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ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - Secret Voyage (2008)


Spv
9/10










Il y a deux façons d’aborder un nouvel opus de Ritchie Blackmore sous la bannière qu’il forme depuis 1997 avec sa compagne, la radieuse Candice Night : la mauvaise et la bonne. La première se réduit bien souvent en un compte d’apothicaire qui cherche à énumérer le nombre de chansons durant lesquelles le maître ressort sa Stratocaster (il y en 5 cette fois-ci, mais nous y reviendrons). La seconde tient de la démonstration : Blackmore’s Night est bel et bien ce qu’il a fait de mieux depuis le sabordage de Rainbow en 1984.

Contrairement à ses anciens compagnons du Pourpre Profond qui sont déjà en pré-retraite (seulement quatre disques depuis 1996 !), l’homme en noir publie aujourd’hui tout de même sa septième offrande avec son projet médiéval et renaissance, si l’on tient compte de la parenthèse Winter Carols. Le ménestrel est donc plus prolifique que jamais. Et plus inspiré surtout.

Si on sentait bien que Ghost Of A Rose (2003) avait fixé durablement le style du groupe, entre rock et folklore des temps anciens, Secret Voyage n’en est pas pour autant une resucée. Proche de The Village Lanterne de part son côté électrique de plus en plus affirmé, cette collection de douze chansons possède cette science de l’équilibre parfait entre titres rock lesquels, sont bien entendu transpercés par les interventions magiques de Ritchie, plages folkloriques rafraichissantes et ballades doucereuses.

Secret Voyage commence très fort (trop peut-être) avec l’intro “ God Save The Keg ”, qui voit pour la première fois Blackmore débuté un de ses disques par un instrumental, invitation au voyage tout d’abord orchestrale et grandiloquente (kitch diront les mauvaises langues) avant de se colorer de teintes plus sombres avec chœurs grandioses et orgues liturgiques sur fond de guitares électriques et qui s’enchaîne par un admirable fondu au monumental “ Locked Within The Crystal Ball ”, plus de 8 minutes de bonheur et certainement l’apogée de l’album. Dotée d’une rythmique puissante, cette chanson, traversée de multiples ambiances, mélange avec une réussite éclatante tout ce qui fait le charme du groupe : lignes vocales superbes et cristallines de Candice, influences médiévales discrètes et surtout jeu racé et efficace de Blackmore (il faut voir comme sa guitare surgit toujours dont on ne sait où).

Après un tel déluge, les morceaux suivants ont forcément moins de saveur et beaucoup souhaiteraient certainement que Ritchie se limite à ce genre de composition électrique dans lequel il excelle. Mais Blackmore'’ Night, ce n’est pas que cela ; c’est aussi des pauses diaphanes telles que “ Gildred Cage ” ou des envolées accrocheuses à l’image de “ Toast Of Tomorrow ” et ses touches slaves.

Moins éblouissants dans un premier temps, tous les autres titres sont pourtant de vrais petits bijoux : “ Prince Waldeks Galliard ”, un instrumental comme seul Blackmore à le secret ; “ Rainbow Eyes ”, reprise, en plus rapide toutefois d’un extrait de Long Live Rock’n’Roll de Rainbow justement ; “ The Circle ”, l’autre Everest de Secret Voyage, coupé par des mélodies orientales, porté par une basse volubile et qui s’achève sur une intervention flamboyante de Ritchie ; “ Can’t Help Falling In Love ”, standard d’Elvis qui permet au maître de livrer quelques accords étourdissants avec sa fidèle Strat’ couleur blanche et le magnifique “ Peasants Promise ”, délicieusement folklorique. Plus classiques, “ Sister Gypsy ”, “ Far Far Away ” et “ Empty Words ” sont de douces mélopées rafraichissantes et sympathiques.

Encore un très grand disque donc, qui devrait ravir tous les amoureux (de plus en plus nombreux) du groupe. En dépit des apparences, Blackmore, plutôt que de rejouer ad vitam aeternam les mêmes oldies issus de In Rock ou Machine Head, continue, lui, et contrairement à Gillan and C°, à aller de l’avant, quand bien même il puise désormais son inspiration dans les siècles passés.

Un mot enfin sur les troubadours qui accompagnent le duo et qui sont loin d’être interchangeables. Au contraire ils déterminent aussi les sonorités des chansons. Ainsi, le départ des deux choristes, Lady Madeline et Lady Nancy nous rend orphelins de ses chœurs féminins qui avaient tant illuminés Ghost Of A Rose et The Village Lanterne, tandis que l’arrivée de Gypsy Rose marque le retour du violon dans les compositions. On notera aussi la participation de Pat Regan, producteur et ami de Ritchie depuis The Battle Rages On de Deep Purple, en lieu et place du fidèle Sir Robert Of Normandie.

Le chef-d’œuvre de l’année 2008. Assurément. Pourvu que Blackmore’s Night est, comme en 2006, la bonne idée de venir visiter la France et ses châteaux…

TRACKLISTING
  1. God Save The Keg 03:40
  2. Locked Within The Crystal Ball 08:04
  3. Gildred Cage 03:43
  4. Toast To Tomorrow 03:50
  5. Prince Waldecks Galliard 02:13
  6. Rainbow Eyes (Rainbow cover) 06:02
  7. The Circle 04:49
  8. Sister Gypsy 03:21
  9. Can't Help Falling In Love 02:52
  10. Peasants Promise 05:33
  11. Far Far Away 03:54
  12. Empty Words 02:41
TOTAL RUNNING TIME 51:20
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Disco

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BLACKMORE'S NIGHT


Royaume-Uni/USA Origine
Folk médiéval Genre
1997 Formation
MySpace






Disco
Shadow Of The Moon (1997)
Under A Violet Moon (1999)
Fires At Midnight (2001)
Past Times With Good Company (2002/Live)
Ghost Of A Rose (2003)
Beyond The Sunset (2004/Compilation)
The Village Lanterne (2006)
Winter Carols (2006)
Paris Moon (2007/Live-DVD)
Secret Voyage (2008)

ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - Paris Moon (2007)


SPV
9/10











Commençons par les choses qui fâchent, qui n’enlève pour autant rien (ou si peu) à la qualité incontestable de ce second DVD, après le gargantuesque Castles & Dreams, d’un groupe désormais accepté comme tel et non plus seulement perçu comme une fantaisie passagère née dans les brumes du cerveau du sombre Blackmore.

Tous ceux qui assistèrent, émus et heureux, au premier concert des ménestrels dans le royaume de France (et à l’Olympia, qui plus est !) attendaient avec impatience cette sortie que la présence de nombreuses caméras le soir du show laissaient naturellement espérer. La troupe nous ayant offert une prestation fleuve de près de 2h30, il était logique d’en retrouver la totalité sur le DVD. Las, plusieurs titres sont malheureusement passés à la trape, et pas des moindres : citons surtout les deux reprises de Deep Purple, “ Child In Time ” (couplée à “ Mond Tanz ”) , pourtant éblouissante et celle, plus surprenante, du classique parmi les classiques, “ Smoke On The Water ”, que Ritchie interpréta davantage pour faire plaisir au public que par une réelle envie. Second reproche, pourquoi avoir joint au support numérique, un disque tronqué ne comprenant que quelques extraits de ce dernier et non pas son pendant fidèle ?

Voilà pour les bémols de Paris Moon qui si non nous permet avec plaisir de nous replonger durant deux heures dans cette soirée que tous les fans du couple chérissent désormais comme un trésor. Equilibrée, la set-list traverse les cinq offrandes (déjà !) publiées alors par le groupe, de Shadow Of The Moon à The Village Lanterne.

Si, toujours bien épaulé par des musiciens talentueux et sympathiques sur lesquels les journalistes ne s’attardent pas suffisement et qui pourtant méritent toutes les éloges, des deux choristes (aujourd’hui parties voler de leurs propres ailes), Lady Madeline et Lady Nancy au remarquable et fidèle Squire Malcolm Of Lumley derrière les fûts, du brillant claviériste Bard David Of Larchmont au dynamique Sir Robert Of Normandie, lequel se fend d’un solo de basse puissant et jouissif durant l’instrumental “ Durch Dem Wald Zum Bach Haus ”, le duo brille de mille feux durant l’intégralité du concert, celui-ci a livré avec largesse nombre de moments de pure magie : le rythmé “ Past Times With Good Company ”, le ténébreux “ World Of Stone ”, le joyeux “ Home Again ”, qui témoigne pour ceux qui l’ignoraient, de l’incontestable humour que possède le maître, le très médiéval “ The Clock Ticks On ”, que le guitariste introduit par des notes orientalisantes échappées d’une espèce de vièle, sans oublier le gigantesque “ Fires Of Midnight ”.

Candice, aussi charmante que charismatique, chante magnifiquement bien, tandis que Blackmore se montre aussi à l’aise en acoustique qu’en électrique lors des rares fois où il fait prendre l’air à sa divine stratocaster, à l’image de “ St Teresa ”, que précède les premières mesures de “ Difficult To Cure ” ou de la flamboyante relecture du “ Ariel ” de Rainbow, long de près de 10 minutes. Purple n’est pas oublié non plus, représenté par l’intimiste “ Soldier Of Fortune ”.

Cette inoubliable soirée gravée à tout jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs, est donc aujourd’hui immortalisée en DVD, et tant pis si une poignée de chansons brillent par leur absence. Mon dieu, quel groupe fabuleux ! (cT)

TRACKLISTING (CD)
  1. Past Times With Good Company / Rainbow Blues 07:20
  2. Play Minstrel Play 04:56
  3. World Of Stone 05:42
  4. Under A Violet Moon 04:37
  5. Minstrel Hall 04:51
  6. Home Again 10:32
  7. Ariel 09:17
  8. The Clock Ticks On 07:45
  9. Fires At Midnight 12:36
  10. The Village Lanterne (studio version) 05:12
  11. All Because Of You (Radio edit) 03:33
TOTAL RUNNING TIME 76:21

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Shadow Of The Moon (1997)
Under A Violet Moon (1999)
Fires At Midnight (2001)
Past Times With Good Company (2002/Live)
Ghost Of A Rose (2003)
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The Village Lanterne (2006)
Winter Carolls (2006)
Paris Moon (2007/Live-DVD)
Secret Voyage (2008)



ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - Winter Carols (2006)


AFM
7/10










Année qui demeurera importante dans la longue carrière de Ritchie Blackmore, 2006 l’aura en effet vu publier une de ses meilleures offrandes (The Village Lanterne) et se produire à l’Olympia, salle légendaire s’il en est, pour un concert d’ores et déjà historique (le premier du groupe en France, pays que le guitariste n’avait qui plus est pas visité depuis 1995 tout de même).

Comme si cela ne suffisait pas, voilà déjà Blackmore’s Night de retour avec ce Winter Carols. Mais attention, celui-ci n’est pas à proprement parler un nouvel album du tandem, plutôt un cadeau de Noël. En effet, aucun titre original à l’horizon (hormis une relecture du “ Wish You Were Here ”, qui figurait au menu de Shadow Of The Moon) mais une collection de chansons de Noël à la sauce médiévale.

Les fans de Deep Purple et de Rainbow se pinceront certainement le nez à l’écoute de ce disque qui leur offrira encore une bonne raison d’ignorer ce que créé aujourd’hui celui qu’ils considéraient jadis comme un prodige de la six cordes, tout juste bon, d’après eux, désormais à animer une fête de la bière en Allemagne. Ne doutons pas en revanche que les fans de Blackmore’s Night – et il y en a ! – seront séduits par Winter Carols qui permet au duo de briller dans un registre qu’il maîtrise maintenant parfaitement.

Il se compose de douze morceaux, dont quatre sont déjà connus des amateurs : “ Wish You Were Here ” donc, ainsi que les trois ritournelles jointes sous forme de cd bonus baptisé Christmas Eve à la compilation Beyond The Sunset (“ We Three Kings ”, “ Emmanuel ” et “ Christmas Eve ”) il y a deux ans de cela. Le reste se révèle tout aussi charmant et sans être essentiel se glisse sans problème dans le répertoire d’un Blackmore’s Night qui a bien entendu mis de côté, malheureusement, les teintes électriques qui ont tant illuminé The Village Lanterne.

A l’arrivée, Winter Carols est une œuvre acoustique, positive et chaleureuse qui termine en beauté une année donc bien remplie pour ses géniteurs. (cT)

TRACKLISTING
  1. Hark The Herald Angels Sing/Come All Faithfull 03:48
  2. I Saw Three Ships 02:39
  3. Winter (Basse Dance) 03:08
  4. Ding Dong Merrily On High 03:15
  5. Ma-O-Tzur 02:20
  6. Good King Wenceslas 04:45
  7. Lord Of The Dance/Simple Gifts 03:33
  8. We Three Kings 04:48
  9. Wish You Were Here 05:04
  10. Emmanuel 03:30
  11. Christmas Eve 04:20
  12. We Wish You A Merry Christmas 01:25
TOTAL RUNNING TIME 42:37

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Shadow Of The Moon (1997)
Under A Violet Moon (1999)
Fires At Midnight (2001)
Past Times With Good Company (2002/Live)
Ghost Of A Rose (2003)
Beyond The Sunset (2004/Compilation)
The Village Lanterne (2006)
Winter Carolls (2006)
Paris Moon (2007/Live-DVD)
Secret Voyage (2008)



ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - The Village Lanterne (2006)

SPV - 9/10



Cinquième album du projet folklorique médiéval emmené depuis 1997 par le ténébreux guitar hero Ritchie Blackmore et sa douce, Candice Night, The Village Lanterne s'inscrit dans la continuité du précédent opus, le déjà merveilleux Ghost Of A Rose. On a vraiment l'impression à l'écoute de ces deux galettes que le couple a trouvé la bonne formule entre le rock et le folk et qu'il s'agit dorénavant du fruit d'un véritable groupe, quand bien même les musiciens (tous fantastiques et talentueux, mais avec Blackmore, comment pourrait-il en être autrement ?) qui l'accompagnent restent forcément en retrait par rapport au fameux duo.

Surtout, la musique se fait, et pour notre plus grand plaisir, de plus en plus électrique, Ritchie n'hésitant pas à décocher des solis ravageurs sur plusieurs compos : "I Gess It Doesn't Matter Anyone", "St. Theresa", "Mond Tanz / Child In Time" (oui, vous ne rêvez pas), "Just Call My Name" et "Street Of Dreams" (alors là, l'orgasme nous guette). Le guitariste prouve ainsi à ses détracteurs - et Dieu sait qu'ils se sont multipliés depuis qu'il a abandonné le hard rock - que ses talents de composition et de jeu demeurent intacts. Il faut vraiment être sourd pour ne pas s'en rendre compte !

Sinon, pour la première fois depuis la seconde offrande, Under The Violet Moon, sur lequel figurait une relecture de "Self Portrait", Ritchie offre deux reprises de son ancien répertoire : "Child In Time" pour Deep Purple - excellente, avec une performance vocale mémorable des deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline - et "Street Of Dreams" pour Rainbow. L'adjonction de ces deux classiques contribue à faire de The Village Lanterne une sorte de synthèse, de résumé de la carrière de l'homme en noir.

Blackmore's Night livre donc à nouveau un album romantique, splendide et de bon goût, qui ravira les fans et, espérons-le, incitera les réfractaires au groupe, à le découvrir. A noter que, cerise sur le gâteau, l'édition limitée du disque renferme une seconde version de "Street Of Dreams", sur laquelle Joe Lynn Turner, l'ancien chanteur de l'Arc-en-ciel, partage le chant avec Candice. (cT)

TRACKLISTING
  1. 25 Years 04:57
  2. Village Lanterne 05:14
  3. I Guess It Doesn't Matter Anymore 04:50
  4. The Messenger 02:55
  5. World Of Stone 04:26
  6. Faerie Queen - Faerie Dance 04:57
  7. St. Teresa 05:26
  8. Village Dance 01:59
  9. Mond Tanz / Child In Time (Deep Purple cover) 06:12
  10. Streets Of London 03:48
  11. Just Call My Name (I'll Be There) 04:49
  12. Olde Mill Inn 03:21
  13. Windmills 03:27
  14. Street Of Dreams (Rainbow cover) 04:31
TOTAL RUNNING TIME 60:52

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Shadow Of The Moon (1997)
Under A Violet Moon (1999)
Fires At Midnight (2001)
Past Times With Good Company (2002/Live)
Ghost Of A Rose (2003)
Beyond The Sunset (2004/Compilation)
The Village Lanterne (2006)
Winter Carolls (2006)
Paris Moon (2007/Live-DVD)
Secret Voyage (2008)



ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - Ghost Of A Rose (2003)

SPV - 9/10



Un an à peine après avoir livré le double live Past Times With Good Company, Ritchie Blackmore est de nouveau de retour avec le groupe qui porte son nom ainsi que celui de sa compagne. Cette cadence retrouvée – on ne l’avait pas connu aussi prolifique depuis les dernières heures de Rainbow lors de la première moitié des années 80 – est un signe qui ne trompe pas : cela faisait très longtemps que l’Homme en noir n’avait pas été aussi heureux, épanoui et inspiré également, corollaire de cette positivité ressuscitée.

Quatrième album du duo, Ghost Of A Rose est une confirmation, celle que Fires At Midnight, son prédécesseur, qui témoignait d’un certain retour de Ritchie vers une musique plus électrique, plus dynamique, n’était pas le fruit d’une évolution sans lendemain. Tout en demeurant fidèle à une identité dont les bases ont été établies dès le séminal Shadow Of The Moon (1997), Blackmore’s Night tend de plus en plus à marier son folk médiéval et renaissance à des influences tout simplement plus rock. Et ce qui sur les deux premiers opus tenait de l’exception (“ No Second Chance ”, “ Gone With The Wind ”…) se mut désormais en une norme bienvenue. Les teintes folkloriques colorent comme de bien entendu toujours la plupart des compostions mais le couple semble avoir trouver un équilibre parfait entre rock électrique et déambulations acoustiques.

Pas si éloigné que cela du Rainbow période Joe Lynn Turner, le magnifique “ Way To Mandalay ”, qui ouvre l’album, confirme ainsi clairement une évolution dont on ne se plaindra pas. Agrémenté de deux reprises bien senties, le “ Diamond And Rust ” de Joan Baez et le moins connu “ Rainbow Blues ” de Jethro Tull (on se souvient encore de la flûte enchanteresse de Ian Anderson sur le “ Play Minstrel Play ” du premier opus), le menu oscille entre échappées folkloriques virevoltantes (l’excellent “ Cartouche ”, le diptyque “ Queen For A Day ”, le rafraîchissant “ Loreley ”), pauses instrumentales si chères au maître (“ Nur Ein Minute ”, “ Mr. Peagram’s Morris And Sword ”), et ballades émotionnelles, théâtres où brille la voix cristalline de Candice (le néanmoins sombre “Ivory Tower ”, l’hivernal “ Where Are We Going From Here ”, “ Dandelion Wine ”), tandis que les deux morceaux de bravoure du disque sont les flamboyants “ Ghost Of A Rose ” et ses chœurs féminins ” et surtout “ All For One ”, assurément un des chefs-d’œuvre jamais écrit par Blackmore qui pause en son final un solo brillant comme il en a le secret et sur lequel plane le fantôme de “ Eyes Of Fire ”. Gigantesque… Et quel pied lorsque le taciturne guitariste ressort sa Stratocaster blanche le temps de quelques minutes jouissives qui démontrent qu’il demeure toujours un musicien d’exception et renvoie à leurs chères études 99.9% des astiqueurs de manche de la planète !

Soutenus par le groupe le plus solide qui ne les a jamais accompagné (mention particulière aux deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline, quand bien même sir Robert Of Normandie, Malcolm Of Lumley et bard David Of Larchmont abattent chacun un travail discret mais essentiel), Ritchie et Candice montrent tout du long de ce nouveau joyau quelle alchimie il existe entre eux deux. A l’écoute de Ghost Of A Rose, on mesure combien le ménestrel a eu cent fois raison de quitter un Deep Purple à bout de souffle. (cT)

TRACKLISTING
  1. Way To Mandalay 06:24
  2. 3 Black Crows 03:37
  3. Diamonds And Rust (Joan Baez cover) 04:50
  4. Cartouche 03:42
  5. Queen For A Day (part I) 03:05
  6. Queen For A Day (part II) 01:30
  7. Ivory Tower 04:21
  8. Nur Eine Minute 01:03
  9. Ghost Of A Rose 05:41
  10. Mr. Peagram's Morris And Sword 01:56
  11. Loreley 03:30
  12. Where Are We Going From Here 03:59
  13. Rainbow Blues (Jethro Tull cover) 04:25
  14. All For One 05:30
  15. Dandelion Wine 05:39
TOTAL RUNNING TIME 60:24

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Royaume-Uni/USA Origine
Folk médiéval Genre
1997 Formation
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Disco
Shadow Of The Moon (1997)
Under A Violet Moon (1999)
Fires At Midnight (2001)
Past Times With Good Company (2002/Live)
Ghost Of A Rose (2003)
Beyond The Sunset (2004/Compilation)
The Village Lanterne (2006)
Winter Carolls (2006)
Paris Moon (2007/Live-DVD)
Secret Voyage (2008)



ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - Past Times With Good Company (2002)

SPV - 9/10



Ritchie Blackmore et les lives, c’est une longue histoire d’amour débutée en 1972. A cela rien de surprenant quand on sait que c’est bien sur scène, quand bien même il excelle aussi sur disque, que le talent du guitariste prend toute son envergure, toute sa dimension. Made In Japan (1972), Made In Europe (1976) et le Live In London (1982) pour Deep Purple, On Stage (1977) pour Rainbow sans oublier tous les trésors exhumés ses dernières années tels que le Mark III – The Final Concerts (1996) pour le premier, Live In Munich 1977 (2006) pour le second, sa carrière est balisée par des enregistrements de ce type tout bonnement mythiques.

A cette litanie immortelle, on peut désormais rajouter ce premier double live de Blackmore’s Night, projet que l’on ne présente plus maintenant. Capturé en Allemagne, sans doute avec le Japon où l’Homme en noir est un dieu vivant, le premier pays à avoir succombé à la musique écrite par le précieux duo, durant le Fires At Midnight Tour, Past Times With Good Company pioche comme il se doit dans les trois albums que le groupe a alors dans sa besace : Shadow Of The Moon (« Shadow Of The Moon », absolument gigantesque, « Play Minstrel Play » et son bouquet final, l’instrumental « Minstrel Hall », « Renaissance Faire » et le très rock « Writing On The Wall »), Under A Violet Moon (« Past Time With Good Company », « Under A Violet Moon », le très beau « Beyond The Sunset », « Morning Star », introduit par un violon aux accents presque tziganes et le médiéval « Durch Den Wald Zum Bachhaus ») et bien sûr le petit dernier (« Fires At Midnight », long de plus de douze minutes, « Home Again » et « I Still Remember »).

Le couple n’oublie pas cependant de revisiter deux classiques de l’ancien répertoire du ténébreux musicien avec le squelettique « Soldier Of Fortune » pour le Pourpre Profond et ""Sixteenth Century Greensleeves" pour l’Arc-en-ciel. Mais avec intelligence et intégrité, Ritchie ne se repose jamais sur sa gloire d’antan et ces emprunts à son passé demeurent toujours parcimonieux là où de nombreux artistes auraient fait le choix prudent de ne proposer que des reliques propices à séduire les vieux fans. Pas de ça chez le Britannique qui préfère faire honneur à ses nouvelles compositions, qui d’ailleurs, le méritent amplement, celles-ci n’ayant rien à envier à leurs devancières accouchées par ses deux anciens ports d’attache.

D’autant plus que, fidèle à son habitude, Blackmore, sur scène, ne se contente jamais de proposer des calques des versions studio. Ainsi, ces chansons ont bien souvent des allures de piste de décollage, portes ouvertes à toutes les transformations possibles, même si les années 70 et leurs dérives démentielles, qui voyaient les titres s’étirer d’une manière hallucinante, sont loin désormais.

Ces morceaux n’en sont donc pas moins transcendés par une bande de ménestrels au talent énorme. Il suffit d’écouter le jeu du guitariste durant le monumental « Fires At Midnight » ou bien la seconde partie de « Past Time With Good Company » qui a quelque chose d’une fête médiévale colorée, pour s’en rendre compte.

Et si Candice Night livre tout du long une performance dont il faut louer l’excellence, que dire d’un Ritchie qui brille lui aussi de mille feux, aussi à l’aise en électrique qu’en acoustique, format qui lui ne pardonne aucune approximation. Contrairement à ce beaucoup pense, il n’a donc rien perdu de sa maîtrise. Mieux, rarement, son jeu aura été aussi précis, fin et surtout chargé d’émotion.

Elégant et racé, Past Times With Good Company se révèle être donc un live incontournable, à conseiller aussi bien aux amateurs de Blackmore’s Night (cela va de soi) mais aussi à tous ceux (les plus nombreux, malheureusement) qui ont zappé ce pan dans la carrière du guitariste depuis la sabordage de Rainbow. Ces derniers se rendront compte alors qu’ils ont eu tort même si Ritchie n’officie clairement plus (quoique) dans le registre que les fans de Deep Purple auraient voulu le voir embrasser à tout jamais. L’homme n’en a toujours fait qu’à sa tête… et c’est tant mieux ! (cT)

TRACKLISTING
Disc 1
  1. Shadow Of The Moon 10:56
  2. Play Minstrel Play 04:34
  3. Minstrel Hall 05:43
  4. Past Time With Good Company 07:05
  5. Fires At Midnight 12:28
  6. Under A Violet Moon 05:02
  7. Soldier Of Fortune (Deep Purple cover) 04:21
TOTAL RUNNING TIME 50:09

Disc 2
  1. 16th Century Greensleeves (Rainbow cover) 04:44
  2. Beyond The Sunset 05:28
  3. Morning Star 06:10
  4. Home Again 06:32
  5. Renaissance Faire 05:08
  6. I Still Remember 07:03
  7. Durch Den Wald Zum Bachhaus 03:12
  8. Writing On The Wall 05:59
TOTAL RUNNING TIME 44:16

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Royaume-Uni/USA Origine
Folk médiéval Genre
1997 Formation
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Disco
Shadow Of The Moon (1997)
Under A Violet Moon (1999)
Fires At Midnight (2001)
Past Times With Good Company (2002/Live)
Ghost Of A Rose (2003)
Beyond The Sunset (2004/Compilation)
The Village Lanterne (2006)
Winter Carolls (2006)
Paris Moon (2007/Live-DVD)
Secret Voyage (2008)




ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - Fires At Midnight (2001)

Spv - 8.5/10



Fires At Midnight est un album important dans la carrière de Blackmore’s Night car, on s’en rend compte maintenant, il en forme le pivot, le tournant stylistique. En effet, après deux disques – Shadow Of The Moon et Under A Violet Moon – passés à dessiner une musique à mi-chemin entre le folk progressif et le rock oscillant entre électrique (un peu) et acoustique (beaucoup), ce troisième essai montre un Ritchie Blackmore qui semble (enfin) vouloir, certes encore timidement, renouer néanmoins avec son passé.

Résultat, jamais depuis la renaissance (éphémère) de Rainbow avec le mésestimé Stranger In Us All en 1995, la guitare du maître n’avait autant rugi, et ce, dès le premier titre, l’accrocheur « Written In The Stars », durant lequel sa Stratocaster vient égrener ses notes si reconnaissables. Bien sûr, Fires At Midnight est toujours émaillé de nombreuses déambulations médiévales et acoustiques, telles que « Home Again », « Crowning Of The King », d’instrumentaux qui offrent à Blackmore tout le loisir de démontrer sa maîtrise des arpèges dépouillés (« Fayre Thee Well », « Praetorius ») et ballades diaphanes (« Hanging Tree»), mais à leurs côtés, il y a une poignée de compositions très rock, équilibre parfait entre emprunts Renaissance et musique électrique (bien plus nombreuses que sur ses deux aînés). Celles-ci sont d’ailleurs les plus belles du lot.

Comment de ce fait, ne pas être ensorceler par l’arabisant « I Still Remember », le sombre et monumental « Fires At Midnight », percé du plus grand (et plus long !) solo, largement digne des grandes heures de Deep Purple et de Rainbow, que l’Homme en noir a décoché depuis longtemps et le virevoltant « Village On The Sand ». Ajoutons à cette liste le puissant, bien qu’acoustique, « Storm » qui débute calmement avant de décoller au rythme d’un tempo des plus enlevés.

Important disais-je au début de cette chronique, cet album l’est aussi pour deux autres raisons : il marque la naissance de la collaboration durable entre le duo et le label SPV, laquelle coïncide avec l’ascension commerciale du projet et un embryon de groupe commence à se former autour du couple pour la tournée qui va suivre avec des musiciens qui l’accompagneront pendant longtemps, tels que le bassiste Robert Of Normandie, le batteur Sir Malcolm Of Lumley et les deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline.

Il va sans dire enfin que Ritchie et Candice livrent chacun à nouveau une interprétation en tout point remarquable. Fires At Midnight se révèle être donc un très grand cru, (alors) le plus rock de leur discographie également, et qui pourrait peut-être même réconcilier, du moins on le souhaite, les fans des anciens navires du guitariste avec ce qu’il écrit désormais. Il le mérite. (cT)

TRACKLISTING
  1. Written In The Stars 04:49
  2. The Times They Are A Changin' (Bob Dylan cover) 03:33
  3. I Still Remember 05:43
  4. Home Again 05:27
  5. Crowning Of The King 04:32
  6. Fayre Thee Well 02:08
  7. Fires At Midnight 07:36
  8. Hanging Tree 03:47
  9. Storm 06:12
  10. Mid Winter's Night 04:30
  11. All Because Of You 03:37
  12. Waiting Just For You 03:17
  13. Praetorius (Courante) 01:57
  14. Benzai-Ten 03:52
  15. Village On The Sand 05:04
  16. Again Someday 01:39
TOTAL RUNNING TIME 67:43

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Royaume-Uni/USA Origine
Folk médiéval Genre
1997 Formation
MySpace
Disco
Shadow Of The Moon (1997)
Under A Violet Moon (1999)
Fires At Midnight (2001)
Past Times With Good Company (2002/Live)
Ghost Of A Rose (2003)
Beyond The Sunset (2004/Compilation)
The Village Lanterne (2006)
Winter Carolls (2006)
Paris Moon (2007/Live-DVD)
Secret Voyage (2008)



ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - Under A Violet Moon (1999)

Edel - 8/10



Contre toute attente et alors que ses fans de la première heure espèrent que Shadow Of The Moon resterait sans lendemain, Ritchie Blackmore revient deux ans plus tard avec une seconde offrande sous la bannière de son projet acoutisco-médiéval qu’il a monté avec sa compagne Candice Night. La chance de pouvoir écouter un jour un nouvel essai de Rainbow lequel, était pourtant encore envisagé en 1997 avec un line-up qui aurait totalement été remanié (la rumeur d’un retour de Ronnie James Dio circulera même à cette époque), semble de fait de plus en plus improbable.

Apaisé et heureux comme il ne l’a pas été depuis très (très) longtemps, le ténébreux guitariste a donc décidé de se concentrer désormais uniquement sur Blackmore’s Night, au sein duquel il apparaît effectivement très l’aise.

Sans surprise, Under A Violet Moon poursuit le chemin entamé par son aîné avec sa collection de ritournelles folkloriques essentiellement acoustiques même si l’Homme en noir sait encore dégainer sa Stratocaster durant de rares instants, à l’image du superbe « Gone With The Wind », rehaussé de chœurs grandioses, un des meilleurs titres du lots, le plus rock également.

Alors certes, c’est toujours une jouissance de pouvoir entendre le maître jouer en électrique, mais il faut pourtant se faire une raison : celui-ci en a visiblement ras le slip du hard rock, courant dont il fût portant un des géniteurs et, à cinquante ans (bien) passés, il aspire à composer une musique qui dorénavant lui correspond davantage. Que l’on aime ou non cette nouvelle orientation, reconnaissons au guitariste sa sincérité. Son intégrité aussi car combien il lui eut été facile de continuer sur la lancée de Stranger In Us All, le dernier Rainbow en date. Reconnaissons aussi l’incontestable réussite dans cette voie originale du couple, secondé ici le temps de quatre morceaux par Jens Johansson (Yngwie Malmsteen, Stratovarius…) aux claviers.

S’il ne parvient pas à égaler son prédécesseur, Under A Violet Moon n’en est pas moins riche de très bonnes compositions, illuminées par la voix aérienne, cristalline de Candice, aussi radieuse que le jeu de son compagnon est noir. Citons notamment l’entraînant titre éponyme (un classique aujourd’hui), le médiéval « Past Time With Good Company », l’orientalisant « Morning Star » et son violon emprunt d’une gravité certaine, les instrumentaux « Possum Goes To Prague » et « Beyond The Sunset », qui démontrent si besoin en était encore tout le feeling dont Ritchie est capable, ou bien encore l’hispanisant « Spanish Nights », introduit par des arpèges d’une beauté noire et l’étonnante reprise de Rainbow « Self Portrait », extrait du premier opus de 1975.

Par rapport à Shadow Of The Moon, cette cuvée se teinte de couleurs plus moyenâgeuses encore (« March The Heroes Home », le diaphane « Catherine Howard’s Fate », « Durch Den Wald Zum Bach Haus ») tout en étant moins électrique.

Blackmore’s Night confirme donc avec cet album, l’un des préférés du duo, qu’il est un projet sérieux et en rien éphémère. Et à titre personnel, je m’en réjouis, estimant que le guitariste n’a sans doute pas été aussi inspiré depuis le début des années 80. Nombreux sont pourtant ceux qui ne partagent pas mon avis, même si c’est moins le cas dorénavant… (cT)

TRACKLISTING
  1. Under A Violet Moon 04:23
  2. Castles And Dreams 03:33
  3. Past Time With Good Company 03:25
  4. Morning Star 04:41
  5. Avalon 03:02
  6. Possun Goes To Prague 01:13
  7. Winds In The Willows 04:13
  8. Gone With The Wind 05:24
  9. Beyond The Sunset 03:44
  10. March The Heroes Home 04:40
  11. Spanish Nights (I Remember It Well) 05:23
  12. Catherine Howard's Fate 02:34
  13. Fool's Gold 03:32
  14. Durch Den Wald Zum Bach Haus 02:31
  15. Now And Then 03:12
  16. Self Portrait (Rainbow cover) 03:18
TOTAL RUNNING TIME 58:48

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Royaume-Uni/USA Origine
Folk médiéval Genre
1997 Formation
MySpace
Disco
Shadow Of The Moon (1997)
Under A Violet Moon (1999)
Fires At Midnight (2001)
Past Times With Good Company (2002/Live)
Ghost Of A Rose (2003)
Beyond The Sunset (2004/Compilation)
The Village Lanterne (2006)
Winter Carolls (2006)
Paris Moon (2007/Live-DVD)
Secret Voyage (2008)



ARCHIVES : BLACKMORE'S NIGHT - Shadow Of The Moon (1997)

Edel - 9/10



Nombreux (la majorité ?) sont ceux à dater en 1997 la fin de Ritchie Blackmore, jadis prodige parmi les prodiges au service de la déesse Stratocaster, celui qui inventa le hard rock grâce à ses soli acérés, aujourd’hui considéré comme un vulgaire ménestrel pour fête de la bière en Allemagne. Nombreux sont pourtant ceux aussi qui pensent que Blackmore’s Night a offert au virtuose un second souffle après la reformation en demi teinte de Deep Purple. Nombreux surtout sont ceux qui ont eu alors une révélation : la découverte d’une magnifique chanteuse, Candice Night, que les plus attentifs n’auront sans doute pas manqué de remarquer la timide participation au Stranger In Us All (1995), unique album du Rainbow reformé.

Pour résumer, ce nouveau projet de Ritchie Blackmore, on le chérit ou on le méprise. C’est pourtant bien mal connaître le ténébreux anglais que de croire que celui-ci est alors devenu fou. Bien que très éloigné de son ancien répertoire, l’existence de Shadow Of The Moon n’a en réalité rien d’une absurdité au sein de sa carrière. Les couleurs médiévales figuraient déjà, par exemple, au menu de The Book Of Taliesyn de Purple en 1968. De même, certaines de ces nouvelles chansons, réarrangées, auraient bien pu se glisser sur les opus de l’Arc-En-Ciel période Dio (“ The Temple Of The King ” n’est parfois pas très loin). La filiation est évidente pour qui n’est pas aveuglé par sa mauvaise foi.

Quand ce premier essai est sorti, beaucoup pensent (et espèrent !) que Blackmore’s Night se limitera à un projet parallèle et éphémère entre deux offrandes de Rainbow. C’est d’ailleurs de cette façon que Ritchie l’a présenté durant les interviews qu’il avait données durant la promotion de Stranger In Us All. Celui-ci n’ayant suscitée qu’une indifférence polie, malgré une tournée réussie, l’homme en noir décidera finalement de se concentrer désormais uniquement sur ce nouveau groupe. Avec le recul, on ne peut que s'en féliciter tant cet album demeure ce qu’il a composé de mieux depuis Down To Earth de Rainbow (1979).

Parenthèse rafraichissante, Shadow Of The Moon voit pour la première fois le guitariste écrire pour une chanteuse, au service d’une musique essentiellement acoustique ( seuls “ Writing On The Wall ”, le sublime “ No Second Chance ” et le mélancolique “ Wish You Were Here ” sont éclairés d’interventions électriques) entre rock et folk, teintée de quelques légères touches progressives, qui doivent beaucoup à la participation de Ian Anderson (Jethro Tull) et de sa flûte endiablée sur le final enlevé de “ Play Minstrel Play ”.

Ce qu’il y a de troublant et qui démontre la maturité à laquelle Blackmore est parvenu aujourd’hui, est sa capacité à s’effacer au profit d’un tout, à se fondre dans un ensemble porté par le chant aérien et cristallin de sa compagne. Ces morceaux rayonnent des lignes vocales de la jeune femme, aussi lumineuses que la guitare du maître est sombre.

Entouré d’une bande de ménestrels, le duo, bien servi par la production de Pat Regan, fidèle de Ritchie (il était déjà responsable du mixage de The Battle Rages On de Deep Purple en 1993), alterne chansons originales (“ Be Mine Tonight ”, “ Spirit Of The Sea ”…) et reprises du répertoire classique, médiéval et renaissance (“ Magical World ”, Play Minstrel Play ”, “ Greensleeves ”…), balisés par de courtes pièces instrumentales, qui permettent d’admirer le jeu fin et précis du maître (“ Minstrel Hall, “ Memmingen ”). Riche de nombreux classiques (“ Shadow Of The Moon ”, qu’introduisent des ambiances orientales, “ The Clock Ticks On ”, “ Minstrel Hall ”, “ No Second Chance ” et “ Mond Tanz ”), cette ballade médiévale et doucereuse affichent aussi des accents plein de mélancolie (“ Ocean Gypsy ”), ce dont Blackmore ne nous avait que rarement habitué.

Vous l’aurez donc compris, Shadow Of The Moon est une vraie merveille, pendant longtemps la plus réussie du couple, et Blackmore’s Night un groupe exceptionnel et unique qui aura permis à Ritchie de se renouveler et ce faisant, de toucher peu à peu un autre public qui ne le connaissait pas forcément jusqu’à présent. Essentiel. (cT)

TRACKLISTING
  1. Shadow Of The Moon - 05:07
  2. The Clock Ticks On - 05:14
  3. Be Mine Tonight - 02:51
  4. Play Minstrel Play - 03:58
  5. Ocean Gypsy - 06:05
  6. Minstrel Hall - 02:36
  7. Magical World - 04:01
  8. Writing On The Wall - 04:35
  9. Renaissance Faire - 04:16
  10. Memmingen - 01:06
  11. No Second Chance - 05:38
  12. Mond Tanz - 03:33
  13. Spirit Of The Sea - 04:50
  14. Greensleeeves - 03:47
  15. Wish You Were Here - 05:02
TOTAL RUNNING TIME : 62:41
Disco
DAWNLOAD


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