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PESTIFER - Age of Disgrace (2010)


Pestifer. Avec un nom aussi malfaisant et une pochette à l’avenant, nous n’attendions pas forcément grand chose de Age Of Disgrace, première campagne de ce modeste bataillon belge pourtant là depuis près de six ans, mais dont les membres sont (ou étaient) actifs dans un bon paquet d'autres groupes (Spectre, Innerfire, Excavated...).

Or, la (bonne) surprise est plutôt au rendez-vous quand bien même il serait un peu exagéré d’affirmer qu’un futur ténor du matraquage en règle est ici en gestation. Il s'agit donc de série B mais bien troussée, efficace, puissante. Pestifer mouline un Death Metal à la recette éprouvée, faite d’assauts rapides bien que toujours très mélodiques ("Mind Control" par exemple) et riche d'une finesse que ses apparents attributs ne suggèrent pas de prime abord.

Techniques, les Belges travaillent un matériau qui, s’il demeure des plus accessibles, ne se résume pas pour autant à une énième resucée de l’école suédoise façon Göteborg. Le groupe lui accole une sécheresse du trait qui ne doit rien à l’approche scandinave. Basé sur des cartouches très courtes, intenses, irriguées par une basse volubile ("Tentacles Of Damnation"), Age Of Disgrace propose un maillage extrêmement compact, d’une densité digne de celle du Japon. Ramassés, ces titres sont remplis jusqu’à la gueule mais conservent cependant une certaine cohérence et restent (heureusement) digestes.

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LA CAVE DE CHILDERIC THOR : GNOSTIC - Engineering the Rule (2009)

Season of Mist - 8/10 - MySpace

Ah le techno death ! Aux jeunes puceaux boutonneux qui viennent de découvrir le metal, cette étiquette ne dira certainement pas grand chose. Mais pour les vieux cons comme moi qui sont tombés dans la marmite à la fin des années 80, ce vocable évoquera beaucoup de souvenirs : la seconde peau de Pestilence, Atheist, Cynic, Death avec Human et ses successeurs, Coroner dans une veine plus thrash toutefois. Bref toute une époque où certains musiciens plus aventureux que d'autres tentent alors de (re)pousser le death metal encore balbutiant vers une contrée plus technique encore, voire carrément progressive, entreprise malheureusement éphémère qu'on croyait enterrée depuis bientôt dix ans.
C'était sans compter toutefois avec la vague de nostalgie qui traverse actuellement notre confrérie aboutissant à des reformations par palettes entières. Mais entre un Pestilence désormais plus brutal qu'expérimental et un Cynic qui a déserté le death metal, le vrai techno death ne semble finalement pas être de retour.

Heureusement, il y a Gnostic. Gnostic, justement attendu comme le messie par tous les adorateurs de cette sous-chapelle. Depuis 2005, date de naissance de ce projet mené par trois membres d'Atheist (les guitaristes Sonny Carson et Chris Baker, ainsi que le batteur Steve Flynn), leur érectomètre est en éveil et au bord de l'explosion à force de se retenir. Leur attente est enfin récompensée car le voilà ce Engineering The Rule tant espéré, ce graal du death metal ultra technique. Mais attention, si vous attendez à y trouver une sorte d'Atheist bis, la déception risque d'être au rendez-vous (si c'est le cas, rassurez-vous, un nouvel opus de ce dernier est envisagé pour la fin de l'année). Certes on reconnaît l'écriture de Carson et Baker mais la voix de Kevin Freeman n'a pas la même tessiture que celle de Kelly Schaefer et ce nouveau projet ne s'arc-boute pas sur un modelé aussi progressif. Voilà, vous aurez été prévenu.

Ceci dit, en à peine quarante petites minutes, cet album respecte le cahier des charges qui a présidé à sa conception : dix pièces d'orfèvrerie très courtes et donc d'une densité égale à celle du Japon qui dégueulent presque d'une overdose de notes. Les musiciens sont tous écoeurants de virtuosité. Véritables pistes de décollage, chaque titre est un empilement de strates où les instruments s'affrontent, se croisent, copulent sous l'oeil vindicatif du chant plus thrash que death de Kevin Freeman, enragé comme c'est pas permis ("Mindlock"). Gnostic nous convie à un festival orgiaque dont on sort épuisé mais heureux.

Quarante minutes, c'est certes peu. C'est toutefois suffisant car Engineering The Rule est rempli jusqu'à la gueule. D'entrée de jeu, "Visceral", met les points sur les "i". Agressif, implacable et percé par un enchevêtrement de six-cordes étourdissant, ce titre est comme une vitrine : le reste est à l'avenant. Amateurs de polyrythmie, vous allez pouvoir jouer du poignet plus qu'à votre tour, entre "Corrosive" et ses duels basse/guitares, un "Slepping Ground" jouissif, "Life Suffering", coloré de touches légèrement jazzy ou bien encore "Violent Calm", transpercé lui aussi par des parties de folie et ouvert par une intro éblouissante. Ca avoine sévère et tant pis si l'émotion est aux abonnés absents (sauf peut-être le temps du superbe "Wall Of Lies") car ce n'est clairement pas le propos.

Dommage toutefois que huit des dix compositions -seuls "Visceral et "Composition" s"avèrent en fait inédits - apparaissaient déjà sur les deux démos Splinters Of Change (2005) et Isolate Gravity (l'année suivante).
Au final, un disque à la hauteur des espoirs placés en lui, doté d'un maillage serré, équilibré car virtuose et direct, sans être trop expérimental. Pas assez sans doute, Atheist était plus novateur. Les deux groupes ont donc chacun leur raison d'être et n'empiètent pas (tout à fait) sur le terrain de l'autre. (cT2009)

TRACKLISTING
  1. Visceral 03.41
  2. Isolate Gravity 03.21
  3. Sleeping Ground 03.41
  4. Composition 04.16
  5. Wall Of Lies 03.36
  6. Violent Calm 04.38
  7. Life Suffering 03.44
  8. Corrosive 03.18
  9. Mindlock 04.11
  10. Splinters Of Change 03.50
TOTAL RUNNING TIME : 38.16

GNOSTIC

USA Origine
Techno Death Genre 
2005 Formation
MySpace








Disco
Splinters of Change (2005/Demo)
Isolate Gravity (2006/Demo)
Enginering the Rule (2009)

LA CAVE DE CHILDERIC THOR : PESTILENCE - Testimony Of The Ancients (1991)

Roadrunner - 8/10 - MySpace

Jusqu'à présent Pestilence pataugeait dans un death metal basique à la floridienne et rien ne lui permettait vraiment de se distinguer des autres garçons bouchers oeuvrant dans le genre, si ce n'est la voix bien caverneuse de Martin Van Drunen. Avec Testimony Of The Ancients, leur troisième offrande, les Hollandais, désormais privés de leur hurleur en chef, entament leur mue qui ne s'achèvera qu'avec le (alors) dernier opus, Spheres. 

Bien que les racines extrêmes en forment le socle, la musique du groupe s'éloigne dorénavant du death pur et dur pour partir à la conquête d'un chemin encore peu balisé : celui du techno death. Architecturé autour de 16 morceaux, qui contribue à lui conférer des allures de forteresse compacte et dont la moitié d'entre eux sont de courts intermèdes instrumentaux magnifiques, Testimony Of The Ancients déroule de fait une technicité ébouriffante. La construction des titres est à l'avenant ; ils sont, à l'image de l'oeuvre de Lovecraft, auquel le titre de l'album semble faire référence, comme des labyrinthes dont seuls les musiciens (et encore) possèdent la clé, dans lesquels on ne peut, pour notre plus grand plaisir, que se perdre. 

S'il a perdu en brutalité, Pestilence a gagné en contre-partie une finesse et un sens de la mélodie qui lui faisaient défaut. Les solis des guitares se révèlent être de pures merveilles, tandis que l'adjonction d'un claviériste vient enrichir sa musique d'une large palette d'atmosphères. Un bijou tel que "Stigmatized" résume à lui seul ce qu'incarne désormais Pestilence. 

On sent en outre que la bande emmenée plus que jamais par Patrick Mameli a été certainement impressionné par les travaux du combo américain Cynic, dont on peut noter la présence sur ce disque du bassiste, Tony Choy. Néanmoins, contrairement à Spheres, son sublime successeur, qui lui ira encore plus loin dans l'expérimentation tout azimut, Testimony Of The Ancients conserve des attaches incontestables avec le metal extrême, suffisamment en tout cas pour empêcher que les bataves se mettent leur public à dos, ce que leur dernière offrande ne manquera pas de faire, pour leur plus grand malheur.

Le chef-d'oeuvre de nos Hollandais (plus si) violents tout simplement, et une oeuvre rare et magistrale qui démontre quel immense groupe fut Pestilence. (cT)

TRACKLISTING
  1. The Secrecies Of Horror 04:56
  2. Bitterness 00:30
  3. Twisted Truth 04:02
  4. Darkening 00:30
  5. Lost Souls 03:40
  6. Blood 00:29
  7. Land Of Tears 04:47
  8. Free Us From Temptation 00:31
  9. Prophetic Revelations 05:21
  10. Impure 01:00
  11. Testimony 03:51
  12. Soulless 00:32
  13. Presence Of The Dead 05:50
  14. Mindwarp 00:25
  15. Stigmatized 05:23
  16. In Sorrow 01:11
TOTAL RUNNING TIME 42:58

CYNIC - Traced In Air (2008)

Season Of Mist - 8/10



Je vais probablement en décevoir certains. Pourquoi ? Parce que contrairement à la majorité qui voit en lui un chef-d’œuvre, unique et précieux, je ne suis pas un admirateur de Focus, le premier et alors dernier opus gravé en 1993 de Cynic, sorte de supergroupe formé autour du guitariste Paul Masvidal, de Jason Gobel et de la section rythmique des deux Sean, Reinert (batterie) et Malone (basse) et surtout chef de file du mouvement techno death metal, soit un metal de la mort ultra technique et virtuose. Ovni musical en avance sur son temps, Focus en a traumatisé pas mal… dont je ne fais donc pas partie et je le regrette. Peut-être est-ce tout simplement parce que je ne l’ai découvert que longtemps après sa sortie ?

Toujours est-il que la nouvelle de la reformation du groupe ne m’a pas fait sauter au plafond. Intrigué, oui, excité, non. Pourquoi intrigué ? Pour une raison bien simple : si je ne suis pas un fan de Cynic, cela ne m’empêche pas d’apprécier toute la galaxie musicale née dans le sillage de sa disparition, toute cette scène finalement plus progressive qu’extrême, celle de Portal, le projet de Masvidal qui a suivit dès 1995, de Gordian Knot, le laboratoire de Sean Malone ou bien encore de Aghora (avec Reinert et Malone).

Quinze après son galop d’essai, Cynic donne donc enfin un successeur à celui-ci, ce Traced In Air que personne n’attendait plus, dont l’édition a été particulièrement soignée par Season Of Mist (la box est superbe et pleine à craquer comme peuvent l’être les bourses de Peter North). Et, contre toute attente, c’est une très bonne surprise, à la fois pour les sceptiques qui s’interrogeaient sur le bien-fondé de cette renaissance et pour moi car il est plus proche des groupes cités un peu plus haut – on pense beaucoup à Gordian Knot par exemple - que de Focus.

Alors certes, il y a beaucoup de ce premier album dans ces huit nouvelles compositions, toujours courtes et ramassées (deux seulement dépassent les 5 minutes, c’est dire) et irriguées par le chant (clair) spatial d’un Masvidal dont on reconnaît immédiatement l’empreinte en terme d’écriture. Mais voilà, Traced In Air ne noue que bien peu de liens avec le death metal contrairement à son aîné. Pas - ou peu car utilisés avec parcimonie - de grognements (sauf notamment sur le très beau “ Evolutionary Sleeper ”) mais une musique cosmique complexe et dense qui n’oublie pourtant jamais de se parer d’une beauté émouvante. Si les parties de guitares sont à couper le souffle (“ The Unknown Guest ”), il faut à tout prix louer le travail formidable abattu par Sean Reinert, comme en témoigne l’intro instrumentale “ Nunc Fluens ”.

D'une durée assez faible, ce qui, par les temps qui courent, est agréable, Traced In Air est un album rafraîchissant, étonnement digeste eut égard à la virtuosité foisonnante qui le guide, sans temps mort. Aura-t-il la même influence que Focus ? On peut malgré tout en douter car il est moins novateur… Ce qui n’enlève rien à son éclatante réussite. (cT)

TRACKLISTING
  1. Nunc Fluens / 02:55
  2. The Space For This / 05:46
  3. Evolutionary Sleeper / 03:34
  4. Integral Birth / 03:52
  5. The Unknown Guest / 04:12
  6. Adam's Murmur / 03:28
  7. King of Those Who Know / 06:08
  8. Nunc Stans / 04:12
TOTAL RUNNING TIME : 35:00
DAWNLOAD

USA ORIGINE
Techno Death/Metal Progressif GENRE
1987 FORMATION
MYSPACE
DISCO
'88 Demo (1988/Demo)
Reflections Of A Dying World (1989/Demo)
'90 Demo (1990/Demo)
Demo 1991 (1991/Demo)

Focus (1993)
Promo 08 (2008/Demo)
Traced In Air (2008)




VOIVOD - Infini (2009)

Nuclear Blast - 7/10



Contrairement à son prédécesseur, Katorz, gravé dans la douleur suite à la fin prématuré de Piggy, guitariste et acteur essentiel du son Voivod et dont l'appréciation fut forcément perturbée par l'émotion suscitée par la mort du musicien, son petit frère Infini peut quant à lui être analysé avec davantage de recul, quand bien même la tristesse, si elle a été depuis digérée, reste forte quatre ans après.

Album inégal souffrant de finitions bien entendu maladroites, Katorz fut de fait difficile à juger à sa juste valeur. Heureusement, même si son élaboration est identique (les membres restant poursuivent, et terminent du reste, l'utilisation des ébauches, des soli enregistrés par leur pote avant sa disparition), ce nouvel et à priori dernier opus se révèle bien supérieur à son récent aîné. Les chansons sont plus fortes et la production plus achevée. Il n'est tout simplement pas parasité par ce sentiment d'inachevé (pardon pour la répétition mais c'est tout à fait ça) dont a pu pâtir le premier disque des Canadiens sans leur guitariste emblématique.

Infini a cette fois plus l'air d'un travail de groupe. Pourtant, Voivod n'est plus vraiment ou du moins son avenir se veut des plus incertains. Ainsi, Jason Newstead qui confère son âme en même temps que son talent à cet ultime souffle ne prend pas part aux tournées à venir qui voit Snake et Away jouer avec le revenant Blacky à la basse et leur guitariste et ami (une valeur fondamentale pour eux) Daniel Mongrain.

De fait, Infini a tout de l'oeuvre qui "devait être réalisée" pour en terminer avec le passé et l'histoire. On sent bien que les gars y ont donné, une fois de plus, tout ce qu'ils ont de le coeur pour rendre hommage à leur frère d'arme. Mention spéciale à Snake dont on peut goûter avec délectation le chant épais et déraillé si particulier. Il n'est d'ailleurs parfois pas si éloigné que cela d'un Lemmy (Motorhead), comme en témoigne la redoutable entame "God Phones". Ces treize titres qui demeuraient dans les cartons naviguent dans les eaux sombres et désenchantées ("Destroy After Reading") de Angel Rat (1991) et de l'album éponyme (2003). On y croise donc ce metal moderne qui ne ressemble à aucun autre, qui doit beaucoup il est vrai au jeu étrange du défunt Dennis D'Amour ("Treasure Chase").

Sans véritablement se parer d'un voile cosmique, dont pourtant Away a toujours été particulièrement friand, la musique du groupe a toujours possédé cette dimension mystérieuse qui semble provenir d'un ailleurs intouchable. Infini aligne avec nettement plus de réussite que Katorz des morceaux tour à tour super heavy aux noms savoureux ("God Phones", "From The Cave", "Earthache"...), presque rock'n'roll (l'entraînant "Deathproof", "Volcano") ou plus atmosphériques et d'une beauté déchirante (le néanmoins puissant "Global Warning", "A Room With A.V.U."...) voire carrément inquiétants ("In Orbit", "Pyramidome", le malsain "Morpheus", sur lequel la voix de Snake fait des merveille).

Une belle conclusion pourvue d'un charme réel pour un groupe unique dont le retour en 2003 a été brisé par le destin. Même si beaucoup espèrent que Voivod n'en restera pas là (on parle de plusieurs DVD dans les tuyaux ainsi que d'une rondelle en solo de Piggy, encore à donner vie), il serait pourtant peut-être plus judicieux d'en rester là. Voivod s'est éteint en 2005, on ne peut le nier... (CT)

TRACKLISTING
  1. God Phones / 05:07
  2. From The Cave / 02:57
  3. Earthache / 03:21
  4. Global Warning / 04:40
  5. A Room With A V.U. / 04:50
  6. Destroy After Reading / 04:27
  7. Treasure Chase / 03:37
  8. Krap Radio / 03:45
  9. In Orbit / 04:12
  10. Deathproof / 03:35
  11. Pyramidome / 04:27
  12. Morpheus / 05:31
  13. Volcano / 07:38
TOTAL RUNNING TIME : 57:57
DAWNLOAD

Canada ORIGINE
Thrash Metal/Progressif GENRE
1981 FORMATION
MYSPACE
DISCO
Anachronism (1983/Demo)
To The Death (1984/Demo)

War And Pain (1984)
Morgoth Invasion (1984/Demo)
Thrashing Rage (1986/EP)

Rrröööaaarrr (1986)
No Speed Limit Weekend (1986/Demo)
Coakroaches (1987/EP)
Dimension Hatröss Demos (1987/Demo)
Live à Bruxelles (1987/Demo)

Killing Technology (1987)
Spectrum (1987/Demo)
Nothingface Demos (1988/Demo)

Dimension Hatröss (1988)
A Fawless Structure ? (1988/Demo)
Nothingface (1989)
Angel Rat (1991)
The Outer Limits (1993)
Negatron (1995)
Phobos (1997)
Kronik (1998/Compilation)
Voivod Lives (2000/Live)
Voivod (2003)
Katorz (2006)
D-V-O-D-1 (2006/DVD)
Infini (2009)



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