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167 Chroniques depuis le 20 mars 2009

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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : ARCH ENEMY - Tyrants of the Rising Sun (2008)

Century Media - 7.5/10

Héritier d’une longue tradition de live capturé au pays du soleil levant (Tokyo Tapes de Scorpions, Live In Budokan de MSG) initié par le Made In Japan de Deep Purple, ce qui n’est pas pour déplaire à Mike Amott, grand fan de hard rock des seventies devant l’éternel, Tyrants Of The Rising Sun représente bien ce qu’est (devenu) Arch Enemy aujourd’hui : une machine. Oui, une machine que rien ne vient jamais gripper, froide et sans magie. Sans folie aussi, contrairement aux performances des dinosaures cités plus haut.

Une machine du reste impressionnante par sa maîtrise technique. Tout est en place, tout est carré, ultra efficace. Les frangins Amott démontrent encore une fois quels remarquables duellistes ils sont et Angela est une sacrée bête de scène. Toutes les cartouches tirées font leur trou, accrocheuses, puissantes et mélodiques.

Publié sous plusieurs formats (DVD, double vinyle…), ce live enregistré durant la dernière tournée du groupe témoigne aussi clairement de la césure survenue avec l’arrivée de la teutonne derrière le micro avec l’album Wages Of Sin (2001). Son intronisation correspond à une double évolution car elle coïncide à la fois avec l’explosion commerciale des Suédois en même tant qu’elle les éloigne du death technique des débuts pour enfanter depuis une musique bien plus mélodique, biberonnée au hard rock (les soli de Michael et Christopher sont à ce titre éloquents, ce qui n’enlève rien à leur qualité). Parfois même, les branlettes de manche néo-classiques chères à Yngwie Malmsteen ne sont pas loin (“ Intermezzo Liberté ”).

Alors certes, ca avoine encore sévère, notamment grâce à l’organe furieux de la blonde mais il est tout de même un peu triste de constater que les antédiluviens “ Fields Of Desolation ”, “ Dark Insanity ” (extrait de Black Earth en 1996) et “ Silverwing ” (Burning Bridges) sont les seul oripeaux du passé d’une set list qui faire donc la part belle aux quatre derniers opus et notamment du petit dernier Rise Of The Tyrants, représenté par six emprunts, dont “ Blood On Your Hands ”, “ The Day You Died ”, et “ Vultures ”.

Ce live est donc à prendre pour ce qu’il est, une synthèse du Arch Enemy avec Angela Gossow, quand bien même il n’est pas le premier (citons le EP Dead Eyes See No Future et le DVD Live Apocalypse). Pourtant, paradoxalement, malgré ces lignes un peu critiques, Tyrants Of The Rising Sun est très bon. Il est même carrément jouissif quand les deux frères se lancent dans un étalage virtuose écœurant de classe. Et puis, comment résister à des hymnes de l’acabit de “ Ravenous ”, “ Taking Back My Soul ”, “ Burning Angels ”, Enemy Within ” ou bien encore “ Nemesis ” ? Impossible. Les fans de la dernière période du groupe, auxquels cet album est clairement destiné, seront donc comblés. Ceux qui suivent en revanche Amott depuis Carnage et Carcass, pourront continuer de passer leur chemin. Ils ont pourtant tort car la bonne musique reste de la bonne musique. Et ce que crée aujourd’hui les Suédois en est incontestablement… (cT2008)

TRACKLISTING
DISC 1
  1. Intro / Blood On Your Hands / 5.37
  2. Ravenous / 3.55
  3. Taking Back My Soul / 5.16
  4. Dead Eyes See No Future / 4.22
  5. Dark Insanity / 3.59
  6. The Day You Died / 4.55
  7. Christopher Solo / 2.32
  8. Silverwing / 5.26
  9. Night Falls Fast / 3.37
  10. Daniel Solo / 3.30
DISC 2
  1. Burning Angel / 4.40
  2. Michael Amott Solo (incl. ‘Intermezzo Liberté’) / 3.24
  3. Dead Bury Their Dead / 4.57
  4. Vultures / 6.51
  5. Enemy Within / 4.29
  6. Snowbound / 2.14
  7. Shadows And Dust / 5.12
  8. Nemesis / 5.04
  9. We Will Rise / 4.33
  10. Fields Of Desolation / Outro / 3.14
TOTAL RUNNING TIME : 87.47



LA CAVE DE CHILDERIC THOR : ELUVEITIE - Slania (2008)

Nuclear Blast - 8/10

Assimilé un peu trop vite – la faute à un premier album, Spirit, aux influences païennes nettement marquées et à des musiciens vêtus comme des pouilleux du Moyen Age – à toute la vague pagan qui connaît actuellement un succès certain, grâce, notamment, à Finntroll, Eluveitie n’a, on s’en rend compte à présent, en réalité que peu de rapport avec toute cette scène. Sa seconde offrande, Slania, en est l’illustration parfaite. 

Point de black metal ici, mais plutôt un death mélodique et accrocheur, biberonné aux premiers In Flames, ce dont se défend d’une manière bien hypocrite le barde en chef de cette troupe de huit ménestrels (dont deux damoiselles), Chrigel Glanzmann. Comment pourtant ne pas penser au gang de Jesper Strömblad à l’écoute des riffs saignants de l’efficace ” Gray Sublime Archon “, exemple parmi tant d’autres qui plus est ? Ce n’est pas une critique, d’autant plus que l’influence est adroitement mariée à des teintes folk bien amenées par un groupe au talent déjà incontestable, à défaut de posséder une identité vraiment affirmée qui viendra avec les années.

Néanmoins, les petits Suisses maîtrisent habilement leur sujet, faisant de Slania un très bon disque, immédiat, car mélodique, entraînant et sans temps morts. Entre instrumentaux purement pagan (le très beau “Samon”, la ballade irlandaise ” Anagantios”, “Giamonios” le terminal et désenchanté “Elembivos”, emprunt d’une solennité toute païenne) et cartouches ultra efficaces qui foncent pied au plancher (”The Somber Lay “, “Slanias Song”, scandé par une voix féminine qui copule avec l’organe d’outre-tombe habituel), Eluveitie n’est jamais aussi bon que lorsqu’il parvient à combiner ses deux visages, à l’image du sautillant “Inis Mona”, du puissant “Tarvos” ou de “Calling The Rain”, à l’aide de tout un cortège d’instruments traditionnels (vielle, flûte, mandoline…). 

Imparable, quand bien même Slania manque de variété, pâtit d’une certaine uniformité, tous les titres, sauf quand ils déroulent une architecture intégralement instrumentale, étant fait du même tonneau. Prometteur cependant. 

Gageons du reste qu’avec le soutien du puissant label Nuclear Blast, le groupe ne devrait pas tarder à quitter les méandres de l’underground dans lesquels ils végétait depuis ses (récents) débuts et cartonner. C’est là tout le mal qu’on lui souhaite. (cT2008)


TRACKLISTING
  1. Samon 01:49
  2. Primordial Breath 04:19
  3. Inis Mona 04:09
  4. Gray Sublime Archon 04:21
  5. Anagantios 03:25
  6. Bloodstained Ground 03:20
  7. The Somber Lay 04:00
  8. Slania's Song 05:40
  9. Giamonios 01:23
  10. Tarvos 04:39
  11. Calling the Rain 05:06
  12. Elembivos 06:31
TOTAL RUNNING TIME 48:42



BIENTOT DANS LES BACS : SOILWORK - The Panic Broadcast


02.07.2010
Melodic Death Metal

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : AMORPHIS - Skyforger (2009)

Nuclear Blast - 9/10


Il existe un style, une méthode Amorphis dont ses membres ne se sont jamais départis et qui repose sur un sens de l'écriture précis, sur des titres ciselées, courts généralement plutôt que calibrés, illuminés par des refrains aisément mémorisables et par des guitares qui tissent des mélodies efficaces qui s'accrochent au caberlot aussi vite qu'une nymphomane à un mâle. Que l'on adhère ou pas à son évolution, le groupe n'a jamais réellement déçus, quand bien même il s'est peu à peu éloigné des rivages death metal (toujours très mélodiques toutefois) de ses débuts. Intéressant d'ailleurs de voir comment beaucoup de formations de la même génération ont suivi des parcours identiques (Paradise Lost, Anathema...).

Mais depuis l'embauche de Tomi Joutsen chargé de tenir le micro suite au départ de Pasi Koskinen, les Finlandais semblaient vouloir renouer, quoique timidement, avec leur passé. Moins atmosphériques que leurs récents aînés, Eclipse et Silent Waters bénéficiaient du chant tour à tour velouté ou plus agressif du nouveau venu qui a su faire oublier son pourtant remarquable prédécesseur, ce qui n'est pas un mince exploit. Etonnement, Skyforger, leur nouvelle livraison, si elle s'inscrit dans leur sillage, louche pourtant, sans en être non plus une photocopie, vers le sublime Far From The Sun (2003), dernier album avec Koskinen et sans doute le plus progressif du lot. En plus musclé néanmoins. L'ensorcelant "Sky Is Mine" aurait ainsi pu se glisser sans mal au beau milieu des chansons qui le structuraient.

Joutsen a pratiquement rangé au placard son chant death, moins présent que sur les deux précédents albums, sauf sur "Majestic Beast", par ailleurs un des titres les plus sombres que les Finlandais aient sans doute composé depuis des lustres et ce, en dépit des nappes de claviers hantées avec ce son de Mellotron à la King Crimson, qui l'enveloppent tel un linceul, voire sur certains couplets et, bien que dans une moindre mesure, sur "Sampo", longue pièce (plus de six minutes toute de même) qui ouvre l'album sur une note inhabituelle. Il s'agit en effet d'un morceau très progressif, coloré d'un panel d'ambiances et guidé par ces riffs entêtants dont Esa Holopainen a le secret.

Sinon, Skyforger, oeuvre équilibrée que l'on sent toujours conduite par une ligne droite et cohérente, concentre dix chansons toutes excellentes. Un vrai travail d'orfèvres. Ecoutez les imparables "From The Heaven Of My Heart", que rehausse de jolies parties de piano, "Silver Bride" (zébré lui aussi de quelques parcimonieuses voix d'outre-tombe) pour vous en convaincre. Ces petits bijoux ne vous quittent plus ; vous vous surprenez à les fredonner tout le temps, sous la douche, même en faisant l'amour ! Que dire de plus ?

Si... Un - très léger - bémol, toutefois : la première moitié, irrésistible car elle concentre les pépites les plus accrocheuses, fait de l'ombre à la seconde, pourvu de titres peut-être moins évidents (le plus complexe "Highest Star", qu'introduit des touches folkloriques, le fabuleux "Skyforger", avec ces quelques teintes celtiques et ses choeurs ou "From Earth I Rose" qui s'achève sur de discrets arpèges ), bien que tout aussi réussis et travaillés.

Ce neuvième opus d'Amorphis se révèle donc être encore un sans-faute, plus inspiré encore que ne l'étaient Eclipse et Silent Waters, en tout point superbes pourtant, juste milieu habile entre ceux-ci et les derniers opuscules de l'ère Koskinen et a de fortes chances de s'imposer comme une des pierres angulaires de la discographie des Finlandais qui n'en manque déjà pas... (cT2009)

TRACKLISTING
  1. Sampo / 6.08
  2. Silver Bride / 4.13
  3. From the Heaven of My Heart / 5.20
  4. Sky is Mine / 4.20
  5. Majestic Beast / 4.19
  6. My Sun / 4.04
  7. Highest Star / 4.44
  8. Skyforger / 5.15
  9. Course of Fate / 4.15
  10. From Earth I Rose / 5.04
TOTAL RUNNING TIME : 47.42



BE'LAKOR - Stone's Reach (2009)

Kolony Records 9/10

On peut arborer des atours mélodiques sans pour autant être mou du riff. Be’lakor l'a bien compris. Originaire d'Australie, le groupe est même probablement ce que le death métal a livré de  plus jouissif depuis (très) longtemps. Son deuxième opus, Stone's Reach, est un petit chef-d'œuvre alliant puissance, émotion et technique... Et plus encore une beauté à donner des frissons, preuve en est ces parties de guitares grisantes qui ouvrent des espaces grandioses. 

Chantre d'un death plus épique que simplement mélodique, qui pourra parfois évoquer, de manière lointaine toutefois, Opeth, Be’lakor séduit dès le premier titre, le fabuleux "Venator", dont l’intro, cristalline et envoûtante, est absolument superbe. Puis le chant caverneux surgit et le titre se met à galoper à travers de vastes contrées durant près de dix minutes. 

Braconnant sur les terres du death façon Göteborg, "From Scythe to Sceptre" transcende néanmoins son modèle grâce à des aplats tortueux et par un pont acoustique d' une belle justesse de touche. Avec "Outlive the Hand", Stone’s Reach atteint un de ses Evrest. Passé les premières mesures, la cadence s'emballe et tutoie une forme de majesté épique. Les riffs sont beaux à en pleurer, pointes traçant des modelés d'une richesse foisonnante. Et là aussi on note la présence d' un break lumineux. 

Bien que complexes, tous les titres développent une architecture aux lignes pures, qu'ils déroulent sur des durées qui doivent davantage au progressif qu'au métal de la mort. Mangeuses d'espace, les guitares tissent des mélodies exsudant parfois une vraie tristesse ("Sun's Delusion" l'instrumental épuré "Husks" tout en arpèges veloutés). 

Chacun des huit morceaux mériterait une description détaillée pour tenter d’en dévoiler toutes les arcanes. Mais comme une écoute aussi passionnée qu’attentive vaudra toujours mieux qu’un long discours, je vous laisse découvrir ce joyau et ce groupe dont on entendra très vite reparler, c’est une évidence. Tout est là et en place : fluidité, écriture au cordeau, érection créatrice des grands jours. La classe.

TRACKLISTING
  1. Venator 08:37
  2. From Scythe to Sceptre 06:58
  3. Outlive the Hand 08:39
  4. Sun's Delusion 09:09
  5. Held in Hollows 07:24
  6. Husks 02:48
  7. Aspect 05:52
  8. Countless Skies 10:00
TOTAL RUNNING TIME 59:27

BE'LAKOR

Australie Origine
Melodic Death Metal Genre
2004 Formation
MySpace



Disco
The Frail Tide (2007)

ELUVEITIE - Everything Remains As It Never Was (2010)

Nuclear Blast
8/10












Il faut battre le fer tant qu'il est chaud. Voilà un adage que Eluveitie applique à la lettre depuis qu'il a explosé il y a deux ans. Un album studio (Slania au succès que l'on sait), un live (Live At Metalcamp), une pause acoustique (Evocation I - The Arcane Dominion) et en ce début 2010, un (déjà) quatrième opus. De fait, après des prémices discrets et modestes, les Suisses semblent vouloir rattraper le temps perdu. Et comme la qualité est à chaque fois au rendez-vous, personne ne se plaindra de ce stakhanovisme généreux.

Profitant aussi bien de l'engouement pour le folk métal, le death mélodique à la suédoise et la touche féminine, Eluveitie a su concocter une recette personnelle dont Everything Remains As It Never Was se nourrit sans vraiment chercher à la modifier. Des titres courts, ramassés, un tempo effréné, une voix caverneuse masculine, celle du leader Christian "Chrigel" Glanzmann, quelques choeurs féminins ("Quoth The Raven"), le tout souligné par des couleurs folkloriques peintes par une poignée d'instruments traditionnels (flûte, mandoline, hurdy gurdy...), sont les atours affichés par une formation qui sait surtout écrire de vraies chansons taillées pour la scène et pour faire headbanguer les fans.

Pas de surprise donc avec ce nouveau cru qui creuse le même sillon que Slania. Entre une intro ("Otherworld") et une outro ("The Liminal Passage"), il alterne compositions métal saupoudrées de touches folk ("Everything Remains As It never Was", "The Essence Of Ashes", "Sempiternal Embers") et morceaux instrumentaux sans cuirasse électrique (les très beaux "Isara" et "Selton"). L'album compte les hymnes par palettes entières ("Thousandfold", "Nil") et se boit d'une traite sans aucun temps mort.

S'il ne se distingue donc pas réellement en terme de style de son prédécesseur saturé, on notera cependant un trait parfois plus brutal (tout est relatif bien entendu), à l'image de certains passages de "Kingdom Come Undone" ou du mur rythmique dressé par "(Do)minion". Les Suisses s'essayent même au solo de guitare, exercice pourtant assez éloigné de leur style, avec "Lugdunon", pour un résultat plutôt convaincant. Eluveitie ne prend donc aucun risque, après un essai acoustique seulement à moitié réussi. Il livre ce que ses admirateurs de plus en plus nombreux attendent de lui. On peut le regretter tout en reconnaissant toutefois que sa musique se justifie surtout justement quand elle marie métal extrême et partition folklorique et pas uniquement cette dernière.

Néanmoins, il ne faudrait pas que le groupe s'enferme dans un schéma trop prédéfini, automatique. Certains en font une carrière (Iron Maiden, AC/DC) mais Eluveitie ne possède pas un talent identique pour pouvoir se le permettre. Ceci étant, Everything Remains As It Never Was est une bonne cuvée : ne boudons pas notre plaisir... (cT)


TRACKLISTING
  1. Otherworld 01:57
  2. Everything Remains As It Never Was 04:25
  3. Thousandfold 03:20
  4. Nil 03:43
  5. The Essence of Ashes 03:59
  6. Isara 02:44
  7. Kingdom Come Undone 03:22
  8. Quoth the Raven 04:42
  9. (Do)minion 05:07
  10. Setlon 02:36
  11. Sempiternal Embers 04:52
  12. Lugdūnon 04:01
  13. The Liminal Passage 02:15
TOTAL RUNNING TIME 44:23

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ELUVEITIE

Suisse Origine
Folk/Death Metal Genre
2002 Formation
MySpace









Disco
Vên (2003/Demo)
Vên (2004/EP)
Spirit (2006)
Slania (2008)
Live At Metalcamp (2008/Live)
Evocation I : The Arcane Dominion (2009)

SPLIT - Tales Of Vanity (2009/EP)


Self Released
7.5/10










Ce qui rend Split si foncièrement sympathique, c'est sa sincérité. En effet, quand bien trop de suiveurs, puceaux de l'imagination, se contentent de photocopier une recette qui a fait ses preuves et, ce faisant, n'osent prendre (surtout) aucun risque, ces Lorrains se vident de la musique qu'ils ont dans le sang sans chercher à savoir dans quelle case prédéfinie celle-ci doit forcément se ranger. Eux n'en ont cure. Et de toute façon, si vous leur demandez quel style ils pratiquent, ils seraient bien en peine de répondre.

De ce détachement découle en fait toute la valeur de la plastique que ces mecs peignent avec un mélange de mélodie, d'énergie digne de celle qui propulse les vagues lorsqu'elles se fracassent contre un mur de falaises, d'émotion aussi. Encore peu connu, Split a pourtant déjà accouché de trois démos depuis sa mise en service à la fin des années 90.

Concentré d'intensité brute de trente minutes peut-être, "Tales Of Vanity" n'a pas besoin de plus pour confirmer tout le potentiel de cette équipe qui s'est déjà frotté sur les planches à quelques noms de la scène hexagonale telles que Dagoba ou L'Esprit Du Clan. Une écoute distraite des cinq pistes au programme permettra sans doute de définir un death-metal mélodique à la suédoise aux oripeaux thrash et hardcore. Les éructations d'Adrien ainsi que certaines parties de guitares façon In Flames ("D'eau claire et d'acier") participent de cet arrimage.

Mais, pour la raison énoncée plus haut, "Tales Of Vanity" n'est jamais parasité par les stéréotypes qui polluent désormais le genre maintenant qu'il est devenu une influence pour beaucoup. A l'image du visuel qui lui sert d'écrin, inspiré car s'extirpant du conformisme esthétique du death-metal, de la musique forgée par Split respire une profonde liberté, ce qui leur permet de poser un instrumental guidé par des lignes de guitares d'une belle justesse de touche lequel, placé en milieu de parcours, fait office de pivot d'un album élaboré comme un concept. Le foisonnant "The Least Of Our Smiles", sans doute l'Everest de "Tales Of Vanity" et ses multiples couches, illustre également très bien cette absence de carcans.

Surtout, Split réussit l'exploit de donner l'impression que son disque ne dure pas une petite demi-heure mais le double ! Il y a là autant d'idées (les fractures rythmiques cisaillant "Halcyon Stream" par exemple) que de passagers dans une rame de métro francilienne en fin d'après-midi. Les morceaux, forts de développements assez longs, ont du relief et une enveloppe séduisante car taillée par des musiciens (dont le batteur de l'excellent Caldera) réfléchis et que l'on sent bien rodés. De la musique en mouvement perpétuel et un groupe qui devrait s'imposer parmi les meilleurs soldats français d'un mental moderne et traditionnel à la fois. (cT)

TRACKLISTING
  1. D'eau claire et d'acier 06:42
  2. The Least Of Our Smiles 06:54
  3. Tales Of Vanity 03:06
  4. The Exchequer 06:47
  5. Halcyon Stream 05:20
TOTAL RUNNING TIME 28:49
MySpace Disco

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SPLIT


France Origine
Death Mélodique Genre
1998 Formation
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Disco
Ecume de vie (2004/Demo)
For All Her Nature Beauty (2006/Demo)
Tales Of Vanity (2009/EP)

BIENTOT EN LIVE : Fractal Gates





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