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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : KLAUS SCHULZE - La vie électronique 2 (2009)

Spv - 9/10

Alors que le premier volet offrait tout de même une longue pièce inédite ("I Was Dreaming...") pouvant intéresser les geeks du maître allemand, La Vie Electroniques 2 est malheureusement vierge de raretés. De fait, ceux qui possèdent déjà les Jubilee et Ultimate Edition peuvent passer leur chemin.

Pour autant, cette seconde exploration dans les archives de Klaus Schulze se veut tout aussi passionnante que sa devancière. Si cette dernière arpentait la période 1968-1972, celle qui nous intéresse aujourd'hui balaye quant à elle les années 1972 à 1975, soit une phase matricielle dans l'élaboration du son du musicien. Ainsi, il est instructif d'écouter les trois disques dans l'ordre car ils nous permettent de suivre l'évolution de son travail, depuis les expérimentations cosmiques et froides qui ont donné ce chef-d'oeuvre d'avant-garde que demeure toujours Cyborg, jusqu'aux tissus plus planants, plus atmosphériques qui déboucheront sur Moondawn. On assiste à l'élaboration de son son qui peu à peu se met en place.

Surtout, ces documents font taire un préjugé tenace que ceux qui ne connaissent pas son oeuvre attribuent à Klaus Schulze : si les synthétiseurs forment la trame, la matière première de ses créations, il n'hésite pas pourtant à recourir à bien d'autres instruments. Batteur de formation, quoique dans une veine très libre et expérimentale (il n'y a qu'à réécouter son jeu sur le Electronic Meditation de Tangerine Dream ou sur les premiers Ash Ra Tempel, pour s'en convaincre), Schulze est un touche à tout ; il pratique aussi la guitare, comme en témoigne l'étonnant "Minuet", capturé à Berlin en 1973. De même, sa musique n'est pas (et n'a jamais été) entièrement instrumentale. Là encore, des lignes vocales viennent parfois se greffer aux nappes électroniques qu'il tricotte ("Land der Ieeren Häuser" ).

Comme pour le volet inaugural, trois disques de plus d'une heure chacun sont donc nécessaires pour parcourir la genèse de l'identité de l'Allemand. Le premier d'entre eux se compose de cing pistes. Les 20 minutes de "North Of The Yukon", dont la datation reste lâche (entre 1972 et 1973) naviguent dans les effluves énigmatiques de Cyborg. "Nightwind" (1973) se drape dans des sonorités liturgiques superbes que accompagnent des notes de guitares, comme "Minuet", qui lui succède. "Signs Of Dawn" (1973) est par contre une pièce totalement hypnotique, long voyage aux confins de l'étrange, qui évoque déjà certains maillages du futur Timewind. Enfin, "Study For Philip K. Dick", fait honore à son inspiration : barré, cosmique et gangrené par des bruitages bizarres et des effets passés dans un filtre.

Le deuxième pan affiche trois longus plages, dont la premireè, subdivisée en 6 parties, dépasse les 40 minutes ! Toutes ont elles aussi été enregistrées en 1973. Le gros morceau de ce disque est donc bien entendu ce "Das groBe Identifikationsspeil", dérive interminable (dans le bon sens du terme, s'entend !) et avant-gardiste qui dépeint une paysage de science-fiction. C'est une véritable bande-son visionnaire et l'une des matérialisations en musique les plus justes du cosmos. Aride pour le moins. Vient ensuite l'envoûtant "Titanensee", qui étire sur plus de 20 minutes, un voile aérien et évanescent où l'orgue de Klaus (un Farsifa) renoue avec des accents quasi religieux. Vertigineux, "Electric Love Affaire" achève le disque et annonce lui aussi l'ère Timewind.

Gravé en 1973, "Land der Ieeren Häuser" ouvre le troisième et dernier cd sur une note suprenante avec son chant dont j'ai déjà parlé et ses relents psychédéliques (on pense à Amon Düül 2 par exemple) qui l'ancrent bien dans l'époque qui l'a vue naître. Curieux, tout comme ce "Studies For Organ, Keyboards And Drumset" de 1974 lequel, comme son nom l'indique, est rythmé par des parties de batterie cependant que les claviers de Schulze etendent leur lit de sonorités électroniques enveloppées dans des réverbérations hypnotiques. C'est beau, notamment lorsqu'il déroule une trame nébuleuse qui préfigure clairement les créations à venir, à l'image également de "Memento Mori" et "Blaue Stunde", mis en boîte en 1975.

C'est génial et aussi obligatoire que la Carte Vitale.

TRACKLISTING

DISC 1
Gras
  1. North Of Yukon / 20.43
  2. Nightwind / 16.14
  3. Minuet / 11.38
  4. Signs Of Dawn / 22.38
  5. Study For Philip K. Dick / 8.31
TOTAL RUNNING TIME : 79.44

DISC 2
  1. Das Grobe Identifikationsspiel / 41.53
  2. Titanensee / 27.07
  3. Electric Love-Affair / 10.47
TOTAL RUNNING TIME : 79.47

DISC 3
  1. Land Der Ieeren Haüser / 11.14
  2. Studies For Organ, Keyboards And Drumset / 14.51
  3. Memento Mori / 9.08
  4. Blaue Stunde / 37.52
TOTAL RUNNING TIME : 73.05


LA CAVE DE CHILDERIC THOR : KLAUS SCHULZE - La vie électronique 1 (2009)

Spv - 9.5/10 - MySpace


La vie électronique. Quel titre magnifique donné à cette série de compilations – il devrait y en avoir en quatre en tout – retraçant les premiers pas de Klaus Schulze.

Comme toujours avec ce dernier, le menu proposé frôle l’indigestion : trois disques pour plus de deux et demie de musique ! Ceux qui avaient acheté en 1995 et 2000 les sommes que furent les Historic et Ultimate Edition, peuvent passer leur chemin car la grande majorité des titres qui nous intéressent aujourd'hui y étaient déjà présentés, seule la suite en trois parties « I Was Dreaming I Was Awake And Then I Woke Up And Found Myself Asleep » est inédite. De fait, cette triple ration s’adresse surtout, soit aux inconditionnels qui veulent posséder jusqu’aux miettes jamais entendues, soit à ceux qui doivent encore travailler leur Schulze.

Ce premier volume inaugural offre une plongée, mieux un voyage dans le temps – toutes les pistes ont été capturées entre 1968 et 1972 – fascinante ; une époque où l’Allemand découvre cet instrument au potentiel illimité qu’est le synthétiseur, premiers tâtonnements qui aboutiront à la création de Irrlicht (1972) et de Cyborg (1973) soit deux œuvres parmi les plus arides, les plus difficiles d’accès de leur géniteur. D’ailleurs, si vous êtes de ceux qui ont passé des heures et des heures à naviguer à travers les longues échappées cosmiques de ce dernier, alors je ne saurai trop vous conseiller de rapidement faire l’acquisition de ce premier volet.

En effet, bâties autour d’une myriade de sons électroniques, de modelés liturgiques, d’effluves synthétiques planantes et mystérieuses, ces dix plages (la plupart subdivisés en plusieurs phases, sans oublier une très courte interview en allemand datant de 1970) nous permettent d’assister au processus créatif. Il y a là quelque chose de divin, de profondément religieux : c’est le miracle de la Création. On a ainsi presque l’impression d’assister à la genèse de Cyborg. Klaus Schulze avec La Vie Electronique est comme Picasso filmé par Henri-Georges Clouzot dans Le mystère Picasso.

On écoute le génie, le précurseur, l'explorateur du son travailler, expérimenter à l’infini, guidé par son instinct. Il tricote des nappes hypnotiques qui semblent provenir du plus profond du cosmos, rampe de lancement vers l’Absolu, vers ce qui ne peut être touché. C’est magique et on comprend surtout mieux pourquoi cet artiste ne pouvait tout simplement pas se contenter d’un rôle de batteur dans Tangerine Dream même si Electronic Meditation n’est parfois pas très loin, tout comme on comprend que, nonobstant son amitié avec Manuel Göttsching avec lequel il fonda Ash Ra Tempel en 1971, Klaus ne peut être que son propre maître.

Bref, un objet de collection à la géniale (dé)mesure d’un musicien parmi les plus importants de l’histoire de la musique. Si Bach avait croisé la route des synthétiseurs Moog, nul doute qu’il se serait alors appelé Klaus Schulze. En un mot : gigantesque. (24.03.09)

TRACKLISTING

DISC 1
  1. I Was Dreaming I Was Awake And Then I Woke Up And Found Myself Asleep 24.51
  2. The Real McCoy 12.54
  3. Tempus Fugit 26.24
  4. Dynamo 14.19
  5. Interview 1970 00.24
TOTAL RUNNING TIME : 78.58

DISC 2
  1. Traumraum 31.36
  2. Study For Brian Eno 7.20
  3. Cyborgs Traum 39.15
TOTAL RUNNING TIME : 78.11

DISC 3
  1. Die Kunst, Hundert Jahre Alt Zu Werden 64.09
  2. Study For Terry Riley 5.08
  3. Les Jockeys Camouflés 8.03
TOTAL RUNNING TIME : 77.20

KLAUS SCHULZE - La vie électronique 4 (2009)

Spv - 9.5/10 - MySpace

Klaus, je ne sais plus. Non, je ne sais vraiment plus quoi dire, quoi ajouter sur cette somme colossalle qu'est entrain d'établir peu à peu la série  La vie électronique. Je ne sais que dire que sur ce quatrième chapitre que je n'ai pas déjà griffonné à propos de ses trois devanciers. Qu'il devrait être obligatoire comme la carte vitale ou la Carte d'identité ? Déjà dit. Qu'il s'agit ni plus ni moins de l'apogée créatrice de son auteur ? Déjà dit aussi. 

Sur trois disques de plus de 70 minutes chacun, La vie électronique 4, c'est toute la puissance du génie visionnaire de Klaus Schulze, capturée sur scène entre 1975 et 1976. Le premier d'entre-eux, ne forme en réalité qu'une seule et longue pièce de musique, baptisée "Just an old fashioned Schulze Track" et subdivisée en neuf parties. C'est un crescendo lancinant qui voit le maître tricotter un méli-mélo de notes planantes, des arabesques synthétiques. Une myriade de sons libérés par tout un ensemble de claviers er d'orgue Farsifa et autres sequencers qui bouillonnent pour ériger progressivement un pandémonium orgiaque aux dimensions démentielles. Le quatrième segment, en constitue le pivot en même temps que le point d'orgue cosmique. On ne peut être qu'impressionné par la maîtrise, la cohérence du musicien qui réalise ici une performance magistrale aux allures de périple spatial, plus hypnotique (le septième titre) et aux portes de l'étrange parfois. 

Le second disque se divise en trois temps. Tout d'abord "Shadow Piece", composition de 13 minutes dont l'origine reste incertaine, assez bizarre au demeurant. Le gros morceau, à tous les sens du terme, demeure "I Sing The Body Electric" et ses six sous parties. Lors de ce concert français de 1976, Schulze dessine ses tableaux stratosphériques et futuristes qui confinent à la transe comme il en a alors le secret ("The Machineries Of Joy"). Fermant la marche, "Das herz von Grönland" se révèle être dans la continuité du premier cd. 

Enfin, la dernière rondelle agglomère trois compos, "The Andromeda Strain", Make Room, Make Room !" et "Darkest Steglitz" gravées sur bandes en 1976 et proches des effluves cosmiques de Timewind et Moondawn. Mais, comme toujours, l'Allemand ne se contente pas de jouer simplement sur scène ses albums. A partir de ce socle électronique qui forme sa signature, il tisse des modelés inédits qui sont autant de portes vers l'Absolu. Guidé par sa seule inspiration, il décolle vers des sphères mystérieuses dont il nous ouvre les portes sans par ailleurs nous en donner les clés. Magique tout simplement. 

Mais je ne sais toujours pas quoi dire de plus, d'autant plus que sont déjà programmés les volumes 5 et 6. Mais quel artiste, décidément, dont une vie entière ne suffira jamais à découvir l'immensité de l'oeuvre et du génie qui le propulse !(cT)

TRACKLISTING
DISC 1
  1. Just An Old-Fashioned Schulze Track 73:28
DISC 2
  1. Shadow Piece 13:10
  2. I Sing The Body Electric 49:15
  3. Das Herz von Grönland 14:16
DISC 3
  1. The Andromeda Strain 41:46
  2. Make Room, Make Room ! 28:57
  3. Darkest Steglitz 07:43
TOTAL RUNNING TIME 236:01

KLAUS SCHULZE

Allemagne Origine
Progressive Genre
1972 Formation
MySpace









Disco (non exhaustive)
Irrlicht (1972)
Cyborg (1973)
Picture Music (1973)
Blackdance (1974)
Timewind (1975)
Moondawn (1976)
Body Love (1977)
Mirage (1977)
Body Love Vol. 2 (1977)
X. (1978)
Dune (1979)
... Live ... (1980/Live)
Dig It (1980)
Trancefer (1981)
Audentity (1983)
Dziekuje Poland Live 1983 (1983/Live)
Angst (1984)
Inter*Face (1985)
Dreams (1986)
En=Trance (1988)
Miditerranean Pads (1990)
The Dresden Performance (1990/Live)
Beyond Recall (1991)
Royal Festival Hall Vol.1 (1992/Live)
Royal Festival Hall Vol. 2 (1992/Live)
The Dome Event (1993/Live)
Le Moulin de Daudet (1994)
Goes Classic (1994)
Totentag (1994)
Das Wagner Desaster (1994/Live)
In Blue (1995)
Are You Sequenced ? (1996)
Dosburg Online (1997)
Vanity Of Sounds (2000)
The Crime Of Suspense (2000)
Ballett 1 (2000)
Ballett 2 (2000)
Ballett 3 (2000)
Ballett 4 (2000)
Virtual Outback (2002)
Live @ KlangArt 1 (2001/Live)
Live @ KlangArt 2 (2001/Live)
Andromeda (2003)
Ion (2004)
Moonlake (2005)
Kontinuum (2007)
Farscape (2008)
Rheingold (2008/Live)
La vie électronique 1 (2009/Compilation)
La vie électronique 2 (2009/Compilation)
Dziekuje Bardzo (2009/Live)
La vie électronique 3 (2009/Compilation)
La vie électronique 4 (2009/Compilation)
Come Quietly (2009)

LIVE REPORT - Klaus Schulze + Lisa Gerrard (Paris - La Cigale / 23.09.09)







Il faudrait que je vous parle de cette soirée réunissant dans le cadre cossu de la Cigale, le maître de la musique électronique et la déesse Lisa Gerrard. J'aimerais pouvoir le faire. Seulement voilà, les mots me manquent pour la décrire. Envoûtant, magique, ambiance religieuse, voire monacale. Tout cela est vrai mais peine à exprimer ce que public présent a ressenti deux heures durant.





Sachez tout de même que nous avons eu droit à quatre observations. La première, d'une demie heure, a vu l'Allemand draper la salle d'un voile synthétique hypnotique. Après une courte pause, le musicien revient comme micro quelques minutes auparavant avec l'ex Dead Can Dance qui reçoit une ovation incroyable de la part d'une assistance dont une partie s'est sans doute avant tout déplacée pour elle. Pendant près d'une heure, sa voie si singulière qui n'appartient qu'à elle va se marier avec les effluves électronique de Klaus pour une combinaison unique et si complémentaire. Tragédienne hiératique, cette grande dame emporte tout le public avec elle.





Plus courts, les deux interprétations suivantes permettent à Schulze, pour la première d'entre-elles, de tisser une plainte tripante comme il en a le secret tandis que la seconde marque le retour de Lisa le temps d'une respiration superbe. Divin.

Le sentiment d'avoir vécu un moment précieux, rare : voilà ce que je retiendrai de ce concert...








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The Dreamside - Lunar Nature, Ayin Aleph - II, Antrabata - Dark & Bright, Brainstorm - Just High No Lows, Klaus Schulze - La vie électronique 4, Losing Scarlet - Losing Scarlet, Be'lakor - Stone's reach, The Last Embrace - Aerial, Makajodama - S/T, Caprice - Six Secret Words, Dark Sanctuary - S/T, Wedingtoh - Candlelight, Charred Walls Of The Damned - S/T ...
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