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167 Chroniques depuis le 20 mars 2009

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PLEBEIAN GRANDSTAND - How Hate Is Hard To Define (2010)

Basement Ape Industries - 7/10

"How Hate Is Hard To Define", premier crachat après le EP "The Vulture’s Riot", des Français de Plebeian Grandstand, est une démonstration, celle qu’il ne faut jamais rester sur une (mauvaise) impression initiale.

Le déflorage de cette éruption de rage laisse de fait une image de bouillie sonore sans queue ni tête. Se farcir ces neuf titres en à peine plus de trente minutes d’un hardcore énervé, relève de l’exploit pour qui aime les jolies mélodies. Ceci étant dit, à force de multiplier les écoutes, celles-ci perdent peu à peu leur allure de supplice. L’œuvre, tsunami fiévreux aux airs de révolte, de manifeste, prend forme, dévoile alors ses entrailles et ce qu'elle a dans le ventre. Et derrière cette brutalité organique et laide, qui confine presque à la folie furieuse, finit par jaillir une beauté souterraine en même temps qu’un désespoir poisseux.

Etouffant et sévère peut-être, néanmoins le groupe sait tout de même se pauser le temps d’un court instrumental, "Pie In The Sky", d’un calme (faussement) salvateur. Trente minutes donc et pourtant "How Hate Is Hard To Define" semble en durer le double tant ses géniteurs maîtrisent l’art du maillage ultra dense. Ces morceaux de haine, projetés contre un mur de sang par une batterie explosive et par un chanteur qui dégueule ses boyaux à chaque parole prononcée (?) sont tendus, taillés à vif dans une chair de laquelle suinte un sentiment d’inexorabilité profonde, traits crépusculaires qui arriment Pleibeian Grandstand au doomcore suffocant. Le monstrueux "Easy To Hate / Hard To Define" en témoigne notamment, tout comme le titanesque "Don’t Expect Much From The World’s End", que lacèrent de lourdes décélérations mortifères.

Soyez-en sur, il en faut du talent pour vomir un maelström de négation, de nihilisme, de cette trempe sans pour autant perdre en cohésion. C’est le cas des Français qui insufflent une violence hallucinante à un genre pourtant peu avare en sauvagerie, et se vident avec "How Hate Is Hard To Define", d’un premier jet maîtrisé de bout en bout dont on sort exsangue, sur les rotules, mais heureux, non pas qu’il soit terminé mais de l’avoir découvert. Comme quoi, il faut toujours insister... (cT2010)

TRACKLISTING
  1. Kata Ton ΔAimona Eaytoy 01:37
  2. Ordo Aa Chao' 02:58
  3. Nice Days Are Week 03:54
  4. Mein Kopf Ist Meine Heimat 03:54
  5. Esy To Hate / Hard To Define 06:06
  6. Pie In the Sky 02:09
  7. Don't Expect Much From the World's End 06:20
  8. Are You Angry [...]  03:54
  9. [...] Or Boring ? 04:52
TOTAL RUNNING TIME 35:44

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : MINSK - With Echoes in the Movement of Stone (2009)

Relapse - 8/10 - MySpace

Contrairement à ce que son patronyme pourrait laisser suggérer, Minsk ne vient pas de Biélarussie. Non, le groupe est américain et beaucoup l'ont sans doute découvert il y a deux ans avec The Ritual Fires Of Abandonment, un deuxième essai excellent bien qu'encore un peu trop prisonnier des influences majeures de ses géniteurs et en premier lieu, la figure tutélaire du genre, à savoir Neurosis. Dans un socle enraciné dans le post-rock granitique, Minsk y greffait pourtant avec réussite des touches tribales et progressives (King Crimson, le Krautrock...) inédites lui permettant de se singulariser d'une scène alors en pleine explosion médiatique tout en lui conférant une beauté irréelle.

Il lui aurait été facile - et confortable ! - de poursuivre dans cette voie. Il n'en est rien. Certains le regretteront. Je préfère quant à moi saluer des musiciens qui refuse la stagnation, la redite. Les traits propres à sa personnalité sont toujours là, bien présents, mais avec intelligence, le groupe les arbore sur With Echoes In The Movement Of Stone, d'une manière différente, plus subtile peut-être. Alourdi par cette batterie tribale et ces claviers comme échappés des seventies, le monumental "The Shore Of Transcendence" témoigne de cette évolution, magma bouillonnant de près de 10 minutes qui fusionne ces ingrédients plutôt que de les séparer.

Minsk conserve son ossature (notamment ce chant conforme au style, parfois clair ou plus énervé), n'a pas pansé ses plaies d'où suintent toujours ces vibrations dépressives mais il réarrange encore davantage sa palette sonore. Cet album est une masse compacte fissurée de griffures qui font couler un sang encore plus noir. Ainsi, le terrassant "Almitra's Premonition" prend tout d'abord l'allure d'une chape de plomb suffocante. Puis peu à peu, des nappes synthétiques viennent percer ce substrat avant que des guitares émotionnelles libèrent une tristesse corrosive. Le titre s'achève sur une rencontre de plaques tectoniques où la batterie résonne comme un écho de l'apocalypse.

Plus oppressante que jamais, la musique forgée par les Américains creuse de profondes excavations dans la pierre, une pierre brûlante, abrasive, plus doom que post-rock, à l'image du définitif "Crescent Mirror", dont il est bien difficile de sortir indemne. De fait, Minsk, aidé en cela par la production du bassiste Sandford Parker (Nachtmystium), plonge son art dans une noirceur insondable qu'aucune lumière ne vient jamais éclairer. Plus crépusculaire que The Ritual Fires Of Abandonment qui n'était pourtant déjà pas une ode à la joie de vivre, With Echoes In The Movement Of Stone est un trou noir abyssal comme le démontrent des monstres tels que "Pisgah", rongé par une folie prolifératrice, "Consumed By Horizons Of Fire", ou le bien nommé "Requiem - From Substance Of Silence" qui fait mourir ce bloc massif sur une note totalement désespérée. Les riffs, beaux à en pleurer, y ouvrent des espaces de mort, encadrés par des martèlements à l'agonie. Pas de montée en puissance salvatrice sur ce disque ou de percées plus atmosphériques ; les claviers se font plus discrets, le saxophone a disparu.

Alors que Cult Of Luna semble en panne sèche, que Isis décolle de en plus en plus vers une plastique aérienne, Minsk, lui, a décidé d'emprunter une direction inverse et de larguer les amarres pour se perdre dans un abîme dont il ne reviendra peut-être jamais... Superbe et déchirant.

TRACKLISTING
  1. Three Moons 06:07
  2. The Shore Of Transcendence 09:59
  3. Almitra's Premonition 10:06
  4. Means To An End 05:59
  5. Crescent Mirror 08:57
  6. Pisgah 04:06
  7. Consumed By Horizons Of Fire 06:31
  8. Requiem - From Substence To Silence 11:18
TOTAL RUNNING TIME :63:03

MINSK

USA Origine
Doomcore Genre 
2002 Formation
MySpace






Disco
Burning (2003/Demo)
2004 Demo (2004/Demo)
Out of a Center (2005/Demo)
Out of a Center Which is Neither Dead nor Alive (2005)
The Ritual Fires of Abandonment (2007)
Unearthly Trance/Minsk (2009/Split)
With Echoes In the Movement of Stone (2009)

THE PSYKE PROJECT - Dead Storm (2009)

Lifeforce - 7.5/10 - MySpace

Des roulements de batterie, une guitare qui égrène des accords porteurs d'une mélancolie plombée. Puis c'est l'explosion, l'étau se referme tandis que tous les instruments s'enfoncent à l'unisson dans une mine de charbon qu'aucune lumière ne viendra plus réchauffer. Tel est "Fire Blizzards", entrée en matière étouffante de Dead Storm, quatrième concentré de fureur viscérale de The Psyke Project.

Artisan encore finalement peu connu malgré les critiques dithyrambiques dont ont eu la chance de bénéficier Apnea (2007) et Daikini (2005), l'équipe danoise forge un doomcore ou post- hardcore, comme vous voudrez, volcanique et intense. A l'instar d'un Buried Inside dans l'ombre duquel il évolue encore trop, la faute à une inspiration commune, The Psyke Project érige en quelques minutes à chaque fois, des blocs d'une incroyable densité que fissure par moment des éclairs salvateurs plus atmosphériques ("Stockholm Bloodbath").

Tout du long de ce Dead Storm épidermique, on sent courir une tension palpable qui peut mettre du temps à exploser ("Dead People Never Lie", à l'entame squelettique) comme elle peut au contraire dégueuler dès les premières mesures entamées ("Mile High Pillars", "Forget The Forgotten"). Mais derrière la rage véhiculée par ce chant toujours en colère est constamment tapie une tristesse absolue qui suinte des profonds rifts que creusent au burin les guitares des deux frangins Vadstrup. Une enclume telle que "Polaris" l'illustre bien, tout d'abord plainte belle à en pleurer malgré la rythmique digne de plaques tectoniques qui se chevauchent, ensuite crescendo impitoyable qui meurt dans une brutalité pachydermique.

Epaissi par un enrobage massif, Dead Storm fleurte avec une forme de beauté désespérée quand le groupe tricote une alternance entre modelés aériens et marteau pilon dévastateur ("Storms Of The North"), quand il brise une construction en ligne droite en la perçant d'ouvertures qui, loin d'en amoindrir la portée tellurique, confère à ces compositions terrassantes une profondeur de champs encore plus sévère.

De fait, The Psyke Project n'est pas un groupe aisé à apprivoiser, et il réclame nombre d'écoute pour déflorer son travail. Celui-ci, de prime abord, pourra apparaître comme un bloc de matière brute compacte. Mais peu à peu, cette masse dévoile une finesse souterraine enfouie sous les strates minérales d'une musique pesante comme une chape de plomb. Certes, les Danois n'invente rien, se contentant d'aligner tous les invariants établis par la figure tutélaire du genre, Neurosis, mais ils honorent le genre avec un savoir-faire et une puissance de feu que l'on ne saurait leur contester. Oeuvre aride, Dead Storm s'impose comme leur meilleur album à ce jour. (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Fire Blizzards 04:21
  2. Dead People Never Lie 04:50
  3. Stockholm Bloodbath 06:20
  4. Mile High Pillars 04:07
  5. Polaris 06:19
  6. Forget the Forgotten 04:41
  7. Winter 04:48
  8. Storms of the North 07:17
  9. Cursed with Care 03:34
  10. Utopia Is Not an Option 05:57
TOTAL RUNNING TIME 52:23

THE PSYKE PROJECT

Danemark Origine
Doomcore Genre 
MySpace






Disco
Samara (2003)
Daikini (2005)
Apnea (2007)
Dead Storm (2009)

KRUGER - For Death, Glory And The End Of The World (2010)

Listenable - 7.5/10 - MySpace

Est-ce dû à la situation à la fois médiane et isolée de leur terre, mais les groupes suisses ne sont pas tout à fait comme les autres. Ils font montre d’une singularité qui les distinguent de leurs voisins aussi bien allemands que Français. Celtic Frost, Samael ou Coroner en témoignent. Bien que musicalement il ne noue aucun liens avec ces derniers, Kruger, dont l'on est tout surpris de retrouver les membres fagotés en gentlemen anglais sur les photos promos, partage cependant avec eux, outre un son sévère, cette volonté identique de repousser les barrières, bref d’être indéfinissable.

Officiellement, le collectif usine un sludge doom apocalyptique. Très bien ! Les neuf grumeaux métalliques qui remplissent For Death, Glory And The Of The World alignent en effet pas mal d’invariants propres à cet enfant bâtard né de la copulation fiévreuse entre doom et hardcore : chant gueulard énervé, rythmique de bûcheron et une forme de désespoir poisseux qui s’exprime davantage par la tension qui courent le long des riffs coulés dans le mazout plutôt que par une lenteur agonisante.

Mais Kruger a le chic pour perturber des schémas attendus, pour polluer un paysage urbain fissuré de toute part, par l'entremise de détails ou d'influences extérieures aux confins du death, du heavy ou de l’ambient. Dès "The Ox", on est littéralement scotché à la tapisserie. Le décor est suffocant, une chape de plomb s’écrase sur nous malgré la beauté désespérée qui suinte de ces guitares telluriques. Ultra pesant, le final est magnifique. Pas le temps de souffler avec"Return Of The Huns", qui démarre sur les chapeaux de roues, propulsé par un mur rythmique énorme et groovy avant d’entamer une décélération morbide. Après un début assez atmosphérique, "Anthem Of The Pretented Glory" s’enfonce dans une mine de mélancolie tandis que ses dernières mesures tricotent une inexorabilité minérale. Fuyant les lignes trop droites, tous les titres suivent au contraire une trajectoire riche en cassures et en pauses, comme l’illustre la partie centrale du superbe "Villains".

Scindé en deux par le court instrumental "Centre" (ça ne s’invente pas), For Death, Glory And The End Of The World semble à partir du lourd et terrassant "Our Cemetery Is Full Of Strangers" s’abîmer dans une noirceur encore plus charbonneuse. Définitif, "Muscle" est un puits sans fin de négativité haineuse, tandis que "Dukes Of Nothing" ouvre en son milieu un espace suspendu au-dessus d’un gouffre de désespoir. Reno, le chanteur, dégueule son mal-être comme si demain ne devait plus exister. Enfin, "Turpitudes" a quelque chose d’une course en avant vers la mort, en dépit de la toile pleine de beauté que tissent les six cordes.

Quatrième étape de sa carrière et quatrième décharge d'adrénaline visqueuse, Kruger accouche d'une oeuvre qui laisse de profonds stigmates taillés à vif dans la mémoire, car on ne peut que ressentir dans sa chair la noirceur terminale qui s’en dégage. Une réussite incontestable de la part d’un groupe libre et singulier qui continue de tracer son propre chemin (de croix).


TRACKLISTING
  1. The Ox 05:38
  2. Return Of The Huns 05:18
  3. Anthem Of Pretented Glory 05:00
  4. Villains 05:23
  5. Centre 01:15
  6. Our Cemetery Is Full Of Strangers 06:17
  7. Muscle 04:34
  8. Dukes Of Nothing 05:47
  9. Turpitudes 07:22
TOTAL RUNNING TIME 46:34

KRUGER

Suisse Origine
Sludge/Doomcore Genre 
2001 Formation
MySpace





Disco
Built for Speed (2002)
Cattle Truck (2004)
Redemption Through Looseness (2007)
For Death, Glory and the End of the World (2010)

ARCHIVES : DANISHMENDT - L'homme est un animal qui a trahi ... (2006)

Self Released - 7/10



Succédant à une première autoproduction, Live, enregistrée en 2004, L’homme est un animal qui a trahi… est seulement un EP quatre titres (pour plus de vingt cinq minutes de musique tout de même) qui n’en demeure pas moins des plus intéressants… Et prometteur.

Bénéficiant d’une production très pro et carrée, les Parisiens y libèrent un doomcore apocalyptique et suffocant, certes encore corseté par les influences de la figure tutélaire du genre, l’immense Neurosis (“ Shelter ”), mais néanmoins déjà recouvert d’un vernis plus personnel, qui tient en premier lieu dans le choix de recourir à la langue de Molière laquelle, loin d’en amoindrir la portée douloureuse, confère à l’ensemble une rage salvatrice.

Prélude à l’excellent Eaux-fortes, gravé en 2007, premier essai longue durée de Danishmendt, cet apéro est une œuvre à la violence épidermique, un concentré de matière brute sur lequel souffle le vent d’un nihilisme poisseux. Les invariants sont alignés comme des pinces à linges sur un fil, notamment ces cordes vocales qui ont croisé du papier de verre, mais le groupe les maîtrise à défaut de les transcender, de les dépasser (ce qui viendra l’expérience aidant) ; il sculpte avec un burin des atmosphères oppressantes qui vous terrassent, vous submergent. Etonnamment, la reprise atomique des Thugs, “ Biking ”, se glisse avec une facilité déconcertante au milieu de cette décharge d’ondes sismiques.

Danishmendt est une formation à suivre de près, L’homme est un animal qui a trahi… le démontre et que confirmera le disque suivant, travail plus mature encore. (cT)

TRACKLISTING
  1. Unbearable Contradiction 06:16
  2. Shelter 06:10
  3. Le néant comme matériau 08:10
  4. Biking (Les Thugs cover) 04:36
TOTAL RUNNING TIME 25:12

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France Origine
Doomcore Genre
MySpace
Disco
Live (2004/EP)
L'homme est un animal qui a trahi... (2006/EP)

Eaux fortes (2007)



BURIED INSIDE - Spoils Of Failure (2009)

Relapse Records - 8/10



Buried Inside n'abrite pas en son sein une poignée de stakhanovistes : quatre ans entre Suspect Of Symmetry et Chronoclast, autant de temps de nouveau entre ce dernier et Spoils Of Failure. A la décharge de ces Canadiens, reconnaissons que leurs opuscules ne se limitent jamais à une brochette de simples morceaux agglomérés les uns aux autres mais au contraire sont pensés, élaborés comme des oeuvres cohérentes qui progressent vers un but précis. Corollaire de cette architecture ambitieuse et exigeante, leurs albums doivent être appréciés de manière globale, jamais de façon fractionnée.

Sans véritablement suivre la colonne vertébrale d'un concept défini comme ce fut le cas de Chronoclast, Spoils Of Failure forme néanmoins un tout, ce que suggère le titre de ses pistes, uniquement nommées de un à huit, quand bien même toutes sont indépendantes les unes des autres. Leur écriture a débuté en 2006. Une très longue durée a donc été nécessaire à leurs auteurs pour en venir à bout.

Si Chronoclast était un concentré brut, une masse dense et tendue, toujours au bord de la rupture, ce qui aboutissait par moment de franches et furieuses explosions, son successeur semble à première vue plus posé, plus lancinant et hypnotique aussi. Toutefois, c'est là une impression trompeuse car la tension s'avère en fait toujours bien présente seulement elle affleure davantage qu'elle communique son énergie négative à l'ensemble. Souterraine, on sent cette tension larvée, sourde, parfois cependant proche de refaire surface ("VII" et, de manière générale, toute la dernière partie de l'album). Ce qui n'ôte rien à son intensité.

Plus doom que ses aînés ("VIII"), Spoils Of Failure est un bloc étouffant d'une noirceur absolue. Insondable. Il y a un tel désespoir qui suinte tout autant de ces riffs minée par la tristesse (comme lors des deux premières plages notamment) que de ce chant rageur qui porte en lui toute l'inexorabilité d'une vie grise et sans (vrai) bonheur. Fiévreuses, ces plaintes vous collent aux tripes et touchent votre âme, elles donnent l'impression d'avancée vers une issue dont on sait qu'elle sera fatale et sans lumière. Et pourtant, elles irradient également une beauté gigantesque, certes triste mais bien réelle. Il suffit de s'abandonner dans les arcanes de la cinquième d'entre elles pour se convaincre que derrière la tragédie est parfois caché quelque chose de beau.

Spoils Of Failure, qui porte décidément bien son nom, appelle les larmes, mais jamais misérables toujours justes et nobles. Il confine aussi à une forme d'introspection ("VI"), de recueillement. On ne sort pas tout à fait indemne de son écoute, il en restera forcément quelque chose, il aura ouvert une porte en vous. (cT)

TRACKLISTING
  1. I - 06:54
  2. II - 03:55
  3. III - 11:23
  4. IV - 06:07
  5. V - 06:10
  6. VI - 06:21
  7. VII - 06:28
  8. VIII - 06:37
TOTAL RUNNING TIME : 53:52
DAWNLOAD

Canada Origine
Doomcore Genre
1997 Formation
MySpace
Disco
In And Of The Self (1999)
Suspect Symmetry (2001)
Chronoclast (2005)
Spoils Of Failure (2009)



CULTED - Below The Thunders Of The Upper Deep (2009)

Relapse Records - 8/10



Une ambiance inquiétante, d'une froideur pénétrante, bâtie sur des sons étouffés en provenance d'un gouffre mangé par les ténèbres et qui s'étirent de longues minutes durant. Puis le fracas de guitares figées dans la rouille et le mazout. Et ces cris caverneux vomissant la haine, la souffrance. "Tyrant Cold", première fissure dans ce bloc granitique, a quelque chose d'un monstre, d'un golem d'acier répandant des ondes sismiques à la négativité absolue à des kilomètres à la ronde. D'une lenteur étouffante qui vous engourdit autant qu'elle vous laboure les chairs avec ces riffs obsédants aux allures de scalpel, cette plainte baigne dans un climat trouble et noir dont on ne sort pas indemne. Vous voilà prévenu.

Soyez-en convaincu, venu peut-être de nulle part, Culted vous entraînera néanmoins dans un charnier fumant. Aucune lumière, aucune échappée, aucun indice salvateur. Jamais. Forcément. Below The Thunders Of The Upper Deep n'est qu'une masse grouillante qui bouillonne de secousses vrombissantes et sourdes libérées par le chevauchement d'instruments toujours à la limite de la rupture. Aussi bien influencés par le doomcore agonisant (pour le substrat massif), le drone (le bourdonnement des guitares digne d'un réacteur d'Airbus, comme sur "Place Of Skulls" ou lors de l'entame de l'épouvantable et interminable - dans le bon sens du terme - "Gunburn") ou le black metal, pour certains râles raclant la gorge, ces Canadiens délivrent la parfaite synthèse des divers directions qui écartèlent actuellement le doom des abysses.

En six pauses sur un chemin de croix sans espoir de retour ou de pardon, Culted se fait le guide funeste de notre propre mort. Adepte de la torture mentale, il n'aime rien moins que prolonger l'agonie, de faire durer des notes jusqu'aux limites du supportable. Il transforme un sustain en une punition sentencieuse. Ecouter ce premier essai revient à se faire terrasser, à recevoir une enclume sur la gueule ("Heel On Your Neck"), tant la pesanteur extrême est de mise tout du long de ces trois quart d'heure douloureux et sans issue.

Parfois, les riffs sembleraient vouloir s'éclairer mais bien vite, une chape de plomb leur retire cette velléité. Chaque titre est une marche supplémentaire vers le néant, vers les profondeurs, vers ce "The Latter Fire" qui sonne comme les dernières mesures du coeur d'un mourant. Comment d'ailleurs espérer revenir à la vie après un "Gunburn" déchiré par des hurlements écorchés qui s'arc-boutent sur un tempo qui s'arrête, redémarre, explose et où le temps est en suspens ?

Charbonneux plus que tragique, Below The Thunders Of The Upper Deep n'irradie aucune beauté ; il n'est que laideur et décrépitude. Monolithique, il paraîtra absurde et vide de sens pour qui n'est pas réceptif à ce genre de musique. Cauchemardesque également... et donc superbe.

S'il continue sur sa lancée tout en se forgeant une identité encore plus définie, il y a fort à parier que l'on tient avec Culted un futur masochiste de la souffrance parmi les meilleurs du style. Un monstre effectivement... (CT)

TRACKLISTING
  1. Tyrant Cold / 09:56
  2. Social Control / 04:50
  3. Place of Skulls / 08:58
  4. Heel On Your Neck / 03:15
  5. Gunburn / 12:41
  6. The Latter Fire / 06:43
TOTAL RUNNING TIME : 46:23


Canada ORIGINE
Doomcore/Black Doom GENRE
2007 FORMATION
MYSPACE
DISCO
Below The Thunders Of The Upper Deep (2009)


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