabousse. 

Puisque l’on parle des musiciens, il faut à tout prix souligner la performance du chanteur Toschie, à la fois puissant et sexy. Ce mec possède un charisme fou et est pour beaucoup dans le charme et la réussite de cette formation atypique dont les disques donnent la banane et l'envie d’avaler les kilomètres. 

Dans un premier temps moins immédiat que Le Fol car plus complexe, cette rondelle dont le nom éponyme est une manière de montrer ses auteurs tels qu’ils sont, est une collection de titres imparables, véritable travail d’orfèvre. Tous témoignent du souci de construction mélodique qui a guidé le groupe qui alterne avec une classe digne des plus grands les hymnes (« Charon », « Circus«, « Down Like Suicide »…), les fulgurances orgasmiques (« Blaze of Ashes » et son intro du feu de dieu, sans doute de morceau de bravoure de ce menu, ainsi que "Pitch Black Mourning"), et les power ballades (« Sail Away »). 

Encore un sans faute pour Audrey Horne avec cette galette aussi bonne voire même meilleure que sa pourtant remarquable devancière. Avec un tel talent, on se demande tout de même pourquoi les Norvégiens ne sont pas davantage connus en dehors de leurs frontières… Gageons que débarrassé de l’étiquette « metal », ils cartonneraient sur nos ondes… (cT2010)


TRACKLISTING
  1. These Vultures 01:46
  2. Charon 04:26
  3. Circus 03:37
  4. Down Like Suicide 03:58
  5. Blaze Of Ashes 04:46
  6. Sail Away 05:42
  7. Bridges And Anchors 04:40
  8. Pitch Black Mourning 06:16
  9. Firehose 06:10
  10. Darkdrive 05:35
  11. Godspeed 03:37
TOTAL RUNNING TIME 50:33

AUDREY HORNE

Norvège Origine
hard Rock Genre 
2002 Formation
MySpace





Disco
Confessions & Alcohol (2005/EP)
No Hay Banda (2005)
Le Fol (2007)
Audrey Horne (2010)

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : HEAVEN AND HELL - The Devil You Know (2009)

Rhino - 8/10 - MySpace

Les temps changent. Si en 1992, le retour de Ronnie James Dio dans le giron sabbathien n'avait pas excité grand monde, ne permettant pas au dinosaure anglais de stopper sa chute de popularité, seulement de la ralentir un moment, il en va en revanche tout autrement aujourd'hui. Il faut dire aussi qu'à l'époque cela faisait déjà bien longtemps que le groupe n'était plus en odeur de sainteté tandis que le nain venait d'aligner deux albums peu convaincants (Sacred Heart et Lock Up The Wolves).

Désormais Black Sabbath est (re)devenu une entité respectée par tous et chaque opus de Tony Iommi en solo est particulièrement bien accueilli. De fait, tout le monde attendait (espèrait) enfin que l'institution se fende d'une nouvelle pierre à son honorable édifice. Ozzy n'a pas l'air pressé d'y participer. Tant pis pour lui (ou tant mieux plutôt) et comme la carrière de Dio est en panne sèche (il a bien tenté de relancer Rainbow mais Ritchie Blackmore s'en moque), quelle meilleure idée alors que de reformer le line-up du début des années 80 ? Dont acte.

Pour d'obscures raisons (un caca nerveux du père Osbourne ?), Iommi, Dio, Butler et Appice décident de se réunir sous un autre nom, celui de Heaven And Hell, référence évidente au chef-d'oeuvre de 1980. Une tournée pour commencer, immortalisée par un live de qualité, trois titres inédits ensuite pour donner un crédit supplémentaire à l'entreprise et aujourd'hui ce premier album de Black Sabbath depuis Forbidden en 1995.

Bénéficiant d'un son à arracher la tapisserie, The Devil You Know est un peu à la croisée de Dehumanizer, le disque qui scella le premier retour (éphémère donc) de Ronnie dans la formation et des deux essais que le guitariste a gravé avec Glenn Hughes au chant. En plus lourd, beaucoup plus lourd. La six-cordes tellurique du gaucher est la colonne vertébrale de chansons ultra heavy dont la rythmique écrase tout sur son passage. Iommi et Butler érige un blockhaus imprenable, aidé en cela par la frappe pesante de Vinnie Appice. Cet album présente dix titres conformes à ce que l'addition de ces talents est censée offrir. Comment, de toute façon, de tels musiciens pourraient-ils enfanter une oeuvre médiocre ? Ils ont bien trop de métier pour cela. Et surtout, ils possèdent le petit plus qui leur permet de se transcender tout en délivrant ce que les fans attendent. Cette qualité leur évite de sombrer dans le fade, le banal, comme bien trop de vieilles gloires sur le retour qui se contentent bien souvent d'une resuccée de leur passé.

Chaque morceau est un bijou d'écriture magnifié par la voix intacte du grand Dio (Ozzy, Ian Gillan, vous entendez ?), plus puissante que jamais. De l'introductif et magistral "Atom & Evil", nanti d'un refrain qui s'accroche à la mémoire comme les impôts aux contribuables jusqu'au terminal et quasi doom "Breaking Into Heaven", enténébré par le jeu du moustachu, du rampant "Fear" au malsain "Follow The Tears, qui s'ouvrent sur une atmosphère gothique envoûtante sans oublier la montée en puissance "Bible Black", le premier single extrait de ce menu très sombre ou bien encore "Rock & Roll Angel" qui permet à Tony Iommi de se fendre d'un solo beau à vous foutre des frissons (absolument) partout.

Rien à jeter donc. Tout est là : les compos, le talent, la personnalité. La classe. Manque juste un peu plus d'émotion, ce que Glenn Hughes était parvenu à conférer à un Fused que je préfère personnellement à The Devil You Know qui s'impose toutefois comme le meilleur album que Black Sabbath (Heaven & Hell) ait livré depuis très (très) longtemps. Meilleur dans tous les cas que ne le fut Dehumanizer. Espérons juste que cette réunion soit pérenne et dure un peu plus longtemps que la précédente... (cT2009)

TRACKLISTING
  1. Atom & Evil 05.15
  2. Fear 04.48
  3. Bible Black 06.30
  4. Double The Pain 05.25
  5. Rock & Roll Angel 06.25
  6. The Turn Of The Screw 05.02
  7. Eating The Cannibals 03.37
  8. Follow The Tears 06.12
  9. Neverwhere 04.35
  10. Breaking Into Heaven 07.03
TOTAL RUNNING TIME : 54.52

BLACK SABBATH / HEAVEN AND HELL

Royaume-Uni Origine
Heavy Metal/Doom Genre 
1969 Formation
MySpace








Disco (Black Sabbath)
Black Sabbath (1970)
Paranoid (1970)
Master of Reality (1971)
Vol. 4 (1972)
Sabbath Bloody Sabbath (1973)
Sabotage (1975)
Technical Ecstasy (1976)
Never Say Die ! (1978)
Heaven and Hell (1980)
Live at Last (1980/Live)
Mob Rules (1981)
Live Evil (1982/Live)
Born Again (1983)
Seventh Star (1986)
Eternal Idol (1987)
Headless Cross (1989)
Tyr (1990)
Dehumanizer (1992)
Cross Purposes (1994)
Forbidden (1995)
Reunion (1998/Live)
Past Lives (2002Live)
Disco (Heaven And Hell)
Live From City Radio Music Hall (2007/Live)
The Devil You Know (2009)




LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DEEP PURPLE - Slaves and Masters (1990)

BMG - 8/10 - MySpace

L’entente cordiale entre les deux frères ennemis Ritchie Blackmore et Ian Gillan n’aura duré que le temps d’un album (Perfect Strangers, celui qui scella la reformation du dinosaure) et d’une tournée. Dès son successeur, The House Of Blue Light et les concerts catastrophiques qui suivirent dont Nobody’s Perfect fût le témoin malheureux, les tensions resurgissent, aboutissant au départ du chanteur. Visiblement, ces deux-là ne peuvent pas se supporter plus de quatre ou cinq ans d’affilée ! 

Amputés du (plus si) charismatique Gillan, les quatre membres restant décident de faire appel à Joe Lynn Turner, que Blackmore et Glover connaissent bien pour avoir collaboré avec lui sur les trois derniers Rainbow et dont la participation au groupe ( ?) de Yngwie Malmsteen vient de s’achever. De cette mouture éphémère est né Slaves And Masters. 

Ce disque est un paradoxe. D’un côté, il s’agit certainement de l’œuvre des Anglais la plus méconnue avec Come Taste The Band (1975), de la moins considérée également (contrairement à l’opus avec Tommy Bolin, justement réévalué aujourd’hui) et de l’autre pourtant le guitariste la tient pour l’une de ses préférées au sein de la discographie de Deep Purple. Contradictoire ? Pas tellement en fait. Les fans estiment (peut-être à raison) que Turner n’avait rien à faire dans le groupe et ont donc boudé cette unique livraison du mark V jugeant que celle-ci n’affichaient que par trop les couleurs de l’Arc-en-Ciel au détriment du pourpre profond. Désormais seul vrai maître à bord, Blackmore, dont le jeu fin, précis est plus inspiré que jamais, au contraire y offre l’image d’un musicien épanoui car la musique de Rainbow lui sied davantage que celle d’un Deep Purple dont il n’a de toute façon accepté la reformation que pour des raisons financières. De Fait, Slaves And Masters, ombrageux et mélodique, lui ressemble. 

Avec le recul, il faut bien admettre que l’Homme en noir a raison : cette treizième offrande peut être considérée comme la plus grande réussite du géant britannique depuis son retour en 1984. A la croisée de Straight Between The Eyes de Rainbow et de The House Of Blue Light pour ses teintes progressives, cet album déroule un menu en tout point parfait, oscillant entre  échappées lentes et sombres  (le superbe “ King Of Dreams ”, le très beau “ Truth Hearts ”, le long “ Fortuneteller ” et le monumental “ Wicked Ways ”, l’une des pièces les plus progressives jamais composées par le groupe), brûlot bluesy (“ Fire In The Basement), ballade délicate (“ Love Conquers All ”), petit bijou d’écriture (“ Brekfast In Bed ”) et démonstrations de puissance (“ The Cut Runs Deep ” et “ Too Much Is Not Enough ”). 

Prétendre comme certains l’ont fait, que Slaves And Masters aurait pû vendu comme un nouveau Rainbow, est pour le moins réducteur. Certes, du fait, notamment, de la contribution vocale de Joe Lynn Turner, la filiation avec l’Arc-en-Ciel est évidente, pour autant, cela reste du pur Purple. Le son si reconnaissable des claviers de Jon Lord, tout comme la rythmique assurée par Roger Glover et Ian Paice participent de cet ancrage incontestable. Le disque possède donc ces deux visages, Blackmore les cimentant par sa présence ténébreuse. 

Un très grand disque, riche de très bons titres et interprétés avec le talent coutumier de ses géniteurs mais dont la seule erreur (commerciale) a justement été d’être publié sous la bannière pourpre.  (cT2008)

TRACKLISTING
  1. King of Dreams 05:30
  2. The Cut Runs Deep 05:42
  3. Fire in the Basement 04:43
  4. Truth Hurts 05:14
  5. Breakfast in Bed 05:16
  6. Love Conquers All 03:47
  7. Fortuneteller 05:45
  8. Too Much Is Not Enough 04:19
  9. Wicked Ways 06:35
TOTAL RUNNING TIME 46:51

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DEEP PURPLE - Live In London (1982)

EMI - 10/10 - MySpace

Publié à l’origine en 1982 durant sa phase de sommeil qui n’empêcha pas la sortie d’une kyrielle de lives (In Concert en 1980) et de compilations diverses, mais amputé d’une partie du show que le groupe exécuta en 1974 au Gaumont State Theatre Kilburn de Londres, ce live ressort aujourd’hui, dans son intégralité cette fois-ci, c’est-à-dire avec les trente minutes ( !) qu’a duré ce soir-là "Space Truckin" ! Ca sent déjà l’orgasme chez les fans.

Ceux qui estiment (à tort) que la meilleure incarnation purplienne est à chercher du côté du line-up Mark II (avec Gillan et Glover, donc), feraient bien de jeter une oreille sur ce Live In London d’anthologie, qui nous montre une formation alors toute neuve – David Coverdale et Glenn Hughes ne sont là que depuis quelques mois - mais néanmoins insolante de talent et de classe. 

Après sa triomphale tournée américaine, dont le point culimant reste bien entendu le show explosif de la California Jam, le groupe se lance dans un périple européen qui lui permet de fouler de nouveau le sol de la Mère patrie, l’Angleterre. Comparée aux concerts américains, la prestation semble mieux rodée, les deux nouvelles recrues, mieux intégrées et les titres de Burn, album que les musiciens défendent alors sur les routes afin de démontrer, entre autres, que la vie continue même sans Gillan et Glover, davantage maîtrisés. 

En toute logique, ce dernier opus se taille la part du lion, avec pas moins de cinq morceaux sur sept joués. Il tient tellement à cœur au groupe que celui-ci n’a pas peur d’en enfiler quatre extraits à la suite. Si “ Burn ” met comme d’habitude tout le monde d’accord d’entrée de jeu, on se demande quand même ce que fait dans la setlist le banal bien que sympathique “ Might Just Take Your Life ”, single peu marquant auquel on aurait préféré le lent et plus original “ Sail Away ”. Puis le concert suit une courbe ascendante, avec l’imparable “ Lay Down Stay Down ”, le flamboyant “ Mistreated ”, qu’illumine Blackmore et le classique parmi les classiques “ Smoke On The Water ”, que le groupe ne peut pas (plus) ne pas interpréter et qui permet dans sa dernière partie à Glenn Hughes de donner de la voix avec son timbre de feu. 

Le concert s’achève avec le gigantesque “ You Fool No One ”, couplé avec “ The Mule ” (et introduit par “ Lazy ”), le traditionnel solo de batterie de Ian Paice faisant office de lien entre les deux, que Purple transcende de la plus belle des manières au point d’en faire oublier la version studio. Durant un long solo du feu de Dieu, le jeu de Ritchie confine au divin ; il est bien au-dessus de tous les autres branleurs de manche de la planète. Vingt minutes de bonheur qui s’enchainent à la plus longue interprétation connue de “ Space Truckin’ ”, zébré qui plus est de quelques mesures de “ Child In Time ”. 

Deux titres en 50 minutes ! Monstrueux mais symbolique d’une époque où les groupes n’avaient pas peur de se lancer dans ce genre de transgressions, une époque où les musiciens n’hésitaient pas à étirer leurs compos jusqu’à la rupture. Tous le faisaient, mais c’est bien Deep Purple qui réussait le mieux cet exercice tout bonnement inenvisageable aujourd’hui. 

Que dire de plus sur ce Live In London, sinon une brochette d’évidences : le groupe est au sommet de sa forme, Coverdale roucoule comme une bête (son organe atteint le point G durant le magnifique “ Mistreated ”), Hughes s’avère bien plus présent que son prédécesseur, Lord se déchire avec (et sur) ses orgues Hammond, Paice fait le métronome humain. Enfin, Blackmore s’impose comme le plus grand guitariste de tous les temps, comme en témoigne le final dantesque de “ Space Truckin’ ”. Live In London est une démonstration : le Mark III constitue bien l’apogée de Deep Purple. (cT2008)


TRACKLISTING
DISC 1
  1. Burn 07:45
  2. Might Just Take Your Life 05:17
  3. Lay Down Stay Down 05:29
  4. Mistreated 15:28
  5. Smoke on the Water 09:13
DISC 2
  1. You Fool No One 20:22
  2. Space Truckin' 31:02
TOTAL RUNNING TIME 81:36

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DEEP PURPLE - Stormbringer (1974)

EMI - 8.5/10 - MySpace

Stormbringer est une preuve. Oui, une preuve adressée à tous les détracteurs (O combien nombreux) de Ritchie Blackmore, qui se complaisent à ne voir en lui qu’un dictateur et un frein à l’évolution du groupe. 

De tous les albums de Deep Purple auquels le guitariste a participé, Stormbringer se révèle être celui qui porte le moins sa marque, sa griffe. Ainsi, il comporte même deux chansons qu’il n’a pas coécrite (une première !) : les néanmoins superbes “ Holy Man ” et “ Hold On ”, sur lesquelles plane en revanche l’influence, grandissante, du bassiste Glenn Hughes. Certaines des propres compositions de l’homme en noir ont même visiblemet été rejetées ( !) par le reste des troupes ! Contre toute attente, celles-ci figureront au menu du premier Rainbow gravé peu de temps après. 

Toutes ces remarquent démontrent donc bien que Blackmore n’a jamais été le tyran que ses ennemis (tels que Ian Gillan, pour n’en citer qu’un seul) dénoncent. Sinon, comment expliquer le peu de prises qu’il a eu sur la réalisation de cet opus ? Ceci dit, Ritchie en a quand même écrit l’essentiel, dont deux purs joyaux d’émotions – “ The Gypsy ” et “ Soldier Of Fortune ” - lesquels demeurent encore aujourd’hui parmi ses favoris et témoignent en outre qu’il n’est pas uniquement un monstre de vitesse (contrairement à son fils spirituel, Yngwie Malmsteen) mais que son jeu peut être également emprunt d’un feeling grandiose et touchant. Surtout, ses interventions s’avèrent toujours aussi acérées, à l’image de celles perçant le puissant “ Stormbringer ” ou l’entame – typique chez lui – de “ High Ball Shooter ”. 

Bien que moins célèbre que son prédécesseur, Burn, cet album, le deuxième enregistré par le mark III (avec Coverdale et Hughes donc), n’en reste pas moins une œuvre brillante et accrocheuse, groovy en diable, propulsée par une rythmique ronde et véloce. Elle correspond enfin à la période – le milieu des seventies – la plus féconde pour ses géniteurs. Ainsi, Blackmore par exemple, aura, entre la fin de l’année 73 et le début de l’année 75, enfanté la bagatelle de trois disques ! 

Un très grand album qui marquera néanmoins un nouveau tournant dans la carrière de Deep Purple. En effet, corollaire du rôle moindre que le guitariste a (malgré lui) joué dans sa conception, celui-ci ne tardera donc pas à quitter le navire afin de se concentrer (avec le succès que l’on sait) sur une carrière solo naissante. D’accord, Blackmore aime le blues – Burn en est la preuve – mais Stormbringer se pare de couleurs plus soul et funk, dont Glenn Hughes fut le principal instigateur, et qui sont vraiment moins à son goût. Déçu par cette orientation vers laquelle le groupe souhaite de plus en plus se diriger, son départ était donc inévitable… (cT2008)


TRACKLISTING
  1. Stormbringer 04:03
  2. Love Don't Mean a Thing 04:23
  3. Holy Man 04:28
  4. Hold On 05:05
  5. Lady Double Dealer 03:19
  6. You Can't Do It Right (With the One You Love) 03:24
  7. High Ball Shooter 04:26
  8. The Gypsy 04:13
  9. Soldier of Fortune 03:14
TOTAL RUNNING TIME 36:56

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DEEP PURPLE - The Book of Taliesyn (1968)

EMI - 8.5/10 - MySpace

A tort, la première incarnation de Deep Purple connue sous l’étiquette Mark I, est souvent sous-estimée, et les trois albums qu’elle a gravés, méconnus. Pourtant, si le groupe, alors formé autour de l’ossature Ritchie Blackmore / Jon Lord / Ian Paice, complétée par le chanteur Rod Evans et le bassiste Nick Simper, cherche alors encore sa voie entre psychédélisme ambiant et Beatlesmania, il est déjà détenteur d’un sacré potentiel qui ne demande qu’à être exploité, apprivoisé. 
 
Ce que beaucoup ignorent aussi, c’est que le Mark I a rencontré immédiatement un certain succès, notamment grâce au single “ Hush ” et notamment aux Etats-Unis. C’est justement suite aux ventes encourageantes du premier album, Shades Of Deep Purple aux pays de l’Oncle Sam que la maison de disque EMI et ses producteurs incitent le combo a retourné rapidement en studio afin d’avoir une nouvelle galette sous le bras lorsqu’il foulera le nouveau continent pour une tournée programmée durant l’automne 68. 
 
Trois mois ( ! !) à peine après avoir enregistré Shades…, la bande à Blackmore se retrouve pour mettre sur bande une seconde offrande, The Book Of Taliesyn, qui témoigne d’incontestables progrès par rapport à son aîné.Si le style est toujours le même, la musique se parent désormais d’atours symphoniques et baroques, pour un résultat coloré et bariolé. 
 
Cette fois, les musiciens ont privilégié les créations personnelles et on ne retrouve au menu que trois reprises (sur sept titres, c’est encore beaucoup !), souvent transcendées par le brio d’instrumentistes de génie. Le “Kentucky Woman ” de Neil Diamond est zébré par l’orgue de Jon Lord qui cavale de partout ; la cover de Beatles, “ We Can Work It Out ”, est précédée d’une intro superbe ; tandis que le monstreux “ River Deep, Montain High ” de Ike et Tina Turner, se voit enrichi d’une première partie grandiose et baroque, durant laquelle on pent reconnaître le thème de “ Ainsi parlait Zarathoustra ”. 
 
Le moustachu y fait merveille. D’une manière générale, il est l’homme de ce disque, comme le démontre également le très beau “ Anthem ”, qui résonne des notes égrenées par son orgue liturgique ; davantage qu’un Ritchie, toujours en quête de son identité et du Son qui fera plus tard sa renommée. Néanmoins, son jeu sur “Shield ”, sans doute la meilleure composition du lot, porte déjà les germes de son évolution future. Son solo orientalisant annonce presque ceux qu’il délivrera avec Rainbow. On peut penser par exemple à “ Stargazer ” ou à “ Eyes Of Fire ”. Son style est encore embryonnaire mais la filiation est évidente. De même le véloce “ Wring That Neck ”, connu aussi son le nom de “ Hard Road ”, est le théâtre d’interventions acérées de l’homme en noir, écho ravageur aux claviers volubiles de Lord.
 
Des trois essais capturé par le mark I, The Book Of Taliesyn, s’impose peut-être comme le plus abouti. En outre, par son ambiance médiévale, qu’illustre parfaitement la pochette, démontre que la passion (obsession, diront certaines mauvaises langues !) que nourrit aujourd’hui Ritchie Blackmore ne lui est pas venu soudainement, telle une vision divine ; au contraire, il porte cette fascination pour les temps moyenâgeux et renaissance depuis toujours. Il est bon de la rappeler… (cT2008)

TRACKLISTING
  1. Listen, Learn, Read on 04:04
  2. Wring That Neck 05:13
  3. Kentucky Woman 04:44
  4. Exposition / We Can Work It Out 07:07
  5. Shield 06:06
  6. Anthem 06:31
  7. River Deep, Mountain High 10:12
TOTAL RUNNING TIME 43:57

DEEP PURPLE

Royaume-Uni Origine
Hard Rock Genre
1968 Formation
MySpace









Disco sélective
Hush (1968/EP)
Shades of Deep Purple (1968)
Deep Purple (1969)
Concerto for Group and Orchestra (1969)
In Rock (1970)
Fireball (1971)
Machine Head (1972)
Made in Japan (1972/Live)
New, Live & Rare (1973/EP)
Who Do We Think We Are (1973)
Burn (1974)
Come Taste the Band (1975)
New, Live & Rare Vol. 2 (1976/EP)
Made in Europe (1976/Live)
Last Concert In Japan (1977/Live)
In Concert (1980/Live)
New, Live & Rare Vol. 3 (1980/EP)
Perfect Strangers (1984)
The House of Blue Light (1987)
Scandinavian Nights (1988/Live)
Nobody's Perfect (1989/Live)
Knebwoth 85 (1991/Live)
The Battle Rages on (1993)
Live in Japan (1993/Live)
On Stage : Black Night (1994/Live)
On Stage : Child in Time (1994/Live)
On Stage : Highway Star (1994/Live)
Come Hell or High Water (1994/Live)
Deep Purple in Concert (1995/Live)
Live in California 1976 (1995/Live)
Purpendicular (1996)
California Jamming (1996/Live)
Mark III The Final Concerts (1996/Live)
Live at the Olympia '96 (1997/Live)
The Gemini Suite (1998/Live)
Abandon (1998)
Total Abandon - Live in Australia (1999/Live)
Live at the Royal Albert Hall (1999/Live)
Kneel & Pray (2001/Live)
This Time Around (2001/Live)
Inglewood - Live in California 1968 (2002/Live)
Listen Learn Read On (2002/Boxed set)
Gemini Suite Live 1970 (2003/Live)
Live in Stokholm 1970 (2003/live)
Bananas (2003)
Live in Paris 1975 (2004/Live)
Perks & Tit (2004/Live)
Rapture of the Deep (2005)
Live at Montreux (2006/live)
NEC1993 (2007Live)
Live in Denmark 1972 (2007/Live)
Live in Montreux 1969 (2007/Live)
Live Encounters (2009/live)
Space Truckin Round The World Live (2009/Live)

DORO

Allemagne Origine
Heavy Metal Genre
1989 Formation
MySpace









Disco
Hard Times (1989/EP)
Force Majeure (1989)
Doro (1990)
True As Heart (1991)
Angels Never Die (1993)
Doro Live (1993/Live)
Machine II Machine (1995)
Machine II Machine : Electric Club Mixes (1995/EP)
Love Me In Black (1998)
Calling The Wild (2000)
Fight (2002)
Let Love Rain On Me (2004/EP)
Classic Diamonds (2004/Compilation)
Warrior Soul (2006)
Celebrate (2009/EP)
Herzblut (2009/EP)

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