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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DEEP PURPLE - Slaves and Masters (1990)

BMG - 8/10 - MySpace

L’entente cordiale entre les deux frères ennemis Ritchie Blackmore et Ian Gillan n’aura duré que le temps d’un album (Perfect Strangers, celui qui scella la reformation du dinosaure) et d’une tournée. Dès son successeur, The House Of Blue Light et les concerts catastrophiques qui suivirent dont Nobody’s Perfect fût le témoin malheureux, les tensions resurgissent, aboutissant au départ du chanteur. Visiblement, ces deux-là ne peuvent pas se supporter plus de quatre ou cinq ans d’affilée ! 

Amputés du (plus si) charismatique Gillan, les quatre membres restant décident de faire appel à Joe Lynn Turner, que Blackmore et Glover connaissent bien pour avoir collaboré avec lui sur les trois derniers Rainbow et dont la participation au groupe ( ?) de Yngwie Malmsteen vient de s’achever. De cette mouture éphémère est né Slaves And Masters. 

Ce disque est un paradoxe. D’un côté, il s’agit certainement de l’œuvre des Anglais la plus méconnue avec Come Taste The Band (1975), de la moins considérée également (contrairement à l’opus avec Tommy Bolin, justement réévalué aujourd’hui) et de l’autre pourtant le guitariste la tient pour l’une de ses préférées au sein de la discographie de Deep Purple. Contradictoire ? Pas tellement en fait. Les fans estiment (peut-être à raison) que Turner n’avait rien à faire dans le groupe et ont donc boudé cette unique livraison du mark V jugeant que celle-ci n’affichaient que par trop les couleurs de l’Arc-en-Ciel au détriment du pourpre profond. Désormais seul vrai maître à bord, Blackmore, dont le jeu fin, précis est plus inspiré que jamais, au contraire y offre l’image d’un musicien épanoui car la musique de Rainbow lui sied davantage que celle d’un Deep Purple dont il n’a de toute façon accepté la reformation que pour des raisons financières. De Fait, Slaves And Masters, ombrageux et mélodique, lui ressemble. 

Avec le recul, il faut bien admettre que l’Homme en noir a raison : cette treizième offrande peut être considérée comme la plus grande réussite du géant britannique depuis son retour en 1984. A la croisée de Straight Between The Eyes de Rainbow et de The House Of Blue Light pour ses teintes progressives, cet album déroule un menu en tout point parfait, oscillant entre  échappées lentes et sombres  (le superbe “ King Of Dreams ”, le très beau “ Truth Hearts ”, le long “ Fortuneteller ” et le monumental “ Wicked Ways ”, l’une des pièces les plus progressives jamais composées par le groupe), brûlot bluesy (“ Fire In The Basement), ballade délicate (“ Love Conquers All ”), petit bijou d’écriture (“ Brekfast In Bed ”) et démonstrations de puissance (“ The Cut Runs Deep ” et “ Too Much Is Not Enough ”). 

Prétendre comme certains l’ont fait, que Slaves And Masters aurait pû vendu comme un nouveau Rainbow, est pour le moins réducteur. Certes, du fait, notamment, de la contribution vocale de Joe Lynn Turner, la filiation avec l’Arc-en-Ciel est évidente, pour autant, cela reste du pur Purple. Le son si reconnaissable des claviers de Jon Lord, tout comme la rythmique assurée par Roger Glover et Ian Paice participent de cet ancrage incontestable. Le disque possède donc ces deux visages, Blackmore les cimentant par sa présence ténébreuse. 

Un très grand disque, riche de très bons titres et interprétés avec le talent coutumier de ses géniteurs mais dont la seule erreur (commerciale) a justement été d’être publié sous la bannière pourpre.  (cT2008)

TRACKLISTING
  1. King of Dreams 05:30
  2. The Cut Runs Deep 05:42
  3. Fire in the Basement 04:43
  4. Truth Hurts 05:14
  5. Breakfast in Bed 05:16
  6. Love Conquers All 03:47
  7. Fortuneteller 05:45
  8. Too Much Is Not Enough 04:19
  9. Wicked Ways 06:35
TOTAL RUNNING TIME 46:51

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DEEP PURPLE - Live In London (1982)

EMI - 10/10 - MySpace

Publié à l’origine en 1982 durant sa phase de sommeil qui n’empêcha pas la sortie d’une kyrielle de lives (In Concert en 1980) et de compilations diverses, mais amputé d’une partie du show que le groupe exécuta en 1974 au Gaumont State Theatre Kilburn de Londres, ce live ressort aujourd’hui, dans son intégralité cette fois-ci, c’est-à-dire avec les trente minutes ( !) qu’a duré ce soir-là "Space Truckin" ! Ca sent déjà l’orgasme chez les fans.

Ceux qui estiment (à tort) que la meilleure incarnation purplienne est à chercher du côté du line-up Mark II (avec Gillan et Glover, donc), feraient bien de jeter une oreille sur ce Live In London d’anthologie, qui nous montre une formation alors toute neuve – David Coverdale et Glenn Hughes ne sont là que depuis quelques mois - mais néanmoins insolante de talent et de classe. 

Après sa triomphale tournée américaine, dont le point culimant reste bien entendu le show explosif de la California Jam, le groupe se lance dans un périple européen qui lui permet de fouler de nouveau le sol de la Mère patrie, l’Angleterre. Comparée aux concerts américains, la prestation semble mieux rodée, les deux nouvelles recrues, mieux intégrées et les titres de Burn, album que les musiciens défendent alors sur les routes afin de démontrer, entre autres, que la vie continue même sans Gillan et Glover, davantage maîtrisés. 

En toute logique, ce dernier opus se taille la part du lion, avec pas moins de cinq morceaux sur sept joués. Il tient tellement à cœur au groupe que celui-ci n’a pas peur d’en enfiler quatre extraits à la suite. Si “ Burn ” met comme d’habitude tout le monde d’accord d’entrée de jeu, on se demande quand même ce que fait dans la setlist le banal bien que sympathique “ Might Just Take Your Life ”, single peu marquant auquel on aurait préféré le lent et plus original “ Sail Away ”. Puis le concert suit une courbe ascendante, avec l’imparable “ Lay Down Stay Down ”, le flamboyant “ Mistreated ”, qu’illumine Blackmore et le classique parmi les classiques “ Smoke On The Water ”, que le groupe ne peut pas (plus) ne pas interpréter et qui permet dans sa dernière partie à Glenn Hughes de donner de la voix avec son timbre de feu. 

Le concert s’achève avec le gigantesque “ You Fool No One ”, couplé avec “ The Mule ” (et introduit par “ Lazy ”), le traditionnel solo de batterie de Ian Paice faisant office de lien entre les deux, que Purple transcende de la plus belle des manières au point d’en faire oublier la version studio. Durant un long solo du feu de Dieu, le jeu de Ritchie confine au divin ; il est bien au-dessus de tous les autres branleurs de manche de la planète. Vingt minutes de bonheur qui s’enchainent à la plus longue interprétation connue de “ Space Truckin’ ”, zébré qui plus est de quelques mesures de “ Child In Time ”. 

Deux titres en 50 minutes ! Monstrueux mais symbolique d’une époque où les groupes n’avaient pas peur de se lancer dans ce genre de transgressions, une époque où les musiciens n’hésitaient pas à étirer leurs compos jusqu’à la rupture. Tous le faisaient, mais c’est bien Deep Purple qui réussait le mieux cet exercice tout bonnement inenvisageable aujourd’hui. 

Que dire de plus sur ce Live In London, sinon une brochette d’évidences : le groupe est au sommet de sa forme, Coverdale roucoule comme une bête (son organe atteint le point G durant le magnifique “ Mistreated ”), Hughes s’avère bien plus présent que son prédécesseur, Lord se déchire avec (et sur) ses orgues Hammond, Paice fait le métronome humain. Enfin, Blackmore s’impose comme le plus grand guitariste de tous les temps, comme en témoigne le final dantesque de “ Space Truckin’ ”. Live In London est une démonstration : le Mark III constitue bien l’apogée de Deep Purple. (cT2008)


TRACKLISTING
DISC 1
  1. Burn 07:45
  2. Might Just Take Your Life 05:17
  3. Lay Down Stay Down 05:29
  4. Mistreated 15:28
  5. Smoke on the Water 09:13
DISC 2
  1. You Fool No One 20:22
  2. Space Truckin' 31:02
TOTAL RUNNING TIME 81:36

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DEEP PURPLE - Stormbringer (1974)

EMI - 8.5/10 - MySpace

Stormbringer est une preuve. Oui, une preuve adressée à tous les détracteurs (O combien nombreux) de Ritchie Blackmore, qui se complaisent à ne voir en lui qu’un dictateur et un frein à l’évolution du groupe. 

De tous les albums de Deep Purple auquels le guitariste a participé, Stormbringer se révèle être celui qui porte le moins sa marque, sa griffe. Ainsi, il comporte même deux chansons qu’il n’a pas coécrite (une première !) : les néanmoins superbes “ Holy Man ” et “ Hold On ”, sur lesquelles plane en revanche l’influence, grandissante, du bassiste Glenn Hughes. Certaines des propres compositions de l’homme en noir ont même visiblemet été rejetées ( !) par le reste des troupes ! Contre toute attente, celles-ci figureront au menu du premier Rainbow gravé peu de temps après. 

Toutes ces remarquent démontrent donc bien que Blackmore n’a jamais été le tyran que ses ennemis (tels que Ian Gillan, pour n’en citer qu’un seul) dénoncent. Sinon, comment expliquer le peu de prises qu’il a eu sur la réalisation de cet opus ? Ceci dit, Ritchie en a quand même écrit l’essentiel, dont deux purs joyaux d’émotions – “ The Gypsy ” et “ Soldier Of Fortune ” - lesquels demeurent encore aujourd’hui parmi ses favoris et témoignent en outre qu’il n’est pas uniquement un monstre de vitesse (contrairement à son fils spirituel, Yngwie Malmsteen) mais que son jeu peut être également emprunt d’un feeling grandiose et touchant. Surtout, ses interventions s’avèrent toujours aussi acérées, à l’image de celles perçant le puissant “ Stormbringer ” ou l’entame – typique chez lui – de “ High Ball Shooter ”. 

Bien que moins célèbre que son prédécesseur, Burn, cet album, le deuxième enregistré par le mark III (avec Coverdale et Hughes donc), n’en reste pas moins une œuvre brillante et accrocheuse, groovy en diable, propulsée par une rythmique ronde et véloce. Elle correspond enfin à la période – le milieu des seventies – la plus féconde pour ses géniteurs. Ainsi, Blackmore par exemple, aura, entre la fin de l’année 73 et le début de l’année 75, enfanté la bagatelle de trois disques ! 

Un très grand album qui marquera néanmoins un nouveau tournant dans la carrière de Deep Purple. En effet, corollaire du rôle moindre que le guitariste a (malgré lui) joué dans sa conception, celui-ci ne tardera donc pas à quitter le navire afin de se concentrer (avec le succès que l’on sait) sur une carrière solo naissante. D’accord, Blackmore aime le blues – Burn en est la preuve – mais Stormbringer se pare de couleurs plus soul et funk, dont Glenn Hughes fut le principal instigateur, et qui sont vraiment moins à son goût. Déçu par cette orientation vers laquelle le groupe souhaite de plus en plus se diriger, son départ était donc inévitable… (cT2008)


TRACKLISTING
  1. Stormbringer 04:03
  2. Love Don't Mean a Thing 04:23
  3. Holy Man 04:28
  4. Hold On 05:05
  5. Lady Double Dealer 03:19
  6. You Can't Do It Right (With the One You Love) 03:24
  7. High Ball Shooter 04:26
  8. The Gypsy 04:13
  9. Soldier of Fortune 03:14
TOTAL RUNNING TIME 36:56

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DEEP PURPLE - The Book of Taliesyn (1968)

EMI - 8.5/10 - MySpace

A tort, la première incarnation de Deep Purple connue sous l’étiquette Mark I, est souvent sous-estimée, et les trois albums qu’elle a gravés, méconnus. Pourtant, si le groupe, alors formé autour de l’ossature Ritchie Blackmore / Jon Lord / Ian Paice, complétée par le chanteur Rod Evans et le bassiste Nick Simper, cherche alors encore sa voie entre psychédélisme ambiant et Beatlesmania, il est déjà détenteur d’un sacré potentiel qui ne demande qu’à être exploité, apprivoisé. 
 
Ce que beaucoup ignorent aussi, c’est que le Mark I a rencontré immédiatement un certain succès, notamment grâce au single “ Hush ” et notamment aux Etats-Unis. C’est justement suite aux ventes encourageantes du premier album, Shades Of Deep Purple aux pays de l’Oncle Sam que la maison de disque EMI et ses producteurs incitent le combo a retourné rapidement en studio afin d’avoir une nouvelle galette sous le bras lorsqu’il foulera le nouveau continent pour une tournée programmée durant l’automne 68. 
 
Trois mois ( ! !) à peine après avoir enregistré Shades…, la bande à Blackmore se retrouve pour mettre sur bande une seconde offrande, The Book Of Taliesyn, qui témoigne d’incontestables progrès par rapport à son aîné.Si le style est toujours le même, la musique se parent désormais d’atours symphoniques et baroques, pour un résultat coloré et bariolé. 
 
Cette fois, les musiciens ont privilégié les créations personnelles et on ne retrouve au menu que trois reprises (sur sept titres, c’est encore beaucoup !), souvent transcendées par le brio d’instrumentistes de génie. Le “Kentucky Woman ” de Neil Diamond est zébré par l’orgue de Jon Lord qui cavale de partout ; la cover de Beatles, “ We Can Work It Out ”, est précédée d’une intro superbe ; tandis que le monstreux “ River Deep, Montain High ” de Ike et Tina Turner, se voit enrichi d’une première partie grandiose et baroque, durant laquelle on pent reconnaître le thème de “ Ainsi parlait Zarathoustra ”. 
 
Le moustachu y fait merveille. D’une manière générale, il est l’homme de ce disque, comme le démontre également le très beau “ Anthem ”, qui résonne des notes égrenées par son orgue liturgique ; davantage qu’un Ritchie, toujours en quête de son identité et du Son qui fera plus tard sa renommée. Néanmoins, son jeu sur “Shield ”, sans doute la meilleure composition du lot, porte déjà les germes de son évolution future. Son solo orientalisant annonce presque ceux qu’il délivrera avec Rainbow. On peut penser par exemple à “ Stargazer ” ou à “ Eyes Of Fire ”. Son style est encore embryonnaire mais la filiation est évidente. De même le véloce “ Wring That Neck ”, connu aussi son le nom de “ Hard Road ”, est le théâtre d’interventions acérées de l’homme en noir, écho ravageur aux claviers volubiles de Lord.
 
Des trois essais capturé par le mark I, The Book Of Taliesyn, s’impose peut-être comme le plus abouti. En outre, par son ambiance médiévale, qu’illustre parfaitement la pochette, démontre que la passion (obsession, diront certaines mauvaises langues !) que nourrit aujourd’hui Ritchie Blackmore ne lui est pas venu soudainement, telle une vision divine ; au contraire, il porte cette fascination pour les temps moyenâgeux et renaissance depuis toujours. Il est bon de la rappeler… (cT2008)

TRACKLISTING
  1. Listen, Learn, Read on 04:04
  2. Wring That Neck 05:13
  3. Kentucky Woman 04:44
  4. Exposition / We Can Work It Out 07:07
  5. Shield 06:06
  6. Anthem 06:31
  7. River Deep, Mountain High 10:12
TOTAL RUNNING TIME 43:57

DEEP PURPLE

Royaume-Uni Origine
Hard Rock Genre
1968 Formation
MySpace









Disco sélective
Hush (1968/EP)
Shades of Deep Purple (1968)
Deep Purple (1969)
Concerto for Group and Orchestra (1969)
In Rock (1970)
Fireball (1971)
Machine Head (1972)
Made in Japan (1972/Live)
New, Live & Rare (1973/EP)
Who Do We Think We Are (1973)
Burn (1974)
Come Taste the Band (1975)
New, Live & Rare Vol. 2 (1976/EP)
Made in Europe (1976/Live)
Last Concert In Japan (1977/Live)
In Concert (1980/Live)
New, Live & Rare Vol. 3 (1980/EP)
Perfect Strangers (1984)
The House of Blue Light (1987)
Scandinavian Nights (1988/Live)
Nobody's Perfect (1989/Live)
Knebwoth 85 (1991/Live)
The Battle Rages on (1993)
Live in Japan (1993/Live)
On Stage : Black Night (1994/Live)
On Stage : Child in Time (1994/Live)
On Stage : Highway Star (1994/Live)
Come Hell or High Water (1994/Live)
Deep Purple in Concert (1995/Live)
Live in California 1976 (1995/Live)
Purpendicular (1996)
California Jamming (1996/Live)
Mark III The Final Concerts (1996/Live)
Live at the Olympia '96 (1997/Live)
The Gemini Suite (1998/Live)
Abandon (1998)
Total Abandon - Live in Australia (1999/Live)
Live at the Royal Albert Hall (1999/Live)
Kneel & Pray (2001/Live)
This Time Around (2001/Live)
Inglewood - Live in California 1968 (2002/Live)
Listen Learn Read On (2002/Boxed set)
Gemini Suite Live 1970 (2003/Live)
Live in Stokholm 1970 (2003/live)
Bananas (2003)
Live in Paris 1975 (2004/Live)
Perks & Tit (2004/Live)
Rapture of the Deep (2005)
Live at Montreux (2006/live)
NEC1993 (2007Live)
Live in Denmark 1972 (2007/Live)
Live in Montreux 1969 (2007/Live)
Live Encounters (2009/live)
Space Truckin Round The World Live (2009/Live)

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