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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Calling the Wild (2000)

SPV - 8/10

Fin des années 90, rien ne va plus pour Doro. Ses deux derniers albums, Machine II Machine (1995) et Love Me In Black, qui l'ont vu tenter l’alliage entre heavy et métal indus, déçoivent une bonne partie de ses fans. De plus, mécontente de la promotion assurée par WEA, elle décide à nouveau de changer de label. C’est vers SPV qu’elle se tourne. L’image plus métallique de l’écurie allemande est-il alors un indice révélateur quant à un retour aux source pour la belle ? En partie, oui.

S’il conserve encore certains oripeaux de ses (més)aventures récentes, notamment une certaine lourdeur martiale, vestige qui peut s’expliquer par la nouvelle participation de Jürgen Engler et Chris Lietz de Die Krupps, Calling The Wild, son septième effort en solitaire, la montre se souvenir qu’elle fut une des premières Metal Queen et probablement la meilleure d’entre elles. Le fait qu’elle ait fait appel, outre ses musiciens habituels, à des mercenaires de la trempe de Eric Singer (Kiss), Al Pitrelli, Bob Kulick ainsi que les légendes vivantes Lemmy et Slash, que l'on ne présente plus, est une manière pour elle de récupérer en même temps qu’une forme d’héritage sa place au sein de sa famille de cœur. Il est une déclaration, ce que son nom peut suggérer.

Reposant sur un canevas familier, alternance de titres heavy et de ballades, Calling The Wild, en ne conservant de ses deux prédécesseurs, que les atours les plus heavy, réussit le mariage puissant entre fuselage massif ("Dedication", presque Thrash, la reprise de Billy Idol, "White Wedding" …), hymnes instantanés ("Kiss Me Like A Cobra", "Burn It Up", "Ich Will Alles" et "Now Or Never", propulsé par le jeu nerveux de l’ex Guns’n’ Roses), qui manquaient tellement à Machine II Machine et Love Me In Black, et respirations touchantes que la chanteuse transcende par sa voix si particulière ("Scarred", "Give Me A Reason", "Danke" et bien sûr "Love Me Forever", duo devenu célèbre avec le leader de Motörhead). Comme toujours, l’Allemande donne tout ce qu’elle a, artiste sincère et passionnée qui mérite un éternel respect.

Les quelques pistes un plus anecdotiques qui le parsèment, n’empêchent pas cet album se s’imposer non seulement comme le plus dur que Doro ait jamais livré mais aussi, et surtout, comme son meilleur travail depuis Angels Never Die voire même depuis son opus éponyme. C'est dire. Il met donc fin à plusieurs années d'égarement. Doro, on t’aime ! (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Kiss Me Lika a Cobra 03:18
  2. Dedication (I Give My Blood) 03:54
  3. Burn It Up 02:45
  4. Give Me a Reason 04:19
  5. Who You Love 03:51
  6. Scarred 04:39
  7. Ich will alles 02:26
  8. White Wedding 04:37
  9. I Wanna Live 02:42
  10. Love Me Forever 05:15
  11. Fuel 03:50
  12. Constant Danger 03:39
  13. Black Rose 03:43
  14. Now or Never (Hope in the Darkest Hour) 03:51
  15. Danke 02:57
TOTAL RUNNING TIME 56:02





LA CAVE DE CHILDERIC THOR : SLOUGH FEG - Ape Uprising (2009)

Cruz Del Sur - 8/10

Des présentations s'imposent, je pense. Car qui connaît Slough Feg en France malgré une carrière débutée en 1990 et déjà six opus à son actif ? Pas grand monde, hormis une poignée d'amateurs connectés à la scène metal de San Franscico.

En effet, ce groupe, dont le nom entier est The Lord Weird Slough Feg a notamment accueilli dans ses rangs John Cobbett, guitariste de Hammers Of Misfortune, Ludicra et autrefois des affreux Gwar. Mais c'est surtout le chanteur Mike Scalzi qui reste la clé de voute de l'édifice, sa voix puissante est ainsi pour beaucoup dans la signature de ces Américains auxquels on pourra toujours reproché d'avoir un trop têter le sein du Iron Maiden de la première moitié des années 80 et plus particulièrement de ses deux galettes pilotées par le timbre de Paul Di'Anno. Le mimétisme est parfois flagrant, depuis les lignes vocales jusqu'aux cavalcades rythmiques sans oublier les harmonies tissées par les six cordes.

Par rapport à son prédécesseur, l'excellent Hardworlder, Ape Uprising s'il suprend, ce n'est pas dans le fond - on y croise donc à nouveau ce bon vieux heavy metal avec jeans moule-bite et un thème de SF au niveau des textes comme sur les trois essais précédents - mais davantage dans la forme. Court, le disque aligne moins de titres qu'à l'accoutumée et parmi ceux-ci on a même un - le meilleur - qui n'hésite pas à franchir la barre des dix minutes ("Ape Uprising" et sa basse volubile).

Pour le reste, les geeks seront en terrain connu et bien balisé. Certains estimeront que Slough Feg commence à sérieusement se répéter et demeurera de toute façon toujours dans l'ombre de son inacessible modèle. Pas faux. Néanmoins, il est aussi permis de prendre son pied avec ces huit morceaux directs et habillés d'un son bien gras. "The Hunchback Of Notre Doom" (quel titre !), enclume lancinante aux confins du doom qui étonne en guise d'entame ; "Overborn", classique pour le groupe mais franchement jouissif ; "Ape Uprising", bien entendu, qui démarre par des roulements de toms accrocheurs, longue chevauchée qui permet aux instruments de galoper dans tous les sens; "Simeon Manifesto" où la voix haut perchée de Scalzi fait des merveilles sur fond de modelés des plus maideniens et de joutes guitaristiques à la limite du point G ; "Skadown At The Six" et son tempo rapide.

Voilà quelques uns des hauts faits d'arme émaillant une architecture qui va à l'essentiel et ne s'embarasse cette fois pas de ces très courtes chansons qui d'habitude en cisaillent la trame. De fait, Slough Feg vient peut-être de livrer avec Ape Uprising son meilleur album à ce jour car pour la première fois, il n'y a rien à jeter dans son menu, pas de déchets, pas de gras à repousser sur le bord de l'assiette. Excellent. (CT)

TRACKLISTING
  1. The Hunchback of Notre Doom / 4.47
  2. Overborne / 2.53
  3. Ape Uprising / 10.02
  4. Simian Manifesto / 4.09
  5. Shakedown at The Six / 3.51
  6. White Cousin / 3.09
  7. Ape Outro / 3.17
  8. Nasty Hero / 5.25
TOTAL RUNNING TIME : 37.33



LA CAVE DE CHILDERIC THOR : BLACK SABBATH - Born again (1983)

Vertigo - 7.5/10

Nonobstant des qualités réelles sur lesquelles nous reviendrons et que de nombreux fans du groupe se refusent encore à admettre, Born Again ouvre pourtant une période sombre, pour ne pas dire chaotique, dans sa carrière qui ne prendra fin qu’avec le retour d’Ozzy Osbourne dans le giron maternel en 1997, tunnel tortueux que le come-back éphémère de Dio entre 1991 et 1992 ne brisera pas vraiment.

Lorsque le lutin décide en 1982 de prendre ses cliques et ses claques pour diriger (enfin) sa propre formation, tout le monde se demande qui va lui succéder au sein du Sabbath Noir. La petite histoire veut que ce soit lors d’une soirée durant laquelle Tony Iommi, Geezer Butler et Ian Gillan ne se sont pas contentés de boire de l’eau minérale que l’union avec l’ancien chanteur de Deep Purple, alors en panne de succès depuis longtemps et en attente de la reformation prochaine du dinosaure, ait été scellée (!).

Si, à l’annonce de cette nouvelle, il était permis de trouver cette alliance sinon mauvaise au moins assez curieuse, le timbre de Gillan étant très différent de celui de ses deux prédécesseurs, à l’arrivée, Born Again, le fruit de ce mariage étonnant, s’impose comme un très grand disque, habile synthèse entre les ambiances sinistres des premiers opus et la lourdeur tellurique du dernier Dio.

Bénéficiant en outre du retour du batteur prodigue Bill Ward, débarrassé - pour un temps seulement - de son addiction à l’alcool, Black Sabbath n’a alors jamais sonné aussi noir et écrasant. Précurseur du Doom, il annonce même avec l’infernal "Zero The Hero", monumentale pièce longue de près de huit minutes, les excavations caverneuses que le genre sculptera à partir des années 90.

Si toutes les oreilles sont (forcément) braquées vers la performance du chanteur, moins catastrophique que prévue mais dont on préfère tout de même admirer le talent chez Purple, il faut louer le jeu plus abyssal que jamais de la paire Iommi/Butler qui plonge Born Again dans une mine de charbon qu’aucune lumière n’atteint. Même la ballade éponyme, douloureusement malsaine, est recouverte d’un suaire lugubre.

Mais, entre un Bill Ward rapidement remplacé par Bev Bevan (ex Electric Light Orchestra), un décor de scène gigantesque, reproduction de Stonehenge démentielle qu’aucune salle de concert n’est suffisamment spacieuse pour accueillir, et un Gillan victime de trou de mémoire et qui, les tournées une fois achevées, quitte comme prévu le groupe pour participer à la résurrection attendue du Pourpre Profond, cette incarnation sabbathienne sera vite avortée.

Unique témoignage de ce line-up improbable, Born Again est certes inégal car parasité par deux instrumentaux dispensables ("Stonehenge" et "The Dark") et les peu réussis "Digital Bitch" et "Hot Line", et pâtissant d’un mixage malheureux, il est néanmoins enténébré par quelques compositions hallucinantes ("Trashed", "Disturbing The Priest"….) et une atmosphère pesante et cryptique bien rendue. Jusqu’à Dehumanizer, le groupe ne fera pas mieux… (cT2010)

TRACKLISTING
  1. Trashed 04:16
  2. Stonehenge 01:58
  3. Disturbing the Priest 05:49
  4. The Dark 00:45
  5. Zero the Hero 07:35
  6. Digital Bitch 03:39
  7. Born Again 06:34
  8. Hot Line 04:52
  9. Keep It Warm 05:36
TOTAL RUNNING TIME 41:04




LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Love Me In Black (1998)

WEA - 5/10

Alors que la chanteuse nous avait habitués à une inspiration prolifique, offrant un nouvel opus tous les ans ou presque, il faut attendre trois années, cependant remplies de produits divers (compilations, EP…) avant de pouvoir goûter le successeur du controversé Machine II Machine (1995). Cette longue gestation peut s’expliquer à la fois par la rupture du contrat qui la liait depuis 1985 à Polygram et par la volonté de peaufiner ce sixième album solo.

Forte d’une alliance avec WEA, elle décide de poursuivre en partie la collaboration avec Jürgen Engler et Chris Lietz de Die Krupps, tout en faisant appel au compositeur Pop Jimmy Harry. Cette double association va déterminer la couleur de Love Me In Black. Disque à deux visages tel un Janus du Heavy Metal, il tente de plaquer à l'alternance entre titres péchus et ballades qui a fait le succès des premières offrandes de Doro, les atours plus modernes et quasi électro développés par l’œuvre précédente.

Comme on pouvait s’y attendre, le résultat est fortement mitigé Le menu commence par deux morceaux aux guitares très lourdes, "Do You Like It" et "Brutal And Effective", auxquels succède la ballade éponyme aux contours hypnotiques. Puis déboule ce "Pain" froid et trafiqué aux hormones indus. Après le dispensable "Tausend Mal Gelebt", "Terrorision" enfonce le clou avec sa rythmique martial.

Presque parvenu à la moitié de Love Me In Black, un premier bilan s’impose : sans être mauvais, aucun titre jusqu’à présent ne devrait détrôner les hymnes d’autrefois. Car c’est justement ce qui fait cruellement défaut à cette rondelle: l’absence de brûlots imparables, ceux que l’on a envie d’écouter dans sa voiture ou de chanter en se tordant le cou dans un quelconque festival allemand.

Le reste du programme ne corrige pas cette faiblesse. Trop de ballades sans saveur ni émotion ("Long Way Home", "Kiss Me Good-bye"…), trop d’expérimentations (le néanmoins puissant "I Don’t Care", "Poison Arrow") tellement loin de l’univers auquel Doro est affiliée. Seule peut-être la reprise de Heart, "Barracuda" (tirée de Little Queen) retient un peu l’attention mais sauve difficilement ce disque de l'ennui.

Jugeant l’album inadapté pour le continent nord-américain, WEA ne le publiera qu’en Europe, décision sévère mais qui peut se comprendre, d’autant plus que sa réussite artistique reste très contestable. A trop vouloir expérimenter, Doro s’est franchement détournée de son giron maternel, ce qui explique l’échec de Love Me In Black que l’on peut considérer comme son travail le moins réussi. Que Force Majeure ou Doro paraissent loin ! Heureusement, deux ans plus tard, Calling The Wild la verra (enfin) renouer avec son passé (simplement) heavy. (cT2010)
TRACKLISTING
  1. Do You Like It? 03:05
  2. Brutal and Effective 03:13
  3. Love Me in Black 04:49
  4. Pain 04:19
  5. Tausend mal gelebt 04:37
  6. Terrorvision 02:27
  7. I Don't Care 03:43
  8. Kiss Me Good-Bye 04:54
  9. I Want You Back 04:51
  10. Long Way Home 05:05
  11. Barracuda (Heart cover) 03:10
  12. Poison Arrow 03:57
  13. Prisoner of Love 04:29
  14. Like an Angel 04:15
TOTAL RUNNING TIME 56:54





LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Machine II Machine (1995)

Polygram - 6/10

Savez-vous à quoi reconnaît-on le talent ? Sans doute (entre autre) à la capacité précieuse de sauver sa peau quoiqu’il arrive. Démonstration avec le Machine II Machine de Doro.

Après s’être imposée comme une des rares femmes à pouvoir rivaliser avec les hommes au sein de la chapelle Heavy durant les années 80, puis prouver qu’elle pouvait exister par elle-même grâce à ses premières aventures en solitaire, la chanteuse allemande surprend tout le monde en gravant en 1995 ce cinquième opus aux traits volontairement modernes, lourds et indus. Cet alliage curieux aurait pu aboutir à une réussite, pourquoi pas ? Ce n'est pas tout à fait le cas.

Est-ce à dire que Machine II Machine est honteux ? Que nenni ! Inégal, trop long et maladroit, en revanche, oui. Prolongeant, après Angels Never Die, sa collaboration avec le producteur Jack Ponti, Doro fait aussi appel à Kevin Shirley (Dream Theater, Iron Maiden), tandis que le bassiste Greg Smith, qui participe la même année au Stranger In Us All d’un Rainbow reformé, la seconde pour l’écriture sur la majorité des titres.

Si certaines chansons dégagent une puissance incontestable, citons par exemple les premières salves ("Tear It Up", l’hypnotique "Ceremony", probablement l’une des meilleures du lot, "Are They Coming For Me", dont les accents arabisant et la mélodie rappelleront le "Kashmir" de Led Zeppelin), cependant que "Don’t Mistake For Love" honore le pur Hard-Rock auquel la belle nous a habitué, d’autres, par contre, sont moins heureuses, tels que les lourdingues "Machine To Machine", "Love Is The Thrill" ou le remix technoïde de "Ceremony" par ses compatriotes de Die Krupps, avec lesquels elle enregistre le complément de cet album, Machine II Machine : Electric Club Mix, EP publié quelques mois plus tard qui, comme son nom l'indique, la voit tâter franchement du bidouillage industriel.

Au moins, reconnaissons à Doro une liberté mêlée d’une vraie sincérité dans sa démarche au moment où certaines de ses concurrentes rentrent leurs griffes soit en suivant les modes (Lita Ford avec Black), soit en se noyant dans la soupe (Lee Aaron, Robin Beck). Peut-être est-ce pour cette raison que, malgré la réussite pour le moins mitigée de cette cuvée, la chanteuse conserve un charme et un talent intactes, à l’aise aussi bien dans le registre agressif ("Like Whiskey Straight") que dans celui de la ballade ("In Freiheit Stirbt mein Here").

Disque aujourd’hui oublié, comme le démontre son absence depuis longtemps lors des concerts de la Teutonne, Machine II Machine n’est pas totalement mauvais mais déçoit et ouvre une période moins glorieuse tant d’un point de vue artistique que commercial pour sa génitrice, baisse de régime et d'inspiration que confirmera Love Me In Black trois ans plus tard. (cT2010)

TRACKLISTING
  1. Tie Me Up 04:59
  2. The Want 06:30
  3. Ceremony 04:56
  4. Machine II Machine 05:01
  5. Are They Coming for Me 04:38
  6. Can't Stop Thinking About You 04:19
  7. Don't Mistake It for Love 04:22
  8. Desperately 04:58
  9. Love is the Thrill 04:06
  10. Light in the Window 04:24
  11. Welcome to the Tribe 03:25
  12. Like Whiskey Straight 04:38
  13. In Freiheit stirbt mein Herz 05:42
  14. Ceremony (Rattlesnake Bite mix) 05:05
TOTAL RUNNING TIME 62:02






SONS OF LIBERTY - Brush-Fires of the Mind (2010)


Parce que cet album a tout d’abord été proposé en téléchargement gratuit sur le site internet qui lui est dédié, il ne faudrait pas que vous pensiez qu’il s’agit d’un produit au rabais mouliné à la va-vite. De la part de Jon Schaffer, musicien à la personnalité affirmée (il y en existe encore) et qui n’a pas pour habitude de se moquer de ses fans, cela aurait été surprenant.

Profitant de la pause que s’est octroyé son principal port d’attache, Iced Earth, groupe dont il est l’incontestable capitaine, le guitariste a décidé de monter un nouveau projet au concept intéressant et louable. En effet, Sons Of Liberty n’est pas seulement de la musique, il se veut aussi une réflexion sur l’histoire et le monde d’aujourd’hui en même temps qu’un moyen de toucher les consciences des fans à travers des textes engagés fustigeant par exemple la corruption politicienne, ou l’esclavage et les multiples liens (vers des livres notamment) présentés sur le site web.

Mais au-delà de cette entreprise ambitieuse, ce qui frappe surtout avec Brush-Fires Of the Mind réside dans le travail abattu par Jon Schaffer. Ce dernier ne s’est ainsi pas contenté de composer, produire et jouer guitare et basse selon son habitude mais il en a aussi assuré toutes les lignes de chant ! Le titre "Stormrider" avait déjà illustré cette qualité ; cela restait néanmoins anecdotique. Or, on découvre avec cet album un très bon chanteur, dont le timbre n’est pas sans rappeler celui de Matt Barlow. Cette proximité permet d’ailleurs de mesurer combien ce dernier, davantage que son éphémère remplaçant Tim Owens, se fond à merveille dans les lignes vocales composées par le guitariste au sein de Iced Earth.

Les similitudes entre les deux groupes ne s'arrêtent pas là, à tel point qu’il serait tentant de s’interroger sur l’utilité de Sons Of Liberty par rapport à son aîné. Au moins, Demons & Wizards, qui réunissait l’Américain et Hansi Kürsch, avaient su dépasser la simple addition Iced Earth + Blind Guardian. De fait, du mur rythmique qui s'érige à grands coups de riffs implacables jusqu'à ses harmonies vocales, ce premier opus porte clairement la signature Schaffer, signature dont il ne se départira sans doute jamais. De nombreux titres auraient très bien pu se glisser dans le menu d’un disque de la Terre Glacée, tels que le gigantesque "Jekyll Island", qu’ouvre une ligne de basse très maidenienne, ou bien les ballades et autres mid-tempo ("Feeling Helpless ?", "Our Dying Republic" et ses airs de "Melancholy").

Mais, en renouant avec une forme de simplicité, de pureté dans son traitement du heavy-métal ("Don’t Tread On Me"), Jon devrait séduire ses admirateurs de la première heure qui ont pu regretter le virage plus mélodique et parfois franchement orchestral qu’il a fait prendre à Iced Earth depuis ces dernières années. Bref, Sons Of Liberty n’est pas "Gettysburg" (The Glorious Burden), composition au demeurant grandiose bien que trop éloignée de la sobriété tranchante des débuts.

Collection de morceaux tous aussi imparables les uns que les autres, Brush-Fires Of The Mind est une excellente surprise, œuvre totale, livrée par un artiste, un vrai, certes parfois contesté (le pauvre est républicain), mais sincère et talentueux. (cT2010)

TRACKLISTING
  1. Jekyll Island 07:19
  2. Don't Tread On Me 05:08
  3. False Flag 04:50
  4. Our Dying Republic 03:48
  5. Indentured Servitude 04:42
  6. Tree Of Liberty 06:11
  7. Feeling Helpless? 04:01
  8. The Cleansing Wind 04:33
  9. We The People 05:18
TOTAL RUNNING TIME 45:50




LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Doro Live (1993)

Polygram - 7.5/10

Ce premier témoignage live de Doro ne couronne pas alors seulement ses quatre premières années en solo mais l’ensemble de sa carrière depuis les années Warlock, dont elle n’a pas manqué de récupérer l’héritage, jusqu'à Angels Never Die. Au total donc, un répertoire déjà bien garni, riche de huit disques, qu’elle honore sur les routes en 1993, moment où elle décide de laisser cette trace scénique aussi bien visuelle que sonore puisqu'une VHS est également mise sur le marché.

De fait, Doro Live peut à la fois être considéré comme un premier bilan pour la jeune femme en même temps que la fin d’un second chapitre en cela qu’il ferme la période la plus glorieuse de sa trajectoire, la suite représentée par Machine II Machine (1995) et Love Me In Black (1998) ne connaîtra pas en effet la même réussite tant artistique que commerciale, avant de renouer néanmoins avec une certaine forme de succès, plus européen qu’américain cette fois-ci, à partir de l’album Calling The Wild (2000).

Avec ses 17 pistes, ce live, capturé en Allemagne les 6 et 7 octobre 1993, semble posséder des allures de best of déguisé. Pourtant, il n’en est rien… ou du moins pas tout à fait. Ainsi, alors que certains albums n’ont droit qu’à la portion congrue, ce qui est regrettable dans le cas de Doro par exemple ou du galop d‘essai de Warlock, respectivement représenté par les seuls "Only You" (une reprise qui plus est, aussi géniale soit-elle !) et "Burning The Witches", True As Steel se voit carrément écarté, ce qui est moins grave vu sa médiocrité, tout comme Force Majeure, ce qui l'est bien davantage.

Triumph And Agony, en revanche, se taille la part du lion - comme c’est encore le cas aujourd’hui - avec quatre citations ("I Rule The Ruins", "Fur Immer"…) cependant que Angels Never Die lui dispute (forcément) la première place en terme de représentation, fort de ses cinq emprunts, dont la ballade "Alles ist Gut". Le reste se compose de titres plus rares, à l’image de "Children Of The Night", issu du single Bad Blood.

Ceci étant dit, Doro Live se révèle être le juste reflet de qu’est la chanteuse à cet instant de sa carrière. Il montre tout le chemin que l’Allemande a alors déjà parcouru depuis ses débuts en 1983 à Düsseldorf. Qui a cette époque aurait pu croire que cette petite blonde s’imposerait comme la déesse du Heavy-Metal dont elle demeure une des plus dévouée ambassadrice encore aujourd’hui ? Cet instantané est une leçon quand bien même quelques grands titres manquent à l'appel ("Alive" par exemple). (cT2010)

TRACKLISTING
  1. I Rule the Ruins 04:09
  2. Hellbound 02:42
  3. Only You (Kiss cover) 04:31
  4. Bad Blood 04:13
  5. So Alone Together 05:24
  6. Fall for Me Again 04:24
  7. Für Immer 06:02
  8. Metal Tango 04:03
  9. Let's Rock Forever 02:20
  10. Eye on You 02:56
  11. All We Are 05:22
  12. Enough for You 04:57
  13. I Am What I Am 02:43
  14. Whenever I Think of You 04:24
  15. Children of the Night 04:04
  16. Burning the Witches 03:29
  17. Alles ist gut 03:48
TOTAL RUNNING TIME 69:31




LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DORO - Force Majeure (1989)

Polygram - 7.5/10

Premier album publié en solo, Force Majeure tient un rôle particulier dans la discographie de Doro en cela qu’il fait office de transition avec son précédent groupe. En 1987, alors qu’il publie son quatrième opus, Triumph And Agony avec le succès que l’on sait, Warlock n’est déjà plus ce qu’il était à ses débuts. De la formation d’origine, la jeune femme, qui s'est très vite imposée au détriment de ses compagnons, est la seule à être encore présente et la musique, au départ très heavy, a peu à peu dérivé vers des rivages plus mélodiques et FM.

Le groupe aurait pu survivre à cette évolution, mais privé du droit de conserver le nom Warlock à cause de leur ex-manager, Doro grave donc en 1989 ce qui aurait pu être le successeur de Triumph And Agony, ce qui explique pourquoi Force Majeure est sorti, à l'instar également de la compilation Rare Diamonds, sous la double bannière Doro + Warlock La présence du batteur Bobby Rondinelli (ex Rainbow), du bassiste Tommy Henriksen et du songwriter Joey Balin, ainsi que le visuel proche graphiquement de l'ultime opus cité plus haut, témoignent qui plus est de cette parenté évidente.

Ce rappel historique exposé, penchons-nous donc sur cette rondelle qu’il est permis de considérer comme une des pierres angulaires de la carrière de la sympathique et charismatique teutonne, qui reste tout de même une des rares femmes à jouir d’une telle aura dans le monde du métal. Il comprend en effet de très bons titres qui poursuivent la direction entamée par le testament de son ancienne formation vers une « américanisation » du son (et du look !), ce que l’album suivant, Doro, fera bien plus que confirmer.

Etonnamment, le menu débute par une reprise du standard de Procol Harum, "A Whiter Shade Of Pale", que la belle revisite avec une réussite certaine, reprise qui deviendra par la suite un des classiques de son répertoire. Suivent ensuite douze chansons originales, parmi lesquelles il faut citer le lourd "Save My Soul", le plus rapide "World Gone Wild", "Cry Wolf" et "Hellraiser", sans oublier "Hard Times".

Doro se fend aussi de plusieurs ballades qui fond mouche, ce qui ne sera pas toujours le cas par la suite : "Mission Of Mercy", assez musclée tout de même, "River Of Tears", enrobée de lignes acoustiques, et surtout le très beau et sobre, bien que court, "Beyond The Trees", où la blonde, accompagné d’un piano, transpire l’émotion.

On comprend pourquoi Force Majeure, rapidement disque d'or en Allemagne, demeure plus de vingt ans après sa sortie, un des albums préférés des fans. (cT2010)


TRACKLISTING
  1. A Whiter Shade of Pale 03:49
  2. Save My Soul 03:47
  3. World Gone Wild 03:54
  4. Mission of Mercy 03:57
  5. Angels With Dirty Faces 03:59
  6. Beyond the Trees 02:28
  7. Hard Times 03:32
  8. Hellraiser 04:57
  9. I Am What I Am 02:35
  10. Cry Wolf 04:47
  11. Under the Gun 03:49
  12. River of Tears 03:55
  13. Bis aufs Blut 00:36
TOTAL RUNNING TIME 46:05



BIENTOT DANS LES BACS : IRON MAIDEN - The Final Frontier


EMI
16.08.2010
Heavy Metal Gods

  1. Satellite 15... The Final Frontier 08:40
  2. El Dorado 06:49
  3. Mother of Mercy 05:20
  4. Coming Home 05:52
  5. The Alchemist 04:29
  6. Isle of Avalon 09:06
  7. Starblind 07:48
  8. The Talisman 09:03
  9. The Man Who Would Be King 08:28
  10. When the Wild Wind Blows 10:59

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : DIO - Lock Up the Wolves (1990)

Vertigo - 6.5/10

Si les débuts de Dio en solo furent remarquables, prouvant ainsi à ceux qui en doutaient qu’il pouvait exister avec succès sans avoir besoin d’un Ritchie Blackmore ou d’un Tony Iommi, la seconde moitié des années 80 témoigne déjà d’une baisse de régime, notamment incarnée par l’inégal Dream Evil en 1987.

C’est dans ce contexte qu’est enfanté Lock Up The Wolves, conçu pour remettre le groupe sur de bons rails. Pour cela, le lutin entreprend le grand ménage de printemps et recrute une toute nouvelle équipe autour de sa personne. Davantage que l’ancien batteur d’AC/DC, Simon Wright et le claviériste et ex Yngwie Malmsteen (et futur Stratovarius !) Jens Johansson, c’est surtout l’embauche d’un jeune inconnu pour tenir le poste Ô combien déterminant de guitariste, Rowan Robertson que Dio présente comme le nouveau Vivian Campbell, qui retient l’attention.

Or contre tout-attente, puisque annoncé comme un retour aux sources, ce cinquième album n’est pourtant pas à la hauteur des espoirs placés en lui. Loin, très loin de la flamboyance de Holy Diver et The Last In Line, il peut se résumer en une collection de morceaux au mieux assez lourds, au pire, paresseux et sans folie. "Wild One" démarre pourtant le programme sur les chapeaux de roue comme le veut la tradition, laissant ainsi espérer un réveil de la réussite d'antan. Suit le sabbathien "Born On The Sun", perle méconnue du répertoire du groupe, où la frappe lourde de Wright imprime un tempo ultra pesant.

Malheureusement, la suite n’est pas du même tonneau, alternant chansons poussives ("Hey Angel", pas désagréable toutefois, "Night Music") et pièces lentes et heavy, néanmoins un peu plus convaincantes telles que le lancinant "Between Two Worlds", le titre éponyme long de plus de huit minutes ou l'émotionnel "My Eyes". Déséquilibré, Lock Up The Wolves aligne donc quelques bonnes compositions, malgré tout tombées dans les oubliettes de la mémoire, et qui voisinent regrettablement avec d’autres bien trop banales ("Walk On Water", "Twisted") eu égard au talent de sa charismatique figure de proue.

Ceci dit, l’interprétation ne saurait susciter la moindre réserve si ce n’est peut-être la discrétion, pour ne pas dire l’absence, de Johansson, étonnamment sage. Dio vocalise merveilleusement comme il l’a toujours fait et le fera toujours, tandis de la jeune recrue s’en sort avec les honneurs sans pour autant faire oublier Vivian Campbell.

Echec artistique autant que commercial, Lock Up The Wolves, alors qu’il aurait dû freiner l’érosion de la popularité de son leader, ne fera en fait que la renforcer encore davantage. Son projet coincé dans une impasse, on comprend alors aisément pourquoi Ronnie acceptera peu après l’invitation faite par ses anciens employeurs pour retourner temporairement sein d’un Black Sabbath lui aussi en pleine déroute, cette réunion devant pour chacune des parties en présence permettre de renouer avec un succès après lequel elles courent alors depuis quelques années… (cT2010)


TRACKLISTING
  1. Wild One 04:02
  2. Born on the Sun 05:39
  3. Hey Angel 04:59
  4. Between Two Hearts 06:27
  5. Night Music 05:05
  6. Lock up the Wolves 08:30
  7. Evil on Queen Street 06:01
  8. Walk on Water 03:42
  9. Twisted 04:44
  10. Why Are They Watching Me 05:00
  11. My Eyes 06:34
TOTAL RUNNING TIME 60:43




LA CAVE DE CHILDERIC THOR : BLACK SABBATH - Dehumanizer (1992)

EMI - 8/10

Au début des années 90, Black Sabbath, ou du moins ce qu’il en reste, n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses deux derniers albums, Headless Cross (1989) et Tyr (1990), dont on ne reconnaîtra les qualités souvent que bien plus tard, sont accueillis dans une indifférence quasi-générale. Malgré un line-up pour la première fois depuis longtemps à peu près stabilisé autour de l’inamovible Tony Iommi, du chanteur Tony Martin, du bassiste Neil Murray et du légendaire batteur Cozy Powell, le groupe poursuit un déclin que rien ne semble vouloir interrompre. Conscient de cet échec et poussé par la Warner, le ténébreux guitariste décide de réunir une formation capable de redorer l’image du dinosaure anglais. Très vite, le bassiste Geezer Butler et Ronnie James Dio, dont la carrière solo est également en panne le rejoignent avec en ligne de mire la réalisation d’un nouvel opus et d'une tournée.

D’abord baptisé Heaven And Hell II, Dehumanizer connaît une conception cependant tumultueuse, moins sur un plan artistique que relationnel. En effet, tous les deux dotés d’un ego surdimensionné, Iommi et Dio ne tardent pas à s’affronter au point que Tony Martin est même rappelé un temps avant de se faire à nouveau lourder. De plus, pourtant anciens compagnons au sein de Rainbow, le chanteur et Cozy Powell ne s’entendent pas davantage. Ce dernier quitte rapidement le navire, permettant la réunion complète du line-up qui enregistra Mob Rules avec le retour de Vinnie Appice.

Gravé sous la houlette de Mack, reconnu pour son travail sur les Queen des années 80, et choix donc à priori curieux, Dehumanizer voit le jour en 1992. C’est une réussite et probablement alors le meilleur disque que Black Sabbath ait enfanté depuis le décrié Born Again (1983), avec lequel il partage en outre une direction ultra-pesante identique (c'était du reste déjà le cas de Headless Cross). Œuvre glaciale et sombre, il est construit sur une succession de titres au tempo très lourd.

En ouverture, "Computer God", impose d’emblée ses traits sculptés au burin. Avec son introduction lugubre à souhait, "After All (The Dead)" s’enfonce encore un peu plus dans des rivages heavy aux confins du doom. "Letters From Earth", le grandiose "Too Late", sommet d’émotions et proche des perles épiques parsemant Mob Rules (façon "Sign Of The Southern Cross" par exemple) ou le presque malsain "Buried Alive", qui voit le guitariste se fendre d'un solo sur lequel plane l’ombre de "Lonely Is The Word" sont les marches successives qui descendent dans les arcanes d’un monde en perdition. Certaines compos affichent une cadence plus véloce, telles que "TV Crimes" ou "Time Machine", émaillé d’une intervention nerveuse du gaucher, mais restent minoritaires, ce dont on ne se plaindra pas car elles ne sont pas les plus marquantes du lot.

Avec un album de cet acabit sous le bras, Black Sabbath aurait dû ensuite transformer l’essai sur scène. Il n’en est rien. Si les concerts sont bons et font le plein, l’entente cordiale entre les musiciens se dégrade et lorsque le groupe accepte d’ouvrir pour Ozzy Osbourne lors de ses deux concerts d’adieu (?), Dio claque la porte et se voit remplacé par Rob Halford. L’épisode Dehumanizer s’achève donc sur une note amère. Opus oublié et mésestimé, ceci expliquant sans doute cela, il mérite de fait d’être (re)découvert. Les prestations offertes par Heaven And Hell depuis 2007, en n'hésitant à piocher dans son menu, ont rappelé sa réussite à notre bon souvenir. (cT2010)


TRACKLISTING
  1.  Computer God 06:10
  2. After All (The Dead) 05:37
  3. TV Crimes 03:58
  4. Letters From Earth 04:12
  5. Master of Insanity 05:54
  6. Time Machine 04:10
  7. Sins of the Father 04:43
  8. Too Late 06:54
  9. I 05:10
  10. Buried Alive 04:47
TOTAL RUNNING TIME 51:15

BRAINSTORM - Just Highs No Lows (2009)

Metal Blade - 7/10 - MySpace


Certaines (mauvaises) habitudes ont la vie dure. Par exemple, celle qui consiste pour un label à automatiquement se délester d'une compilation lorsqu'un de ses poulains quitte l'écurie pour aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. C'est le cas de Metal Blade avec Brainstorm dont le nouvel opus, Memorial Roots, est d'ailleurs sorti il y a peu chez AFM.

Le temps de deux disques remplis jusqu'à la gueule - ce qui est peut-être même un peu trop pour un groupe certes sympathique et qui n'a jamais vraiment déçu mais détenteur d'une aura somme toute modeste - Just Highs No Lows se veut une synthèse qui fait le tour du propriétaire avec une certaine exhaustivité. Ainsi, si ce best of se concentre en toute logique sur les années Metal Blade, soit de 2000 à 2008, il n'en oublie pas pour autant les premiers albums, Hungry (1997) et Unholy (1998), chacun ayant droit à un titre en version live (respectivement "Liar's Edge" et "Voices"). Rapidement visités, ils forment deux opus un peu oubliés aujourd'hui car ils n'étaient alors pas propulsés par le chant puissant de Andy B. Frank (Symphorce), frontman injustement méconnu. Ce n'est pas pour rien que son arrivée au sein de l'équipe pour Ambiguity (2000) a coïncidé avec une phase ascendante en terme de popularité.

Ni fun comme Edguy, ni speed comme Gamma Ray, ni traditionnel comme Grave Digger et encore moins alimenté par l'école Blackmore/Malmsteen à l'instar de Silent Force, Brainstorm, bien qu'arborant une cuirasse assez classique, diffère quelque peu du heavy habituellement usiné par les aciéries d'outre-Rhin, notamment par ces détours vers le power metal que le groupe sait injecter à une plastique aussi mélodique que redoutable. Les lignes vocales sont inspirées et mises au service d'une écriture toujours efficacement ciselée.

Habile flasback, Just Highs No Lows déroule un menu à rebours, débutant par quatre extraits (dont "Fire Walk With Me") de Downburst, dernier album studio publié chez Metal Blade. Puis Liquid Monster est évoqué à part égale, cependant que le merveilleux Soul Temptation, sans doute l'apogée tant commerciale qu'artistique de ses auteurs, se voit représenté par pas moins de six morceaux, dont la trilogie "Trinity And Lust". Le second disque poursuit la remontée dans le temps en honorant Metus Mortis et Ambiguity. Sinon, aucun inédits à l'horizon, si ce n'est quelques miettes (des bonus présents sur des versions japonaises) un peu rares afin d'attirer le chaland, telles que "Breathe", "Face Down" ou "Drowning", bonnes compositions au demeurant et en tout point conformes au style des Allemands. Citons enfin une reprise de Judas Priest, "Before The Dawn", figurant sur le EP All Those Words (2005).

Beaucoup de bonnes choses donc pour cette visite assez complète du répertoire d'une formation dont on se rend compte qu'elle mérite mieux que sa place d'éternel Poulidor du heavy teuton. (cT2009)

TRACKLISTING
Disc 1
  1. Falling Spiral Down 04:40
  2. Fire Walk With Me 04:24
  3. End In Sorrow 04:47
  4. How Do You Feel 03:47
  5. Worlds Are Coming Through 04:55
  6. All Those Words 04:05
  7. Inside The Monster 04:55
  8. Painside 05:42
  9. Heavenly 05:33
  10. Highs Without Lows 05:28
  11. The Leading 05:38
  12. Doorway To Survive 03:22
  13. Shiva's Tears 05:32
  14. Fornever 04:55
  15. Soul Temptation 07:48
Disc 2
  1. Blind Suffering 04:24
  2. Hollow Hideaway 04:25
  3. Shadowland 03:51
  4. Under Lights 06:05
  5. Tear Down The Walls 03:54
  6. Maharaja Palace 05:27
  7. Beyond My Destiny 08:41
  8. Demonsion 06:36
  9. Face Down 05:42
  10. Breathe 04:15
  11. Drowning 04:30
  12. Crawling In Chains 03:47
  13. Before The Dawn [Judas Priest Cover] 03:18
  14. Voices [Live] 06:00
  15. Liar's Edge [Live]05:05

BRAINSTORM

Allemagne Origine
Heavy Metal Genre
1989 Formation
MySpace







Disco
Hand of Doom (1990/Demo)
Heart of Hate (1993/Demo)
The 5th Season (1994/Demo)
Promotape '96 (1996/Demo)
Hungry (1997)
Unholy (1998)
Ambiguity (2000)
Metus Mortis (2001)
Soul Temptation (2003)
Live Suffering : The Official Bootleg (2004/Live)
All Those Words (2005/EP)
Liquid Monster (2005)
Downburst (2008)
Memorial Roots (2009)
Just Highs No Lows (2009/Compilation)


LA CAVE DE CHILDERIC THOR : MESSALINE - In Cauda Venenum (2009)

Ravachol Music - 7.5/10 - MySpace

Rue de l'abreuvoir, il y a un troquet, appelé affectueusement le Café du Paradis. Temple de l'absurde, on y rencontre parfois des femmes guère pudiques, des Messaline. Mais c'est surtout pour ses tenanciers que les habitués s'y pressent, agrippés au comptoir : Mickael, Jean-Charles, Stéphane et Chattos et sa gouaille généreuse. On peut y téter un petit blanc ou une bonne bière de Bresse, se déniaiser en histoire (d'O) et le juke-box crache constamment du bon hard rock.

Bouchon à la bressane, on y mange plutôt bien également. Cette année, la carte offre onze plats et boissons efficaces, qui macèrent dans le heavy metal des années 80. Iron Maiden n'est jamais bien loin ("Espèce d'icône"), comme le démontrent les harmonies usinées par la guitare de Mickael ("Le bûcher des vanités") ainsi que certaines lignes vocales qui convoquent le Bruce Dickinson des débuts.

Pas de prise de tête ici. Les textes, savoureux ("Zèle de poulet") et riches de contrepétries, sont déclamés en français comme dans la grande tradition des eighties par un Chattos, sorte d'enfant bâtard né de l'accouplement sauvage de Christian Décamps (Ange) et de David Byron (Uriah Heep).

Ce menu porte le nom de In cauda Venenum. Les saveurs progressives, oripeaux du passé, qui pimentaient encore un peu les mets précédents ("Les cailles au fenouil" notamment) ont cette fois disparu. L'équipe a trouvé ses marques et vidange une musique plus agressive et travaillée ("Toujours plus bas" et son pont instrumental étonnant, "Ecarte-les" : mmmm... tout un programme !). Le chant se veut plus diversifié, sombre ("L"infirme avant") et presque black metal lors du café (le surprenant et très réussi "In Cauda Venenum").

Les ingrédients sont bien connus des amateurs mais la mayonnaise épaisse, bien préparée dans les cuisines du groupe Furia à Mâcon toujours sous l'oeil du chef Didier Boyat, prend davantage. Chaque plat, assez court, est donc porté par des grattes au goût prononcé de heavy metal (l'intro bien bandante de "Tragic Circus") et par une rythmique chaloupée . Parfois rapides ("Souffler dans le cul de Lucifer"), ou plus lourds comme un bon cassoulet ("Le bûcher des vanités", "Fin de règne"), ce qui est une nouveauté de la part de Messaline, tout passe, de l'apéro au fromage, aussi facilement que le membre de Marlon Brando dans le cul de Maria Schneider dans Le dernier tango à Paris (ah les vertus du beurre !).

Bref, au Café du paradis, on est comme dans une bonne vieille paire de pantoufles, usées mais confortables. Les amis s'y retrouvent. La famille aussi. Certains jugeront sans doute le lieu trop provincial mais c'est aussi ce qui fait son charme. Nombreux pisse-copies parisiens seraient bien avisés d'accorder autant de crédit à Messaline qu'ils le font aux Killers, Malediction et autre Manigance, auxquels les Bressans n'ont clairement rien à envier... (CT 09)

TRACKLISTING
  1. Espèce d'icône 04.13
  2. Le bûcher des vanités 04.26
  3. L'infirme amant 04.13
  4. Toujours plus bas 04.58
  5. Souffler dans le cul de Lucifer 03.43
  6. Fin de règne 05.58
  7. Nougat noir 04.29
  8. Zèle de poulet 04.13
  9. Ecarte-les ! 05.03
  10. Tragic Circus 04.18
  11. In Cauda Venenum 01.04
TOTAL RUNNING TIME : 46.38

MESSALINE

France Origine
Heavy Metal Genre
2004 Formation
MySpace








Disco
... Des mots (2004/Demo)
Guerres pudiques (2005)
In Cauda Venenum (2009)


LA CAVE DE CHILDERIC THOR : REVOLUTION RENAISSANCE - Age of Aquarius (2009)

Scarlet Records - 6/10 - MySpace

Pour ceux qui ont raté le début du film. Quand bien même Timo Tolki ne le considère pas comme un album à part entière de Revolution Renaissance, plutôt comme un moyen de clore le chapitre Stratovarius, son ancien projet, New Era s'est avéré être une excellente surprise et sans doute ce que le guitariste avait délivré de mieux depuis Elements Pt. 1 en 2003. Il est vrai toutefois qu'avec ces titres dont le chant était partagé entre trois intervenants (Tobias Sammet d'Edguy, Mikael Kiske, l'ex-helloween et Pasi Rantanen de Thunderstone), cet essai ne pouvait prétendre se faire passer pour le fruit d'un travail de groupe.

En cela, Age Of Aquarius est bien le "premier"opus du groupe Revolution Renaissance. Mais, autant ne pas tourner autour du pot plus longtemps, il se révèle pourtant inférieur à son aîné d'un an à peine. Oh non pas qu'il soit vraiment mauvais - certaines chansons sont même assez réussies (j'y reviendrai) - néanmoins il faut bien reconnaître que le Finlandais peine à se renouveler, englué qu'il est dans une écriture dont il ne se départira sans doute jamais. Il confirme en outre que le virage plus symphonique négocié par le pan inaugural du diptyque Elements, est bien ce qui correspond le mieux au goût du grand Timo(nier). Le superbe "Ixion's Wheel" se veut même une tentative heureuse de faire cohabiter format court (à peine quatre minutes) et pompiérisme grandiloquent, tandis que "Heart Of All" ou "Ghost Of Fallen Grace" sont entrecoupés d'envolées orchestrales comme on sait que les affectionne Tolki.

Pour autant, il semble avoir abandonné ces hymes automatiques un peu faciles qui restent une des marques de fabriques de Stratovarius et que certains regretteront sans doute. "Age Of Aquarius" est certainement le morceau qui se rapproche le plus de cette formule mais il évite de justesse de patauger dedans. De même, "Sins Of My Beloved" ou "Behind The Mask" sont des épreuves musclées plus proches du hard rock mélodique à la Rainbow (les soli de guitares y font penser) que du true metal stérile.

Mais où le bas blesse, c'est le chant interchangeable de Gus Monsanto (ex-Adagio), sans charme ni personnalité et qui ne parvient jamais à conférer la moindre émotion à des compostions pourtant parfois propices à cela, notamment "So She Wears Black" dont on se prend à imaginer ce qu'elle aurait rendu avec un vocaliste d'une toute autre trempe, plus charismatique. Combien Tolki aurait été inspiré d'embaucher définitivement Pasi Rantanen, remarquable sur les trois titres de New Era sur lesquels il posait ses lignes vocales. Titres d'ailleurs bien lourds, qui n'étaient pas sans évoquer le Black Sabbath période Dio et dont il aurait été bienvenu de retrouver la teneur plus sombre sur ce Age Of Aquarius aux effets un peut trop attendus (et entendus !), comme sur "Kyrie Eleison" et "Into The Future" que colorent des emprunts celtiques d'une banalité affligeante.

Reste un disque agréable qu'un chanteur plus singulier, plus émotionnel aurait transcendé avec panache. Qu'il est loin le temps où Timo Tolki dominait avec Stratovarius le heavy metal européen ! Et qu'il est loin le Elements Pt. 1...(CT 09)

TRACKLISTING
  1. Age Of Aquarius 04:38
  2. Sins Of My Beloved 05:28
  3. Ixion's Wheel 04:25
  4. Behind The Mask 02:54
  5. Ghost Of Fallen Grace 04:45
  6. Heart Of All 06:39
  7. So She Wears Black 07:11
  8. Kyrie Eleison 06:41
  9. Into The Future 05:00
TOTAL RUNNING TIME 47:41

REVOLUTION RENAISSANCE

Finlande Origine
Heavy Metal Genre
2008 Formation
MySpace



Disco
New Era (2008)
Age of Aquarius (2009)

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : HEAVEN AND HELL - The Devil You Know (2009)

Rhino - 8/10 - MySpace

Les temps changent. Si en 1992, le retour de Ronnie James Dio dans le giron sabbathien n'avait pas excité grand monde, ne permettant pas au dinosaure anglais de stopper sa chute de popularité, seulement de la ralentir un moment, il en va en revanche tout autrement aujourd'hui. Il faut dire aussi qu'à l'époque cela faisait déjà bien longtemps que le groupe n'était plus en odeur de sainteté tandis que le nain venait d'aligner deux albums peu convaincants (Sacred Heart et Lock Up The Wolves).

Désormais Black Sabbath est (re)devenu une entité respectée par tous et chaque opus de Tony Iommi en solo est particulièrement bien accueilli. De fait, tout le monde attendait (espèrait) enfin que l'institution se fende d'une nouvelle pierre à son honorable édifice. Ozzy n'a pas l'air pressé d'y participer. Tant pis pour lui (ou tant mieux plutôt) et comme la carrière de Dio est en panne sèche (il a bien tenté de relancer Rainbow mais Ritchie Blackmore s'en moque), quelle meilleure idée alors que de reformer le line-up du début des années 80 ? Dont acte.

Pour d'obscures raisons (un caca nerveux du père Osbourne ?), Iommi, Dio, Butler et Appice décident de se réunir sous un autre nom, celui de Heaven And Hell, référence évidente au chef-d'oeuvre de 1980. Une tournée pour commencer, immortalisée par un live de qualité, trois titres inédits ensuite pour donner un crédit supplémentaire à l'entreprise et aujourd'hui ce premier album de Black Sabbath depuis Forbidden en 1995.

Bénéficiant d'un son à arracher la tapisserie, The Devil You Know est un peu à la croisée de Dehumanizer, le disque qui scella le premier retour (éphémère donc) de Ronnie dans la formation et des deux essais que le guitariste a gravé avec Glenn Hughes au chant. En plus lourd, beaucoup plus lourd. La six-cordes tellurique du gaucher est la colonne vertébrale de chansons ultra heavy dont la rythmique écrase tout sur son passage. Iommi et Butler érige un blockhaus imprenable, aidé en cela par la frappe pesante de Vinnie Appice. Cet album présente dix titres conformes à ce que l'addition de ces talents est censée offrir. Comment, de toute façon, de tels musiciens pourraient-ils enfanter une oeuvre médiocre ? Ils ont bien trop de métier pour cela. Et surtout, ils possèdent le petit plus qui leur permet de se transcender tout en délivrant ce que les fans attendent. Cette qualité leur évite de sombrer dans le fade, le banal, comme bien trop de vieilles gloires sur le retour qui se contentent bien souvent d'une resuccée de leur passé.

Chaque morceau est un bijou d'écriture magnifié par la voix intacte du grand Dio (Ozzy, Ian Gillan, vous entendez ?), plus puissante que jamais. De l'introductif et magistral "Atom & Evil", nanti d'un refrain qui s'accroche à la mémoire comme les impôts aux contribuables jusqu'au terminal et quasi doom "Breaking Into Heaven", enténébré par le jeu du moustachu, du rampant "Fear" au malsain "Follow The Tears, qui s'ouvrent sur une atmosphère gothique envoûtante sans oublier la montée en puissance "Bible Black", le premier single extrait de ce menu très sombre ou bien encore "Rock & Roll Angel" qui permet à Tony Iommi de se fendre d'un solo beau à vous foutre des frissons (absolument) partout.

Rien à jeter donc. Tout est là : les compos, le talent, la personnalité. La classe. Manque juste un peu plus d'émotion, ce que Glenn Hughes était parvenu à conférer à un Fused que je préfère personnellement à The Devil You Know qui s'impose toutefois comme le meilleur album que Black Sabbath (Heaven & Hell) ait livré depuis très (très) longtemps. Meilleur dans tous les cas que ne le fut Dehumanizer. Espérons juste que cette réunion soit pérenne et dure un peu plus longtemps que la précédente... (cT2009)

TRACKLISTING
  1. Atom & Evil 05.15
  2. Fear 04.48
  3. Bible Black 06.30
  4. Double The Pain 05.25
  5. Rock & Roll Angel 06.25
  6. The Turn Of The Screw 05.02
  7. Eating The Cannibals 03.37
  8. Follow The Tears 06.12
  9. Neverwhere 04.35
  10. Breaking Into Heaven 07.03
TOTAL RUNNING TIME : 54.52

BLACK SABBATH / HEAVEN AND HELL

Royaume-Uni Origine
Heavy Metal/Doom Genre 
1969 Formation
MySpace








Disco (Black Sabbath)
Black Sabbath (1970)
Paranoid (1970)
Master of Reality (1971)
Vol. 4 (1972)
Sabbath Bloody Sabbath (1973)
Sabotage (1975)
Technical Ecstasy (1976)
Never Say Die ! (1978)
Heaven and Hell (1980)
Live at Last (1980/Live)
Mob Rules (1981)
Live Evil (1982/Live)
Born Again (1983)
Seventh Star (1986)
Eternal Idol (1987)
Headless Cross (1989)
Tyr (1990)
Dehumanizer (1992)
Cross Purposes (1994)
Forbidden (1995)
Reunion (1998/Live)
Past Lives (2002Live)
Disco (Heaven And Hell)
Live From City Radio Music Hall (2007/Live)
The Devil You Know (2009)




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