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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : KLAUS SCHULZE - La vie électronique 1 (2009)

Spv - 9.5/10 - MySpace


La vie électronique. Quel titre magnifique donné à cette série de compilations – il devrait y en avoir en quatre en tout – retraçant les premiers pas de Klaus Schulze.

Comme toujours avec ce dernier, le menu proposé frôle l’indigestion : trois disques pour plus de deux et demie de musique ! Ceux qui avaient acheté en 1995 et 2000 les sommes que furent les Historic et Ultimate Edition, peuvent passer leur chemin car la grande majorité des titres qui nous intéressent aujourd'hui y étaient déjà présentés, seule la suite en trois parties « I Was Dreaming I Was Awake And Then I Woke Up And Found Myself Asleep » est inédite. De fait, cette triple ration s’adresse surtout, soit aux inconditionnels qui veulent posséder jusqu’aux miettes jamais entendues, soit à ceux qui doivent encore travailler leur Schulze.

Ce premier volume inaugural offre une plongée, mieux un voyage dans le temps – toutes les pistes ont été capturées entre 1968 et 1972 – fascinante ; une époque où l’Allemand découvre cet instrument au potentiel illimité qu’est le synthétiseur, premiers tâtonnements qui aboutiront à la création de Irrlicht (1972) et de Cyborg (1973) soit deux œuvres parmi les plus arides, les plus difficiles d’accès de leur géniteur. D’ailleurs, si vous êtes de ceux qui ont passé des heures et des heures à naviguer à travers les longues échappées cosmiques de ce dernier, alors je ne saurai trop vous conseiller de rapidement faire l’acquisition de ce premier volet.

En effet, bâties autour d’une myriade de sons électroniques, de modelés liturgiques, d’effluves synthétiques planantes et mystérieuses, ces dix plages (la plupart subdivisés en plusieurs phases, sans oublier une très courte interview en allemand datant de 1970) nous permettent d’assister au processus créatif. Il y a là quelque chose de divin, de profondément religieux : c’est le miracle de la Création. On a ainsi presque l’impression d’assister à la genèse de Cyborg. Klaus Schulze avec La Vie Electronique est comme Picasso filmé par Henri-Georges Clouzot dans Le mystère Picasso.

On écoute le génie, le précurseur, l'explorateur du son travailler, expérimenter à l’infini, guidé par son instinct. Il tricote des nappes hypnotiques qui semblent provenir du plus profond du cosmos, rampe de lancement vers l’Absolu, vers ce qui ne peut être touché. C’est magique et on comprend surtout mieux pourquoi cet artiste ne pouvait tout simplement pas se contenter d’un rôle de batteur dans Tangerine Dream même si Electronic Meditation n’est parfois pas très loin, tout comme on comprend que, nonobstant son amitié avec Manuel Göttsching avec lequel il fonda Ash Ra Tempel en 1971, Klaus ne peut être que son propre maître.

Bref, un objet de collection à la géniale (dé)mesure d’un musicien parmi les plus importants de l’histoire de la musique. Si Bach avait croisé la route des synthétiseurs Moog, nul doute qu’il se serait alors appelé Klaus Schulze. En un mot : gigantesque. (24.03.09)

TRACKLISTING

DISC 1
  1. I Was Dreaming I Was Awake And Then I Woke Up And Found Myself Asleep 24.51
  2. The Real McCoy 12.54
  3. Tempus Fugit 26.24
  4. Dynamo 14.19
  5. Interview 1970 00.24
TOTAL RUNNING TIME : 78.58

DISC 2
  1. Traumraum 31.36
  2. Study For Brian Eno 7.20
  3. Cyborgs Traum 39.15
TOTAL RUNNING TIME : 78.11

DISC 3
  1. Die Kunst, Hundert Jahre Alt Zu Werden 64.09
  2. Study For Terry Riley 5.08
  3. Les Jockeys Camouflés 8.03
TOTAL RUNNING TIME : 77.20

KLAUS SCHULZE - La vie électronique 4 (2009)

Spv - 9.5/10 - MySpace

Klaus, je ne sais plus. Non, je ne sais vraiment plus quoi dire, quoi ajouter sur cette somme colossalle qu'est entrain d'établir peu à peu la série  La vie électronique. Je ne sais que dire que sur ce quatrième chapitre que je n'ai pas déjà griffonné à propos de ses trois devanciers. Qu'il devrait être obligatoire comme la carte vitale ou la Carte d'identité ? Déjà dit. Qu'il s'agit ni plus ni moins de l'apogée créatrice de son auteur ? Déjà dit aussi. 

Sur trois disques de plus de 70 minutes chacun, La vie électronique 4, c'est toute la puissance du génie visionnaire de Klaus Schulze, capturée sur scène entre 1975 et 1976. Le premier d'entre-eux, ne forme en réalité qu'une seule et longue pièce de musique, baptisée "Just an old fashioned Schulze Track" et subdivisée en neuf parties. C'est un crescendo lancinant qui voit le maître tricotter un méli-mélo de notes planantes, des arabesques synthétiques. Une myriade de sons libérés par tout un ensemble de claviers er d'orgue Farsifa et autres sequencers qui bouillonnent pour ériger progressivement un pandémonium orgiaque aux dimensions démentielles. Le quatrième segment, en constitue le pivot en même temps que le point d'orgue cosmique. On ne peut être qu'impressionné par la maîtrise, la cohérence du musicien qui réalise ici une performance magistrale aux allures de périple spatial, plus hypnotique (le septième titre) et aux portes de l'étrange parfois. 

Le second disque se divise en trois temps. Tout d'abord "Shadow Piece", composition de 13 minutes dont l'origine reste incertaine, assez bizarre au demeurant. Le gros morceau, à tous les sens du terme, demeure "I Sing The Body Electric" et ses six sous parties. Lors de ce concert français de 1976, Schulze dessine ses tableaux stratosphériques et futuristes qui confinent à la transe comme il en a alors le secret ("The Machineries Of Joy"). Fermant la marche, "Das herz von Grönland" se révèle être dans la continuité du premier cd. 

Enfin, la dernière rondelle agglomère trois compos, "The Andromeda Strain", Make Room, Make Room !" et "Darkest Steglitz" gravées sur bandes en 1976 et proches des effluves cosmiques de Timewind et Moondawn. Mais, comme toujours, l'Allemand ne se contente pas de jouer simplement sur scène ses albums. A partir de ce socle électronique qui forme sa signature, il tisse des modelés inédits qui sont autant de portes vers l'Absolu. Guidé par sa seule inspiration, il décolle vers des sphères mystérieuses dont il nous ouvre les portes sans par ailleurs nous en donner les clés. Magique tout simplement. 

Mais je ne sais toujours pas quoi dire de plus, d'autant plus que sont déjà programmés les volumes 5 et 6. Mais quel artiste, décidément, dont une vie entière ne suffira jamais à découvir l'immensité de l'oeuvre et du génie qui le propulse !(cT)

TRACKLISTING
DISC 1
  1. Just An Old-Fashioned Schulze Track 73:28
DISC 2
  1. Shadow Piece 13:10
  2. I Sing The Body Electric 49:15
  3. Das Herz von Grönland 14:16
DISC 3
  1. The Andromeda Strain 41:46
  2. Make Room, Make Room ! 28:57
  3. Darkest Steglitz 07:43
TOTAL RUNNING TIME 236:01

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